Les élus de la municipalité de Cookshire-Eaton n'ont pas l'intention, pour l'instant, de modifier quoi que ce soit au service de premiers répondants en vigueur sur le territoire. Le maire, Noël Landry, mentionne que l'évaluation du service par l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie pour la municipalité se poursuit, mais qu'aucune décision ne sera prise avant 2012. «On va voir les recommandations de l'Agence. Le service n'a jamais été remis en question», d'insister le premier magistrat.
La soirée d'information tenue lors de la dernière séance régulière du conseil municipal de Cookshire-Eaton portant sur le service de premiers répondants (PR) a pris des allures de dialogue de sourds. Alors que les élus disaient ne pas vouloir abolir, mais plutôt réviser le système en place dans le but de l'améliorer, la majorité de la centaine de personnes présentes manifestait la crainte de perdre le service ou de le voir amputer de quelque façon que ce soit.
Selon les propos tenus, il était évident que la confiance envers les élus n'était pas au rendez-vous. Comme les pompiers occupent également le rôle de premiers répondants et n'ont pas encore digéré la façon dont les autorités municipales ont destitué leur directeur des incendies, Mike Herring, la nature des interventions prenait parfois l'allure de confrontation. Pour apporter une dimension plus objective sur le service de PR, les élus avaient invité le Dr Wayne Smith de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie et Louis-Charles Boisvert, coordonnateur technique des services préhospitaliers d'urgence de l'Estrie, à expliquer les nouvelles mesures qui seront en place à compter de 2012.
Le Dr Smith a expliqué que l'exercice effectué par l'Agence, soit de réviser les différents niveaux de PR, était de nature provinciale. «L'objectif est de faire des sorties lorsque c'est nécessaire; on ne veut pas épuiser les gens. Les changements proposés pour les premiers répondants font en sorte que les gens sortent pour les vraies raisons», d'exprimer l'intervenant. Les sorties pour le niveau PR-1 toucheront entre autres les cas urgents comme les arrêts cardiaques et étouffements, le PR-2 englobe les critères du PR-1 plus les accidents de la route et autres. Au PR-3 s'ajoutent des sorties beaucoup plus larges considérées comme moins essentielles. «Pour un niveau trois, il est extrêmement rare que les premiers répondants fassent une différence. Mais c'est à vous de décider le niveau que vous souhaitez», d'ajouter M. Smith. Or, la municipalité de Cookshire-Eaton défraie les coûts pour un service de niveau PR-3. Plusieurs citoyens ont fait valoir aux élus que la municipalité était vaste et qu'il y avait aucun établissement hospitalier sur le territoire. Ils ont clairement fait entendre qu'ils se sentaient plus en sécurité avec un PR-3. Jack Garneau, ancien conseiller municipal, ajoute «je sais que c'est coûteux, nous sommes une municipalité très grande et que ça prend du temps pour obtenir une ambulance. J'espère que vous allez trouver le moyen de garder ce que nous avons».
Sorties Par ailleurs, certains citoyens dans la salle ont tout de même relevé un aspect: celui de retrouver plusieurs premiers répondants sur les lieux d'un simple incident comme une sortie de route ou autres. Du côté des pompiers, on a mentionné qu'il y avait des protocoles d'intervention à respecter et que tous les pompiers recevant l'appel se rendaient sur place sans distinction. C'est souvent sur les lieux que l'on peut mesurer la nature de l'intervention. Tout en insistant qu'il n'est pas question de réduire le service du PR-3, le maire Landry mentionne que la révision du service vise entre autres à voir s'il n'y aurait pas une façon de coordonner le nombre de premiers répondants selon les besoins.
M. Landry rappelle que la démarche entreprise par la municipalité vise seulement à vérifier s'il n'y a pas moyen de faire autrement pour être plus efficace à moindre coût. «L'Agence fera des recommandations selon nos besoins et on verra. Le service n'a jamais été remis en question. On voulait seulement savoir où on se situait vis-à-vis les nouvelles normes», de conclure le maire. Par ailleurs, les premiers répondants ont reproché à la municipalité de ne pas les avoir consultés dans le processus.
Plusieurs citoyens ont clairement signifié leurs craintes de voir le service de premiers répondants dilué. Ils demandent le maintien intégral du système actuel.