Des recherches menées depuis plus d'un an à l'Université de Sherbrooke démontrent que l'éducation à la citoyenneté en milieu rural progresse sainement à la Cité-école Louis-Saint-Laurent. Pour faire suite à un long sondage, on apprend que la majorité des élèves voit positivement l'influence de leur milieu de vie et que le support parental et communautaire leur importe beaucoup. Et enfin, il est démontré que les villages se préoccupent de plus en plus de leur jeunesse.
À l'occasion de la troisième édition de la Semaine de la recherche sociale abordée sous le thème: «Développons les forces des personnes et des communautés», des chercheurs de l'Université de Sherbrooke ont observé sous toutes les coutures la progression de la Cité-école Louis-Saint-Laurent. Ils ont déposé un bilan positif de leurs analyses. L'école a instauré comme projet éducatif, l'éducation à la citoyenneté en étroite collaboration avec la communauté du Haut-Saint-François.
La première ministre du Parlement de la Cité-école, Maude Fontaine, a annoncé en entrée de jeu que l'évolution du projet de citoyenneté au cœur des municipalités de la MRC a «un excellent impact sur les jeunes». Meagan Reid, ministre des Sports, et Audrey Perron-Breault, ministre des Activités culturelles, ont présenté les modifications apportées par le passage de Polyvalente à Cité-école. «Pour l'exemple, le secrétariat devient mairie, la carte étudiante change pour carte de citoyenneté, ainsi de suite, et les résultats sont tangibles», explique Audrey. Pour sa part, Meagan expliquait que le Parlement étudiant gérait son propre budget et organisait des activités tout au long de l'année scolaire. Les enseignants sont impliqués, ce qui apporte une dynamique intéressante en classe. Le bénévolat est encouragé. Les bulletins sont remis dans les municipalités, ce qui a une incidence sur la persévérance scolaire.
Paul Morin, directeur du CAU, s'intéresse particulièrement à cette recherche puisqu'elle débouche sur une meilleure connaissance du milieu rural, plus particulièrement l'éducation à la citoyenneté qui réunit les forces vives de la MRC. L'évaluation de la mise en œuvre de la Cité-école a fait l'objet d'une analyse particulière des chercheurs Paule Simard, de l'Institut national de la santé publique, et Jean-François Allaire, de l'U de S. Les réponses de 406 étudiants à un long questionnaire permettent de voir qu'en majorité, ils voient positivement leur milieu de vie, comme ayant une bonne influence sur la réussite scolaire. On y constate aussi que le support parental et communautaire et les activités de l'école renforcent ce sentiment.
Eugénie Dostie-Goulet, stagiaire postdoctorale et chargée de cours à l'École de politique appliquée de l'U de S, s'est penchée l'éducation à la citoyenneté. Trois projets réalisés en collaboration professeurs/étudiants ont démontré leur attachement à leur milieu.
Enfin, le bilan des espaces réservés aux jeunes dans la MRC indique que les villages se préoccupent de plus en plus de la jeunesse. Il y a plus de lieux et d'activités qui leur sont acquis, mais il reste beaucoup à faire. Même dans les médias sociaux, ils font l'objet de 6 à 10 % du contenu particulièrement en ce qui concerne leurs exploits.
Claude D. Giguère remercie chaleureusement les chercheurs. Il rappelle que ce projet est une histoire de passion, un engagement du personnel et qu'il vient des enseignants. «On n'enseigne pas la citoyenneté, conclut-il, on la vit». L'animation de la rencontre a été confiée à Danyel Bouffard, organisateur communautaire au CSSS du Haut-Saint-François.