Toutes les précautions sont prises, assurent les responsables
par Pierre HÉBERT
Piquée au vif par les allégations publiées dans notre dernier numéro, laissant entendre que le site d'enfouissement de Bury pourrait être une source contaminant le ruisseau Bégin, la direction de la MRC du Haut-Saint-François a invité le journal à constater de visu les différentes opérations et protocoles effectués sur le site pour traiter l'eau de lixiviation avant de la retourner dans l'environnement, notamment le ruisseau Bégin.
Cette prise de position fait suite aux allégations de Lynne Martel-Bégin, productrice agricole de Bury, qui manifestait des craintes à l'effet que l'eau déversée dans le ruisseau Bégin provenant du LES (Lieu d'enfouissement sanitaire) puisse contaminer ce cours d'eau et que le danger pourrait s'accentuer avec la mise en opération prochaine du LET (Lieu d'enfouissement technique).
Mario St-Pierre, opérateur pour le traitement des eaux au site de Bury, mentionne que l'eau de lixiviation provenant de quatre sources soit de la plateforme de compostage, celle du bioréacteur ainsi que du LES et de l'ancien LES maintenant recouvert par une plantation d'arbres, est captée et passe par un traitement biologique. Ce procédé consiste à faire l'aération des eaux afin de permettre aux bactéries de manger, pour ainsi dire, les contaminants.
Un premier bassin capte l'eau pour un prétraitement et est par la suite transféré au bassin numéro deux. «On doit prendre des analyses de chacun des bassins pour savoir si les eaux traitées peuvent passer à une autre étape», précise M. St-Pierre. Ce dernier mentionne que le phosphore provient principalement de la plateforme de compostage et que le bassin numéro deux permet notamment d'abaisser ce produit. L'eau du bassin numéro deux est acheminée dans un réservoir spécifique afin de vérifier et abaisser le taux de phosphore avant de transférer l'eau dans le bassin de décantation où il y reposera pendant une période approximative de cinq jours. Dernière étape avant le rejet dans l'environnement, explique M. St-Pierre, consiste à verser du peroxyde pour tuer et contrôler les coliformes avant d'être déversé dans l'environnement. «Nous sommes tenus de faire quatre échantillons par année sur la sortie à l'environnement et de les acheminer au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Chaque analyse comprend 18 paramètres, ajoute M. St-Pierre, mais nous, on prend un échantillon toutes les semaines».
Au moment d'écrire ces lignes, l'opérateur mentionnait avoir effectué globalement depuis le début de l'année 243 tests au réservoir de sortie et de ce nombre, six se montraient au-delà des normes, mais pas de façon significative pour une moyenne d'efficacité de 97 %. «Teknika, une firme indépendante, nous aide et supervise notre gestion des eaux», ajoute M. St-Pierre. Visiblement fier du travail effectué, l'intervenant mentionne sans broncher que les critères observés sur le site sont plus sévères que la norme imposée par le ministère.
Se voulant rassurant, Dominic Provost, directeur général à la MRC du Haut-Saint-François, ajoute que les dispositions pour le traitement des eaux de lixiviation du LET (lieu d'enfouissement technique) qui devraient être en opération cet automne, sont plus sévères que celles du LES. «J'ai une résolution unanime des maires entre les mains qui demande de resserrer les normes du LES pour s'approcher le plus possible de celle du LET.
Enfin, MM. René Vachon, technicien en environnement à la MRC du Haut-Saint-François, et Dominic Provost, ne nient pas que des sources pourraient peut-être contaminer selon certaines périodes le ruisseau Bégin, mais compte tenu des normes de contrôle, les probabilités que cela provienne du site sont à peu près inexistantes.
BV
René Vachon, technicien en environnement à la MRC du Haut-Saint-François, Mario St-Pierre, opérateur traitement des eaux au site de Bury, et Dominic Provost, directeur général de la MRC, affirment que le traitement des eaux est fait dans les règles de l'art et selon les normes gouvernementales.