«Nous allons, par des actions multiples et choisies par les tous les écoliers, créer pour l'école Notre-Dame-de-Lorette de La Patrie, un milieu où les élèves se respecteront et développeront des complicités pour combattre l'intolérance, l'intimidation et la violence tout en développant le sens de l'entrepreneuriat», vise Alexandre Dumas, enseignant de 5e et 6e année. Comme première action, la création d'un conseil étudiant s'impose. «Notre projet repousse tout ce qui a été fait auparavant», complète-t-il.
Telle est l'ampleur du projet que promeut ce jeune professeur, appuyé qu'il est de la direction, des parents et du Conseil d'établissement (CÉ) de l'institution d'enseignement. Deux stagiaires, Vicky Lévesque et Catherine Breault, étudiantes à la faculté d'éducation, viennent les aider.
Dès le début de l'année, tous les écoliers ont appris un des grands principes de la démocratie, cet art de vivre en société, en organisant des élections. L'objectif, respecter la chaîne de communication entre les apprenants et les adultes avec qui ils sont en contact régulier, à l'école, en déléguant à quelques-uns d'entre eux, la responsabilité de les représenter.
Pour choisir les délégués, les enfants ont composé un curriculum vitae dans lequel ils ont mis en valeur leurs forces. A suivi une période réservée à la campagne électorale pour aboutir aux élections du comité des écoliers de Notre-Dame-de-Lorette pour tous les niveaux. Les élus préparent un ordre du jour, et, à la fin des rencontres, rédigent un procès-verbal des discussions et des décisions rendues. À la présidence, Mathieu Prévost, vice-présidence, Jeanne Gobeil-Langlois, Dominique Charron, Elena Sinotte, Léonie Paquette, Brenda Thibeault, Roselyne Prévost, Mathieu Carrier, Coraly Paquette et Harrisson Goyette forment le conseil.
Une quinzaine de projets ont été présentés qui étaient axés soit sur la qualité de vie à l'école ou reliés à l'entrepreneuriat. Quelques élèves se sont regroupés pour réorganiser la bibliothèque en fonction de l'utilisation qu'ils aimeraient en faire. D'autres ont privilégié l'environnement en construisant une boîte de compostage extérieure. Certains ont créé un comité sportif pour organiser, outre les activités régulières, une joute parents/écoliers. Un autre groupe s'occupe de souligner les anniversaires de naissance et diverses occasions comme un défilé de mode déguisé. Quelques-uns ont prévu une cueillette d'attaches de pain pour recueillir des fonds pour la fibrose kystique.
Du côté entrepreneurial, certains jeunes étudiants ont conçu et produit un calendrier de l'avent pour envoyer aux aînés. Au-delà de sa confection même, ils ont fait le recensement des personnes âgées à partir des données de la FADOQ. Ils les leur distribueront, par la suite, tant à La Patrie qu'à Chartierville. Un autre groupe va composer un cahier à colorier avec blagues. Tous, de près ou de loin, sont associés à une activité à réaliser.
«Les jeunes sont capables quand ils se sentent encouragés. Ils peuvent réaliser de grands projets. Les échanges sont excellents entre le directeur, Jean-Pierre Saucier, les enseignants, les parents et les élèves», souligne M. Dumas. La direction de l'école a investi 500 $ dans le projet. De son côté, l'Université de Sherbrooke, par le biais des deux stagiaires, y est allée de 250 $. «L'école Notre-Dame-de-Lorette est la seule école à vivre ce projet particulier qui intègre tous les écoliers, les enseignants, la direction et les parents dans le projet de la motivation scolaire, de l'opposition à l'intimidation et dans l'apprentissage de l'entrepreneuriat», conclut l'enseignant.
Les écoliers de 5e et 6e année, installés dans le local rénové par leurs bons soins, montrent quelques-unes de leurs réalisations. Alexandre Dumas, enseignant, se réjouit de la qualité de leur participation.