Le 15 juin prochain, tous les citoyens de la MRC du Haut-Saint-François sont invités à se pencher sérieusement sur la maltraitance faite aux aînés. Une vaste campagne médiatique, dont le thème «Brisons le silence, la violence ne s'arrête pas d'elle-même» met carrément le doigt sur l'obstacle à réduire en miettes. Pour l'exemple, la crainte, qu'une victime aînée ressentira face à l'agression d'un proche, pour avoir de l'argent, sera étouffée à cause de la peur de représailles.
À la Table de concertation des personnes aînées (TCPA) du Haut-Saint-François, on a décidé d'aller vers les aînés. Lors de déjeuners-causeries, des spécialistes parlent de prévention à prendre pour éviter qu'elles soient mal traitées. Parce que les mauvais traitements adoptent tant de visages: violence, harcèlement, vol, sans compter le nouveau monde de la fausse sollicitation par téléphone ou l'Internet.
Cette année, en vertu de la politique déposée par Marguerite Blais, ministre de la Famille et des Aînés, la TCPA en collaboration avec la Sûreté du Québec, la FADOQ, le CSSS, etc., mise sur la qualité de l'information destinée aux plus vieux de la communauté.
L'agent Michel Ouimette a animé, jusqu'à présent, neuf rencontres «Aîné-avisé» dans la MRC pour les mettre en garde contre toutes formes d'agressions dont ils pourraient être victimes. Avec une autre personne, ils prennent le temps de répondre aux questions des gens et le cas échéant les réfèrent vers des ressources appropriées. La ligne Aide Abus Aînés (1-888-489-2287) du CSSS Cavendish avait prévu recevoir quelque 3000 appels dans l'année. À peine 6 mois plus tard, ce nombre est dépassé, signe, s'il en est un, des besoins grandissants qu'ont les aînés.
Louise Lamalice, intervenante au Centre d'action bénévole (CAB) du Haut-Saint-François considère que nous en sommes, sur le sujet de la malveillance, au même point que l'était, il y a 20 ans, le sujet de la violence conjugale. Souvent, le fait qu'elle provienne d'un membre proche de la famille crée le mutisme dévastateur.
Les victimes n'osent pas s'en ouvrir de peur de perdre certains services que peuvent leur rendre leurs enfants ou encore, ils se sentent coupables de les avoir mal élevés. Ils acceptent les abus verbaux, les manipulations psychologiques.
À la Cité-école Louis-Saint-Laurent, Rénald Gosselin, animateur à la vie spirituelle et communautaire, et d'autres gens ont organisé une compétition d'improvisation dont le thème principal tournait autour de l'âgisme et de la violence faite aux aînés. Deux déléguées de la Table de concertation des personnes aînées du Haut-Saint-François participaient à cette confrontation intergénérationnelle sous les thèmes: «Les grands-parents... au foyer?, On s'en va chez papi!, Les jeux «plates» des vieux!, Tasse-toi l'vieux! et grand-mère gâteau». Les résultats furent probants: une forte conscientisation des jeunes sur l'âgisme et la violence faite aux aînés.
Toutes ces rencontres et ces informations sont là pour que les plus vieux puissent vivre sereinement. Elles favorisent aussi, lorsque les relations sont excellentes, le transfert de leurs connaissances et de leur potentiel pour qu'ils rayonnent sur la MRC.