Des élèves de 6e année vivent une expérience unique
par Eliane THIBAULT
Même si les Inuits habitent le Québec, peu nombreux sont ceux à affirmer qu'ils connaissent bien leur culture. Catherine Brunet, une enseignante de l'école élémentaire de Cookshire-Eaton, a décidé que ses élèves apprendraient à connaître les Cris de Chisasibi, un village situé à la Baie-James. Les jeunes revenus de leur périple, Mme Brunet dresse maintenant un bilan positif de cette expérience.
Douze enfants de 6e année ainsi que 7 adultes ont pris part au voyage. Partis le 23 mai dernier pour ne revenir que le 30 mai, les élèves ont parcouru un total de 1700 km en autobus. «Ils se sont rendu compte que c'est gros le Québec», mentionne Catherine Brunet.
Une fois sur place, de nombreuses activités étaient prévues. Le groupe a entre autres visité le barrage hydro-électrique de Radisson ainsi que le parc Boyd, lieu de naissance du projet de l'aménagement des rivières de la Baie James en vue d'y construire un barrage. «Ces enfants sont nés avec l'électricité à portée de main. En visitant ces installations, ils ont compris d'où tout cela provient», ajoute l'enseignante.
Bien entendu, le voyage n'aurait pas été complet sans un échange avec les habitants de Chisasibi. Catherine Brunet y a travaillé pendant 8 ans. Pour elle, il s'agissait d'un retour, mais pour ses élèves, c'était toute une découverte. En participant à la classe des enfants cris, les élèves estriens ont pu connaître cette langue méconnue, leurs différentes valeurs et leur réalité. «Là-bas, ils n'ont pas la même notion du temps que nous. Ils ne sont pas pressés», raconte Mme Brunet. Pour illustrer son propos, elle raconte qu'un soir, les habitants du village ont décidé de préparer un souper traditionnel incluant de l'oie et de la bannique (sorte de pain). Le souper n'a été servi que vers 22 h, alors que pour les hôtes, c'était tout à fait normal. «Ce soir-là, les élèves ont soupé deux fois!», ajoute l'enseignante.
Selon Catherine Brunet, les enfants se sont tous bien entendus. «Les Cris sont un peuple très introverti. Au début, les enfants étaient gênés, mais après quelques minutes, ils jouaient tous ensemble comme s'ils s'étaient toujours connus», se souvient-elle. Elle ajoute que là-bas, les enfants apprennent le cri comme première langue, mais que par la suite, ils choisissent entre le français ou l'anglais. «Ceux qui connaissaient le français avaient un grand besoin de communiquer avec cette langue. Ils étaient heureux de pouvoir le faire avec nous».
En somme, Catherine Brunet mentionne que tout s'est déroulé à la perfection. D'ailleurs, elle tient à souligner l'implication de toute la communauté dans cette aventure. «Les enfants devaient amasser 350 $ chacun et grâce à la participation de nos 26 commanditaires, nous avons même eu des surplus!», commente-t-elle.
BV
Les élèves de la classe de 6e année de Catherine Brunet ont rencontré les Cris de Chisasibi. Ils sont revenus de leur périple le 30 mai dernier.