Rencontré à la Ferme aux Champêtreries, le directeur général de l'Escalier, Jacques Baillargeon, anciennement machiniste chez Bombardier, raconte l'origine de la Ferme, qui a comme vocation, l'insertion sociale. Le personnel qui y œuvre vient en aide aux jeunes femmes et aux jeunes hommes de 18 à 30 ans désireux d'intégrer la société.
Parti du désir, il y a 30 ans, de fournir de l'hébergement aux défavorisés du quartier Hochelaga-Maisonneuve, Jacques Baillargeon et les membres fondateurs ont créé l'organisme L'Escalier. Ce quartier «chaud» de Montréal regroupait beaucoup de marginalisés qui subsistaient bien souvent par le biais de la prostitution et autres délits.
À la fin des années 80, le gouvernement de l'époque avait défini, chez les jeunes, deux catégories d'assistés sociaux avec des prestations différentes. Les plus jeunes recevaient moins de 200 $ par mois pour vivre, ce qui ne leur permettait pas de se loger. «Ces filles et garçons étaient trop «poqués» et n'étaient plus pris en charge par les autres organismes caritatifs», explique M. Baillargeon.
Très impliqués dans ce domaine, M. Baillargeon et les autres membres de l'Escalier ont fondé les Habitations de L'Escalier. Au fil du temps, le comité a acheté 30 Auberges du cœur pour soulager la misère de ces laissés pour compte. Pour faciliter leur insertion au sein de la communauté, le groupe a créé les Distributions L'Escalier et l'Herborerie pour initier les jeunes à la réalité du travail. On leur proposait un stage de 6 mois. Ils en consacraient 5 à des apprentissages et 1 autre à chercher de l'emploi. «Nous avons un pourcentage de 75 à 80 % d'entre eux qui réintègrent la société.
M. Baillargeon a, en cours de route, rencontré un mécène. Ces fonds nouveaux ont permis d'acheter la Ferme aux Champêtreries à Newport, tout près de Bury. Avec Geneviève Côté, première directrice de la Ferme, ils ont créé un grand jardin, bâti une cuisine conforme pour transformer leur production, etc. Au fil des ans, on a commencé à y concocter des produits fins qui sont distribués dans plus de 300 commerces sous les bannières Herborerie, La Ferme aux Champêtreries, et tout récemment, Ça goûte le ciel.
À la Ferme, ce sont des jeunes du Haut-Saint-François qui y viennent volontairement. «C'est un beau bijou pour apprendre à travailler ou donner le goût de retourner aux études, ils redeviennent citoyens et participent à la société en payant des impôts et des taxes. On contribue à allumer une étincelle, c'est au jeune de se réaliser. On tient compte des efforts qu'ils font dans leur démarche, et non des résultats», décrit le directeur général.
«Le nouveau programme de sensibilisation réalisé conjointement par l'Université de Sherbrooke, le Centre de services éducatifs populaires du Haut-Saint-François et la Ferme aux Champêtreries va être bénéfique pour nos jeunes. Ils vont se conscientiser à la protection de l'environnement tout en développant de nouvelles habitudes de vie», ajoute-t-il.
L'ensemble de l'organisme vit de subventions non récurrentes. Tous les ans, les responsables doivent renouveler leur demande. M. Baillargeon espère cette année conclure une entente pour du financement à long terme. La vente des produits fins, Herborerie, La Ferme aux Champêtreries et Ça goûte le Ciel, aide à financer les structures.
Pour voir la liste des gâteries, autres produits fins proposés et la liste des détaillants, visitez www.distributionsescalier.com/produits.php. Le temps des Fêtes est l'occasion rêvée pour offrir ces douceurs en cadeau.
Jacques Baillargeon, directeur général de L'Escalier, organisme d'insertion social, explique la naissance de la Ferme aux Champêtreries.