
par Eliane THIBAULT
Traditionnellement, la politique est une affaire d'homme. Même si les femmes ont gagné quelques batailles au niveau des emplois typiquement masculins, il reste qu'elles sont peu nombreuses à vouloir se lancer dans ce domaine. À la veille des élections municipales, le Centre de femmes La Passerelle de Weedon et l'organisme Femmes et politique municipale de l'Estrie partent à la rencontre de celles qui pourraient avoir envie de s'impliquer.
Le 22 septembre prochain, une Caravane se déplacera jusque dans les bureaux de la MRC à Cookshire afin de rencontrer les femmes qui voudraient s'investir dans ce domaine. Dès 18 h 30, le personnel de La Passerelle et de Femmes et politique municipale de l'Estrie répondra à toutes les questions qu'une future candidate est en droit de se poser.
Le tout se fait dans le but d'informer les femmes sur la politique municipale, de supporter celles qui sont en processus de décision, d'apporter de la visibilité à celles qui se lancent, mais aussi de favoriser les échanges avec des élues afin qu'elles puissent témoigner de leur parcours.
L'organisme Femmes et politique municipale de l'Estrie existe depuis 1993 et a été fondé par des élues afin de faire augmenter le nombre de candidatures féminines. «Elles se sentaient bien seules dans ce monde d'hommes», commente Nicole Charrette, directrice générale de l'organisme.
Depuis, l'organisme a convaincu de nombreuses femmes à se lancer dans le domaine en étant très conscient des réalités qu'elles vivaient.
«Pour les femmes, la décision de se lancer en politique est prise au sérieux. L'image publique est très importante et elles sont plus fragiles aux attaques personnelles qui peuvent survenir», explique Mme Charrette.
Parmi les autres contraintes auxquelles les femmes font face, peu de modèles politiques féminins leur sont proposés. «Les femmes ont de la misère à se voir dans le rôle de conseillère municipale ou de mairesse. Bien souvent, elles n'y ont vu que des hommes», constate Nicole Charrette.
Relève peu nombreuse
Recruter des femmes pour le domaine politique est déjà ardu, mais en recruter qui ont moins de 35 ans l'est encore plus. Selon Nicole Charrette, les conseils municipaux devront songer à modifier leur structure.
«Avant 35 ans, c'est environ l'âge où les femmes ont leurs enfants et qu'elles bâtissent leur carrière. Le monde municipal devra évoluer et favoriser la conciliation travail-famille s'il désire qu'il y ait davantage de jeunes femmes», souligne-t-elle.
On mentionne qu'en Estrie les femmes n'occupent que 14, 8 % des postes de maire alors que 25,3 % de femmes occupent un poste de conseiller.
Être élu implique beaucoup de son temps. De ce fait, Nicole Charrette mentionne que cette raison est trop souvent évoquée par certains politiciens lorsqu'ils quittent ce domaine et cela en effraie plus d'une. «La plupart prétendent quitter la politique parce qu'ils veulent accorder plus de temps à leur famille. C'est noble comme raison, mais lorsqu'une jeune femme lit des commentaires de ce genre elle se dit qu'elle ne verra plus ses enfants.»
De plus, la question financière est un autre facteur de refus. Alors que 70 % des municipalités québécoises ont une directrice générale à leur tête, ces dernières avouent ne pas vouloir faire le saut du côté des élus. «Elles disent que c'est sous-payé», précise Mme Charrette.
Dans ce cas, qu'est-ce qui peut pousser des femmes à s'investir en politique? Nicole Charrette raconte que les jeunes femmes qui ont osé l'apprécient par la suite. «J'en connais une qui a décidé de prendre une pause de quatre ans afin d'élever ses enfants. Par contre, elle m'a dit que c'est certain qu'elle y reviendrait par la suite. C'est trop fort.»
Soutien dans la région
Dans le Haut-Saint-François, La Passerelle a pour sa part convenu de soutenir les femmes qui auraient envie de faire le grand saut. «Nous sommes là pour les accueillir et les soutenir dans leur démarche. Aussi, nous avons déjà donné des cours sur la politique municipale afin qu'elles se familiarisent avec le processus», raconte la coordonnatrice, Sylvie Lupien.
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Sylvie Pagès et Nicole Charrette pour Femmes et politique municipale en Estrie collaborent avec Sylvie Lupien et Julie de La Passerelle à Weedon afin d'aider les femmes qui désirent se lancer en politique.