Une quarantaine de résidants des Habitations à loyer modique (HLM) d'Ascot Corner et d'East Angus se sont déplacés pour démystifier les questions reliées au financement et au fonctionnement des HLM. Ils répondaient à l'invitation de Lucie Lapierre, directrice de l'Office municipal d'habitation (OMH) et agente de milieu, attachée à l'Agence des services de santé du CRSSS.
Pour l'occasion, Robert Pilon, coordonnateur de la Fédération des locataires en HLM du Québec, a rappelé l'historique de ce type de logements. Il en a expliqué les usages tout en insistant le bien-fondé d'une telle structure d'hébergement.
L'OMH se définit comme organisme provincial. Son rôle consiste à conseiller le gouvernement en matière d'habitation. Par son mandat, il élabore et met en œuvre les politiques et les programmes sur le sujet. Il gère les parcs immobiliers qui sont constitués de logements sociaux destinés aux personnes ou aux familles à faible revenu.
C'est en 1970, sous Robert Bourrassa, que les premiers HLM ont permis à des dizaines de milliers d'individus et de familles de trouver où se loger. Jusqu'en 1994, année où on a mis fin à ce programme, il s'est construit 65 000 loyers. Quelque 35 000 ont été utilisés par les aînés et 30 000 autres, par des familles. Depuis ce temps, l'organisme AccèsLogis a pris la relève pour assurer aux moins nantis un toit sous lequel s'abriter.
L'OMH, qui supervise les HLM d'Ascot Corner depuis 25 ans, et d'East Angus depuis 30 années, gère 45 logements destinés aux personnes de 50 ans et plus dont les revenus sont modestes, nous apprenait Lucie Lapierre. Cette dernière «croit sincèrement que la MRC aurait tout avantage à prendre en charge le développement de ses logements sociaux pour avoir une plus grande force et pour permettre à nos aînés de demeurer dans leur communauté tout en attirant de nouvelles familles».
Déjà, l'OMH d'Ascot Corner dispose de 15 logements réservés aux personnes de 50 ans et plus. Celui d'East Angus en offre 6 à la population des 50 à 60 ans. Encore, 24 sont habités par des «60 ans et plus». À Saint-Isidore-de-Clifton, la charte du lieu d'hébergement prévoit que les seize loyers sociaux sont destinés aux 65 ans et plus qui proviennent de la municipalité ou des alentours immédiats. «Dans les faits, souligne Denise Saint-Pierre, coordonnatrice au mieux-être collectif, c'est 50 ans et il y a une ouverture sur Sherbrooke». Chaque HLM est géré par un comité de 7 personnes qui voient au bon fonctionnement de l'entreprise et au bien-être des locataires.
Notons cependant qu'il faut éviter de confondre les trois principaux types de logements sociaux: les Coops d'habitation qui ont leur modus operandi particulier, les résidences pour les aînés et les OBNL qui, dans bien des cas, hébergent des gens en perte d'autonomie. Seuls les logements HLM et ceux construits sous Accès Logis sont régis par l'OMH.
Les gouvernements fédéral et provincial se partagent le plus gros des investissements. Les municipalités ou autres organismes sont appelés à participer à l'aventure. Selon des estimations, ces mises de fonds rapporteraient beaucoup à cause des taxes municipales et de services supplémentaires et en fonction des emplois directs et indirects qui sont créés.
Dans la MRC, quelques projets de construction sont dans l'air. À Saint-Isidore-de-Clifton, on a l'intention «de développer un projet famille-aînés. À La Patrie, on veut relancer l'idée d'une résidence pour personnes âgées. À Cookshire, un promoteur prévoit bâtir 82 appartements et 112 dans une étape ultérieure.
Aux dires de Mme Lapierre, les municipalités et la MRC verraient beaucoup d'avantages à profiter d'une telle organisation gestionnaire qu'est l'OMH. Entre autres, la gestion pourrait être centralisée, l'entretien donné à forfait et les ressources financières plus faciles à obtenir. Mais, il y a de l'information à faire, puisque comme le rapportait la directrice, même Nicole Robert, préfet de la MRC, ignorait l'existence de l'OMH.
«Cette responsabilité incombera tôt ou tard aux municipalités et à la région parce que les besoins sont grandissants et que la pauvreté ne diminue pas», concluait Mme Lapierre.
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La foule suit attentivement les propos de Robert Pilon qui explique le fonctionnement des Habitations à loyer modique (HLM).