Des constats d'infractions seront émis
par Eliane THIBAULT
Cris, vrombissements de moteurs, crissements de pneus et autres bruits sont le lot quotidien des résidants et des commerçants situés autour du gazébo à East Angus. Depuis quelque temps, des jeunes s'y rassemblent le soir, troublant ainsi la quiétude du voisinage. Si la Sûreté du Québec et la ville veulent que l'endroit redevienne paisible, les jeunes pour leur part, réclament un espace bien à eux, où ils ne dérangeraient personne.
Chaque semaine, le lieutenant Jocelyn Rose de la Sûreté du Québec dans le Haut-Saint-François, rapporte qu'il y a de 2 à 3 plaintes de citoyens qui concernent ce lieu. Du côté de la ville, Normand Graillon, directeur général, mentionne qu'à chaque séance du conseil, le même problème revient. «Certaines personnes âgées ont maintenant peur de fréquenter la Caisse populaire située juste à côté», commente M. Graillon.
Loin de vouloir abolir les réunions de ces jeunes, la Ville de East Angus et la SQ parlent plutôt d'éviter les débordements. «C'est vraiment devenu le lieu de rassemblement à East Angus. Certains soirs, on a même pu voir des individus se stationner ici et sortir une caisse de 24 bières», rapporte le lieutenant Rose.
Afin de mettre un terme aux activités qui se passent dans le secteur, la SQ a procédé à une série d'avertissements personnalisés auprès de jeunes qui ont déjà été ciblés. Le lieutenant Rose prend la peine de lui-même contacter les personnes concernées et de leur décrire la problématique. «Nous en sommes maintenant rendus aux constats d'infractions», rapporte-t-il. En effet, les contrevenants sont exposés à une amende totalisant 154 $. Pour ceux qui tenteraient de défier la loi en se croyant à l'abri des policiers, le lieutenant Rose précise que ces derniers pourraient même recevoir leur billet d'infraction par la poste. «Il y a des endroits pour fêter, mais ici ce n'en est pas un» ajoute-t-il. De plus, les règlements du parc seront affichés sous peu. «Les gens sauront maintenant à quoi s'en tenir», mentionne M. Graillon.
Un endroit pour les jeunes
Durant l'entrevue avec messieurs Graillon et Rose au gazébo d'East Angus, un attroupement d'une dizaine de jeunes s'est formé sous nos yeux. Désireux de connaître leur opinion, les deux hommes ont entamé la conversation avec le groupe. Les jeunes âgés autour de 18 ans étaient tous d'accord sur le fait qu'il y avait parfois des débordements. «C'est plate, on avait un beau spot et à cause de quelques têtes folles, on ne peut plus rester ici sans risquer d'avoir un ticket», déplore Jimmy Olsen-Lefebvre.
Jonathan Ménard-Brodeur a quant à lui profité de cet échange pour demander au dirigeant de la ville s'il existait un endroit où les jeunes pourraient se rencontrer sans créer de problèmes. «Nous, on ne veut pas déranger, mais on ne connaît pas d'autres endroits où aller!», exprime-t-il.
À la suite de cette conversation, M. Graillon a mentionné que lors du prochain conseil municipal, il tenterait de trouver une solution pour eux.
Derniers recours
Lorsque le gazébo a été construit à l'arrière de l'hôtel de ville de East Angus, il y a environ 7 ans, les élus désiraient offrir à la population un espace vert, accessible à tous. «Au début, il y avait des bancs et des rampes tout autour», se souvient Normand Graillon. «Nous avons souvent été victimes de vandalisme et chaque fois, nous venions réparer. Après un certain temps, nous avons préféré tout enlever», ajoute-t-il.
Avec l'aide de la Sûreté du Québec, des caméras de surveillance ont même été installées dans des endroits stratégiques afin de pincer les fautifs. «Nous avons trouvé ces individus et porté des accusations, mais les méfaits se sont poursuivis», raconte le lieutenant Rose.
Avec les nouvelles mesures mises en place par la Sûreté du Québec et la collaboration de la Ville de East Angus pour trouver un lieu propice aux rassemblements des jeunes, reste à espérer que la quiétude reviendra au gazébo.
BV
Les jeunes déplorent de perdre leur lieu de rassemblement à cause d'une minorité d'individus.