Après avoir été plusieurs années à travailler, Éric Flamand, marié et père de deux enfants, a dû recourir à l'assurance-emploi. «C'est le temps idéal pour me réorienter», avait-il constaté alors. Confronté à l'absence de diplôme, il a réalisé qu'il n'y avait rien pour lui. Il s'est rendu au Centre local d'emploi (CLE) où on lui a conseillé de retourner aux études pour avoir plus de chance de se trouver du travail. C'est alors qu'à 40 ans, il a recommencé ses classes pour atteindre un de ses rêves, devenir agent correctionnel.
Rencontre au CLE
Son parcours pour retourner aux études a débuté, il y a plus de deux ans, avec la rencontre de Mélissa Boily, agente d'aide à l'emploi, au CLE. «Lorsqu'Éric s'est présenté à nos bureaux, j'ai fait, avec lui, une analyse de son profil; il souhaitait devenir agent correctionnel», se rappelle-t-elle. Devant le fait qu'il lui manquait une grande partie du secondaire et que pour occuper ce poste, il lui fallait au moins une attestation d'études collégiales, la responsable lui a suggéré une immersion en français et mathématiques. Elle l'a référé à l'éducation aux adultes.
«Au CLE, nous avons, par le biais du programme «Mesure à la formation», la possibilité d'aider financièrement une personne comme Éric qui veut se former pour améliorer sa situation», explique Mme Boily. Tout au long de la démarche, la personne inscrite reçoit du support pour l'encourager à réussir. Elle est évaluée pour mesurer ses progrès. Les agents apportent leur soutien pendant le parcours. Les personnes qui veulent retourner aux études rencontrent les orienteurs. En cas de grandes difficultés, le personnel répond aux demandes d'aide. «Ce fut difficile pour Éric de dépasser ses craintes, raconte Mme Boily, nous avons établi un bon lien de confiance, ce qui l'a aidé à contrer les mauvaises perceptions. Nous l'avons référé à l'éducation aux adultes où il a rencontré Annick Roy, conseillère en orientation.
Rencontre avec Annick Roy
Éric Flamand, après être passé par le Centre local d'emploi, a été recommandé à Annick Roy, conseillère en orientation à l'éducation aux adultes, pour compléter sa formation scolaire. Elle lui a fait subir des tests diagnostic pour évaluer ses acquis et ses besoins. «Les conclusions se sont révélées positives, on a revu ce qui manquait à la base. On a travaillé pour qu'il reprenne confiance en lui pour l'aider à passer à travers les études secondaires. Mais l'écart était trop grand pour commencer aux adultes. Je lui ai conseillé de passer par le Centre de services éducatifs populaires (CSEP) pour rafraîchir ses connaissances avant d'entreprendre les cours réguliers».
«Lorsqu'il est revenu, raconte Mme Roy, il a repris les cours réguliers avec l'intention de terminer son diplôme d'études secondaires (DES). Il visait une attestation d'études collégiales (AES) qui lui permettrait de devenir agent correctionnel. Pour son malheur, M. Flamand n'a pas pu réussir». Face à cet échec, il a fait son deuil de sa carrière. Il a poursuivi, malgré tout, sa formation pour obtenir un diplôme d'études professionnelles (DEP). «Ce certificat, poursuit la conseillère, lui a ouvert les portes d'autres métiers dans lesquels il se sentait bien. Il avait le choix entre la charpenterie/menuiserie ou le chauffage/plomberie». M. Flamand attend avec impatience la réponse de l'école de Saint-Hyacinthe où il a déposé une demande d'admission. Mme Roy confirme qu'elle assurera un suivi bien qu'il ne soit plus inscrit aux études secondaires.
Passage au CSEP
Entre la première rencontre avec Annick Roy, de l'éducation aux adultes, et la reprise de sa formation pour obtenir le diplôme d'études secondaires (DES), Éric Flamand a dû passer par le Centre de services éducatifs populaires (CSEP) du Haut-Saint-François afin de renouer avec le français et les mathématiques. M. Flamand était loin d'avoir terminé son secondaire. Et après 20 ans, éloigné des bancs d'école, il était bien rouillé. «Les notions acquises n'étaient plus à jour», avait constaté M. Flamand. Il manquait beaucoup de branches à mon arbre», ajoutait-il philosophe. «Quand Éric est venu nous rencontrer au CSEP, nous avons travaillé à renforcer ses connaissances en français et mathématiques. Nous avons évalué ses acquis et les objectifs qu'il s'était fixés. Ce pont, que nous avons lancé entre le CLE et l'éducation aux adultes, lui a servi à aller plus loin», explique Mme Édith Cournoyer. Après les quelque 6 mois qu'il a passés au CSEP, il était prêt à se remettre aux études. «Je suis content de voir que tous ceux qui ont supporté Éric dans ses démarches ont cru en lui», complète Mme Cournoyer.
Conclusion
Bien que déçu de ne pas pouvoir devenir agent correctionnel, Éric se dit heureux du chemin qu'il a parcouru. Il attend impatiemment des nouvelles de l'école de Saint-Hyacinthe où il s'est inscrit pour suivre un cours en chauffage/plomberie. Il a hâte de savoir s'il est accepté. «Je souhaite que, malgré les épreuves, les gens foncent pour arriver à leurs fins et qu'ils s'entourent de bonnes personnes pour les aider à parcourir le difficile chemin du retour aux études. Je remercie chaleureusement toutes les personnes qui m'ont aidé à me rendre où je suis», conclut-il. Il tenait à remercier spécialement son épouse et ses deux jeunes enfants qui sont restés près de lui tout au long de son parcours.