LET de Bury
Une résidante inquiète
par Eliane THIBAULT
La ferme laitière que possèdent Lynne Martel-Bégin et son époux Rodrigue Bégin, à Bury, semble être un havre de paix.
Serpenté par le ruisseau Bégin, la terre appartient à la famille depuis trois générations et d'ici quelques années, la quatrième devrait prendre le relais. Pourtant, Mme Martel-Bégin vit actuellement quelques inquiétudes depuis que le projet du LET a été lancé près de sa ferme.
Déjà, depuis l'avènement du site d'enfouissement au milieu des années 80, l'eau qui
alimente le ruisseau semble ne plus avoir le même aspect d'antan. Or, avec l'implantation du LET, Mme Martel-Bégin craint que la situation ne s'aggrave. «Quand mon mari était petit, il se baignait dans cette eau-là sans problèmes. Maintenant, avec l'écume qui se retrouve parfois sur le dessus, je n'y enverrais même pas mon chien»,
déclare-t-elle.
Des réponses
insatisfaisantes
En mai dernier, Mme Martel-Bégin a décidé d'adhérer au comité de vigilance qui a pour objectif de surveiller les activités environnementales du LET, afin d'être au premier rang lorsque les nouvelles arriveraient.
«Finalement, ce sont les journalistes qui apprennent les nouvelles avant le comité puisque c'est en lisant le journal que j'obtiens des détails», déplore-t-elle.
De plus, elle mentionne qu'elle comptait profiter des consultations publiques qui ont eu lieu pour connaître les réponses dont elle avait besoin. «J'ai vraiment eu l'impression que mes questions dérangeaient», affirme-t-elle.
L'environnement au
premier plan
Les inquiétudes de la propriétaire se sont accentuées depuis l'annonce de l'aménagement du LET. «On veut augmenter la capacité de tonnage du site alors que nous ne sommes même pas certains de la provenance des matières que l'on retrouve dans l'eau actuellement», ajoute-t-elle. Aussi, elle demande: «qu'avant de penser à augmenter, il faudrait au moins
contrôler». Surtout que selon la dame, s'il arrive quelque chose au ruisseau Bégin, cela se retrouvera directement dans la rivière Saint-François puisque les deux sont connectés.
Des faits alarmants
Le 17 juillet dernier, à la suite d'une importante accumulation de mousse blanche
au-dessus de l'eau, Lynne
Martel-Bégin a contacté le
MAPAQ afin que des analyses soient faites. Quelques heures plus tard, un inspecteur était sur place pour prendre des échantillons. Près d'un mois plus tard, elle n'a toujours pas de nouvelles à savoir ce que cela était. «Pour connaître les résultats, je pourrai les obtenir uniquement en passant par le droit d'accès à
l'information. Sinon, ce sera via le comité de vigilance qui a une réunion en septembre
prochain».
Dans toute cette histoire, la déception de Mme Martel-Bégin provient également du fait que son entreprise fait de gros efforts pour la sauvegarde de l'environnement et que tout près, les
dirigeants semblent peu s'en préoccuper. «Pour améliorer la qualité du ruisseau, nous avons retiré nos bêtes du cours d'eau, nous avons planté plus de 500 arbres et avons retravaillé 1000 pieds afin de contrer l'érosion». D'ailleurs, l'entreprise a même été primée pour ces actions.
Environnement
M. Yvan Tremblay, coordonnateur des mesures d'urgence au ministère du Développement
durable, de l'Environnement et des Parcs pour l'Estrie et la Montérégie, mentionne que l'écume prélevée à la surface de la rivière serait de cause naturelle. M. Tremblay
mentionne que l'intervenant a
vérifié en amont et en aval de la rivière et n'a décelé aucune source de contamination.
Par ailleurs, M. Termblay mentionne que l'échantillon prélevé n'a pas été acheminé aux fins
d'analyse. Ce dernier souligne que les échantillons ne sont pas acheminés systématiquement pour être analysés. «On envoie les échantillons à l'analyse lorsque l'on essaie d'identifier quelque chose qu'on soupçonne». Dans le cas présent, l'expertise du technicien aurait été suffisante, pour déterminer qu'il s'agit de cause naturelle.
Quant au risque possible que le Lieu d'enfouissement technique puisse en être la cause, l'intervenant insiste, «le site d'enfouissement est contrôlé régulièrement».
Selon M. Tremblay, la température peu clémente comme les pluies abondantes causant entre autres le lessivage des terres pourraient être la ou une partie des éléments ayant contribué à cette situation.
BV
Au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, on mentionne que l'écume présente à la surface du cours d'eau est entre autres due aux pluies abondantes, qui ont eu lieu quelques jours avant le prélèvement.