«Des bois dans les roues, j'en ai eu continuellement, mais toujours je continuais d'avancer. J'ai mis l'énergie qu'il me restait, après les revers à piloter les grands projets qui redonneraient de la vitalité à Scotstown». Telle est, en synthèse, l'explication que donne Johanne Prévèreau pour justifier sa démission à la mairie.
«J'ai été assermentée en septembre 2010, et dès le départ, les problèmes ont commencé», déplore cette femme qui avait souhaité offrir ses connaissances et ses compétences pour faire progresser la Ville. Mme Prévèreau désirait mettre à contribution les conseillers en leur confiant des dossiers qui auraient permis à Scotstown d'avancer. Cependant, elle n'a pas réussi. Et elle le déplore vivement.
Des 6 premiers élus, en novembre 2009, trois sont restés jusqu'à ce jour. Il a fallu quatre autres élections pour remplacer les mairesse et conseillers démisionnaires. S'ajoutera encore la sixième, celle qui désignera une nouvelle personne à la mairie. Tout ça, avant la première moitié du mandat de quatre ans qui lient les membres du conseil à leur municipalité. Un employé de la ville a démissionné, il y a quelque temps, ne pouvant plus, lui non plus, vivre le climat malsain qui s'était installé.
«Pourtant, une semaine avant ma démission, les conseillers et moi avions suivi un cours de déontologie, un cours sur la façon de nous comporter quand on occupe un poste de responsabilité. Dans celui-ci, nous apprenions quelles sont les responsabilités, les limites et les prérogatives attachées à une telle responsabilité», se remémore-t-elle.
Mme Prévèreau quitte la mairie dépitée de ne plus pouvoir faire avancer de grands dossiers qui auraient pu améliorer la qualité de vie des Scotstownois. Toutefois, elle sert cette mise au point à des personnes qui pourraient s'enorgueillir d'un rôle qu'elles auraient tendance à s'approprier. «Personne à Scotstown ne peut se permettre de dire que c'est grâce à lui (elle) ou à cause de lui (elle) que je décide de quitter. C'est tout un ensemble de faits et de circonstances qui m'amènent à le faire».
«Je suis une battante et non une lâcheuse, mais je ne peux me permettre de continuer à mettre ma santé en jeu», écrit-elle dans sa lettre de démission. Elle conclut en fin d'entrevue par cette remarque tirée des actualités. «Quand j'ai vu Jack Layton se retirer pour s'occuper de soigner son cancer, j'ai compris que j'avais pris la bonne décision.»
Photo :
«J'ai été assermentée en septembre 2010, et dès le départ, les problèmes ont commencé», déplore Mme Prévèreau.