Des arguments pour le changement
par Eliane THIBAULT
Alors que les élus de Scotstown ont annoncé leur intention de modifier le statut de la ville en celui de municipalité, les citoyens ont récemment été convoqués pour une soirée d'information. Myriam Sainson, une résidante de la ville, a quant à elle profité de cet événement pour exprimer son désaccord envers ce changement. Au point où elle fait même circuler une pétition.
Selon la dame, la majorité des résidants s'opposent au changement de statut et elle compte le prouver en recueillant quelques signatures. Son objectif est d'en obtenir 150, mais selon ses dires, elle en compterait actuellement une cinquantaine. «Ils disent qu'ils veulent devenir une municipalité pour éviter la publication des avis légaux, mais à mon avis, ce sont des économies de bout de chandelle», affirme-t-elle.
De ville à municipalité pour accommoder un résidant
Parmi la quinzaine de citoyens qui ont assisté à la rencontre, Robert Guillette s'y trouvait. Ce commerçant qui offre entre autres un service de taxi à la population a quant à lui fait valoir qu'il lui serait avantageux de faire partie d'une municipalité plutôt que d'une ville.
En plus du transport, l'homme offre ses services comme commissionnaire et livreur. Actuellement, il est dans l'obligation de fonctionner avec un taximètre qui détermine le montant à payer selon le temps et le kilométrage. Dans une municipalité, il pourrait fonctionner seulement en considérant le kilométrage, ce qui serait beaucoup plus économique pour les utilisateurs. «Si je dois emmener une personne à l'hôpital, je peux arrêter en passant à la pharmacie et ramasser les médicaments d'une autre. Je n'ai qu'à calculer le kilométrage et chacun paie son dû. Avec le taximètre, puisque c'est calculé selon le temps, je ne peux pas faire ça», explique-t-il.
Bref, son service fait bien des heureux et dessert en majorité les personnes âgées. Les commerçants du coin aussi profitent de ce service puisque M. Guillette peut également s'occuper du transport de pièces automobiles ou de marchandise diverse.
Selon Mme Sainson, les élus seraient prêts à modifier le statut de la ville pour aider un seul citoyen. «Sa cause est noble, mais ce n'est pas une raison valable», s'insurge la résidante.
Le maintien d'un service
Selon la directrice générale de la ville, Lyne Gilbert, ces allégations ne sont pas fondées. «La situation est perçue par certains résidants comme si nous voulions aider un commerçant, mais c'est plutôt pour aider le transport que nous considérons cet argument. Que ce soit M. Guillette ou un autre résidant qui offre ce service, il aurait le même appui», précise-t-elle.
Quant au principal intéressé, Robert Guillette, celui-ci affirme que si le statut de la ville reste inchangé, il sera dans l'obligation de conserver son taximètre et ce sera la population qui en paiera le prix.
En plus, l'homme devra débourser 700 $ pour l'achat du taximètre et planifier deux vérifications annuelles de l'appareil au coût de 35 $. «En étant dans une ville, je n'ai pas le choix», ajoute-t-il.
Pour sa part, Lyne Gilbert rappelle que la réalité de Scotstown est qu'il n'y a pas de transport en commun et que la population se fait vieillissante. «Le maintien d'un service de ce genre fait partie de nos préoccupations», convient-elle.