Dans la foulée des restructurations budgétaires qu'effectue la direction de la Caisse des Hauts-Boisés à chaque quinquennat, les comptoirs de Lingwick et Sawyerville sont passés à la moulinette. Cette tendance à vouloir trouver l'équilibre dans le rapport qualité et disponibilité des services en fonction de la rentabilité, a commencé en 1998 avec le regroupement connu sous le nom de Caisse populaire de la Rivière-Eaton.
En 2002, plusieurs caisses populaires locales ont été regroupées sous une même entité, celle de la Caisse des Hauts-Boisés. Dans le sillage de cette rationalisation, des comptoirs comme ceux de Scotstown, Chartierville et Johnville ont disparu parce que peu rentables. Restent encore dans le Haut-Saint-François les Caisses de Weedon, d'East Angus et la succursale de Bury. Celle de Dudswell a fusionné avec St-Camille.
Le C. A. de la Caisse des Hauts-Boisés a tenté de résister au phénomène et de conserver le réseau de distribution sous diverses formes. « En 2009, expliquait Jean-Claude Cassidy, président de cette institution, nous avons essayé d'implanter des terminaux de caisse étudiante (TCE) à certains endroits. Malgré son nom, ce service ressemble à celui des guichets automatiques et autorise seulement des retraits, des dépôts et des paiements. Nous avons même proposé d'envoyer un conseiller sur demande, mais rien n'a fonctionné », déplore-t-il.
La crise financière de 2008, le contrôle des dépenses, les faibles rendements d'intérêt et les féroces compétitions ont forcé la main des dirigeants. En l'absence d'amélioration, ils ont pris la décision de fermer des comptoirs. « Pour ne pas brusquer les gens, on leur a donné une chance d'améliorer la situation pendant 2 ans. Malgré tout, il a fallu en arriver à cette déchirante conclusion », déplore M. Cassidy.
Michel Nadeau, directeur général de la Caisse des Hauts-Boisés, présente ces fermetures sous l'angle administratif. « Nous sommes ici pour faire du développement d'affaires et pas pour fermer des centres. Cependant, il faut que la réponse de la clientèle soit réciproque et qu'ils utilisent nos services », réaffirme-t-il. L'instantanéité des échanges à partir d'Internet et des téléphones intelligents favorise la dispersion de la clientèle attirée par de la publicité agressive.
M. Nadeau fait part du navrant constat qu'en moyenne, sur 10 transactions, 9 se font chez des compétiteurs. « À notre centre de Cookshire, on a constaté une diminution marquée des transactions qui sont passées de 26 000 à 13 000 mensuellement ». Il ajoute que les Caisses entretenaient jusqu'à présent au moins un bâtiment et ses équipements par municipalité à travers le Québec alors que les autres institutions du même genre en possèdent un nombre restreint. « Ça coûte très cher et ça réduit les profits, qui, en coopération, sont retournés aux membres ».
En réponse au fait que les maires et la population n'aient été avisés qu'après l'AGA de la Caisse des Hauts-Boisés, M. Nadeau explique qu'il s'agit d'une décision administrative. Cette décision prendra effet à partir de la fin juin.