Par une journée automnale parfaite, onze laboureurs chevronnés ont attelé leur couple de chevaux sur une charrue à un socle. Sur une surface de 30 pieds sur 80, ils avaient à tracer des sillons qui répondent à des normes bien précises. L'incision devait être parfaitement droite, les raies, parallèles, la profondeur, uniforme, et la terre balafrée, correctement renversée.
Pour arriver à ce résultat, les participants ont déployé tout leur talent pour guider leurs animaux, pas toujours collaborateurs. Les guides glissées derrière le dos, c'est à petits coups subtils qu'ils dirigeaient leurs bêtes, les encourageant de commandements divers. Les «gee» et «â» qui leur étaient adressés renforçaient le message des rênes, les invitant à tourner à droite ou à gauche selon le cas. Les «doucement Dick», «envoye King» tous prononcés d'un souffle de voix pour ne pas les exciter, amélioraient le spectacle. Et cette terre éventrée, offerte pour l'ensemencer, ajoutait une dimension métaphysique aux gestes des laboureurs.
Knight George, juge de l'événement, en a vu des concours. Attentif au déroulement des activités, il s'assurait que chacun respecte les consignes. Le «scath», les «crown», les «plow», trois types de sillons définis par règlements, étaient examinés à la loupe.
Parmi les compétiteurs, Vincent Gilbert, de Gould, participait pour la première fois à ce concours. Âgé de 13 ans, il était supervisé par son père Guy et son grand-père Fernand. Bien concentré, il a dirigé ses chevaux de main de maître.
Bien des visiteurs se sont stationnés le long de la route pour observer le travail des laboureurs tandis que d'autres avaient prévu passer la journée dans les champs pour ne rien manquer de l'événement.
Le concours de labour demande de la force et de la précision.