Depuis un an, la situation d'Haïti est de toutes les nouvelles. Tremblement de terre, camps de réfugiés, choléra, élections contestées et tout dernièrement, le retour de Jean-Claude Duvalier, dictateur déchu du pays qui devra répondre de vol du trésor national du pays. Pourtant, malgré ce sombre portrait, des secteurs de l'île, grâce au bénévolat de gens bien intentionnés, s'en tirent un peu mieux. Parmi ces derniers, Carmen Simard, de Johnville, et Andrée Brosseau, de Bury, font des pieds et des mains pour améliorer le sort de la petite commune de Petite-Rivière-de-l'Arbonite.
«Nos buts, explique Mme Simard, c'est de parrainer des enfants haïtiens et de s'assurer de leur bien-être, de leur sécurité et de leur éducation en soutenant les efforts des Petites Sœurs de l'Enfant-Jésus, communauté religieuse formée exclusivement de filles du pays. Nous nous assurons que l'argent et les biens envoyés à la communauté soient entièrement utilisés aux fins d'éducation et de mieux-être de nos filleuls».
L'organisme Fraternité Haïti des Trois Lacs, fondé par Marie-Éliane Wart, encadre les bénévoles qui oeuvrent pour améliorer le sort des habitants de la commune. Là-bas, les religieuses dirigent une école qui compte aujourd'hui quelque 1 500 élèves de la maternelle à l'obtention du brevet d'enseignement. On y enseigne aussi plusieurs métiers telles l'agriculture, la plomberie, la menuiserie, etc. De plus, les «petites sœurs» gèrent un orphelinat où une soixantaine d'enfants ont de meilleures chances de s'épanouir. Elles assurent à quelques personnes âgées le gîte et le couvert. Mme Brosseau faisait remarquer que depuis le tremblement de terre de janvier dernier, 500 enfants s'étaient ajoutés qui provenaient des zones sinistrées. C'est avec les moyens du bord que les religieuses ont dû composer pour intégrer tous ces nouveaux arrivés.
Mme Simard, infirmière de profession, est allée à trois reprises à Petite-Rivière-de-l'Arbonite. Sensibilisée à la cause haïtienne depuis l'adoption de son fils Bobby, en 1986, elle a choisi de mettre à la disposition de la communauté religieuse ses talents. Bobby, qui avait 11 mois à l'époque, a été le dernier ressortissant sous le régime de Jean-Claude Duvalier, forcé de s'exiler pour ses exactions, mentionnait-elle. À sa première visite, elle se rappelle avoir découvert la réalité haïtienne. «J'ai dû réajuster mes valeurs après ce séjour», commentait-elle. Par la suite, elle a enseigné, avec une consoeur, quelques techniques de survie tel le RCR, fait le ménage dans le dispensaire. «On y trouvait des médicaments périmés et toutes sortes d'autres choses qui n'avaient pas à faire là. J'ai été émue de la pauvreté et de la misère vécues sur place». Plus tard, elle a prodigué des soins pour les pieds et aidé à soigner des personnes âgées qui vivent dans un environnement peu salubre. «Mais surtout, je me suis assurée que l'argent et les biens que nous apportions étaient tous utilisés pour améliorer le sort des gens de ce coin de pays.
Pour sa part, Mme Brosseau y allait par passion. À trois reprises, elle a visité la contrée. «J'ai été emballée par la cause et j'étais prête à virer le monde à l'envers pour apporter du mieux-être à ces enfants», témoignait-elle. Pour elle, le parrainage et le bon fonctionnement de l'orphelinat et de l'école primaient. Cette dame, qui avait été famille d'accueil pour personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de déficience intellectuelle, s'est surtout préoccupée de trouver des parrains et marraines pour les orphelins. C'est plus d'une trentaine d'enfants que des Québécoises et des Québécois ont pris sous leurs ailes pour leur aider à s'en sortir plus tard. Lors de ses séjours en Haïti, elle apportait des cadeaux et surtout des vitamines. «D'ailleurs, mentionnait une des deux bénévoles, nous avons reçu, de la compagnie d'aviation qui nous transportait, la possibilité de transporter des colis dont le poids était bien supérieur à la limite permise...»
Ces deux femmes, désireuses de continuer à donner un coup de main aux enfants d'Haïti, lancent un appel à l'aide. Le parrainage d'un enfant, des dons en argent, des effets scolaires, etc., sont autant de moyens de venir en aide à cette communauté qui, malgré sa pauvreté, vit dignement. «Nous nous assurons que tout ce qui est envoyé par le biais de l'organisme Fraternité Haïti des Trois Lacs, est utilisé à 100 % et que les actions et les dons des parrains, marraines aillent à leur filleul. Pour joindre Mme Brosseau à Bury, téléphonez au 819 832-3185. Pour Mme Simard, du comité missionnaire Notre-Dame de l'Unité secteur Johnville, 819 834-2259.
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De gauche à droite, nous apercevons Carmen Simard et Andrée Brosseau, qui invitent les gens à faire du parrainage.