Lundi, 18 juin 2012
Prix de l'engagement social en production bovine pour Antoine Doyon 18 juin 2012
Antoine Doyon, de Saint-Isidore-de-Clifton, vient d'être honoré du prix de l'engagement social en production bovine. Ses réalisations exceptionnelles de plus de 30 ans auprès des producteurs de bovins, l'altruisme qu'il a manifesté lors de périodes plus difficiles pour l'industrie, l'énergie qu'il a déployée pour véhiculer et promouvoir la solidarité qui lui était chère et les solutions innovantes qu'il a mises de l'avant pour aider ces éleveurs lui ont valu cette reconnaissance. Troisième de la génération des Doyon à occuper ses terres, il est passé en 1980 du statut de producteur laitier à celui d'éleveur. Il fut le premier au Québec à profiter du programme «Le pouvoir de se nourrir» de Jean Garon pour lancer la production de veaux lourds. M. Doyon rappelait qu'auparavant, ce type de bêtes n'avaient pas de valeur et qu'ils étaient abattus sans autre forme de procès.
À cette date, il expérimentait un nouveau genre de stabulation pour héberger ces animaux. Seulement 4 autres producteurs ont construit leur bâtiment sur les plans, dits innovants de l'époque. En 1982, le feu rasait l'étable où les vaches laitières étaient gardées. Il en a profité pour vendre son quota de lait qui avait subi une baisse de 40 %. Relevant ses manches, il s'est empressé de reconstruire pour poursuivre ses activités d'éleveur de bovins.
Dès 1976, M. Doyon a manifesté de l'intérêt pour l'engagement solidaire. Il s'investissait dans le syndicat de base de Sawyerville. Suivent une série de réalisations qui ont changé la face de ce type d'élevage. En 1980, il implante l'assurance stabilisation pour veaux de grain et le premier modèle d'évaluation du coût de production. En 1982, il assume la présidence du syndicat régional et travaille à la mise en place du plan conjoint et des enchères électroniques. En 1990, le dossier de la fondation de la 1re Coopérative de financement des producteurs de bovins monopolise ses énergies. En 2003, contestataire, il organise une vente de bouvillons dans la cour de la Fédération régionale de l'UPA. En 2008, c'est en Afrique qu'il va partager ses connaissances et son expérience avec des cultivateurs et éleveurs. Au Burkina-Faso et au Sénégal, il se rend pour transmettre son savoir portant sur la mise en marché des céréales.
Son altruisme l'a conduit à donner de sérieux coups de main lors du verglas de 1996 et des tempêtes de vents qui avaient causé bien des dommages sur les fermes. «C'est encore avec acharnement et conviction que M. Doyon prend ce dossier en main. L'Estrie, avec l'UPA provinciale, parvient à mobiliser les producteurs et autres intervenants afin d'obtenir des dédommagements du gouvernement», confie Robert Trudeau, de l'UPA.
Écologiste dans l'âme, il est membre du Marché de solidarité des AmiEs de la Terre. Et ce n'est qu'un résumé des nombreuses activités dans lesquelles il s'est impliqué. «Je ne suis jamais resté plus de 7 ans au même poste. Tout au long de ces années, j'ai été seulement 6 mois sans participer aux destinées de ces domaines d'activité» reconnaît-il bien humblement.
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