Que ce soit pour nettoyer une cour à bois de ses résidus, broyer des billots de moins de 20 pouces de diamètre, réduire en copeaux les palettes qui s'accumulent dans les centres de récupération, transformer en biomasse la matière ligneuse laissée pour compte, on peut compter sur Alain Grenier, propriétaire de Broyage Mobile Estrie, pour accomplir le travail. Depuis quelque 5 ans, il offre ses services partout au Québec.
M. Grenier a tout appris sur le tas. Il n'avait jamais conduit de camion ni travaillé avec une chargeuse, encore moins avec un broyeur. Auparavant, il avait oeuvré avec son père qui était mécanicien. «Avant de me lancer en affaires, expliquait-il, j'ai regardé ce qui se faisait dans le milieu du broyage du bois. Les machines utilisées étaient ou très grosses ou plutôt petites. J'ai remarqué qu'il y avait de la place pour des équipements de grosseur intermédiaire et mobile». Fort de cette constatation, et pour faire suite à des encouragements qu'il avait reçus, il s'est équipé de l'outillage nécessaire pour remplir ce créneau laissé vacant.
Il avait auparavant profité des expertises du Centre local de développement (CLD) et de la Fédération Canadienne des Jeunes Entrepreneurs (FCJE). La Société d'aide au développement de la collectivité (SADC) s'est elle aussi impliquée dans la réalisation du projet. Le monter, vérifier sa viabilité, effectuer les études de marché, trouver les sources de financement possible ont été quelques-unes des démarches qu'il a eues à réaliser.
Le broyeur de 440 chevaux-vapeur qu'il avait acheté, il l'a transformé pour augmenter le rendement. À sa chargeuse Komatsu à flèche longue, il a adapté une mâchoire «4/3» de marque Rotobec, qui pivote sur 360o, pour un chargement rapide de tout genre de matériaux. Le camion Sterling de 475 ch, qu'il utilise pour déplacer, en un seul voyage, toute sa machinerie, il l'a modifié tout en tenant compte des exigences du ministère des Transports concernant le poids par essieux, les spécificités sur la largeur du convoi, etc. Avec cet équipement, il peut, en moyenne, déchiqueter 150 tonnes de résidus par jour.
La camionnette de service qui suit sur tous les chantiers, «a été transformée en garage», ajoutait-il. M. Grenier et son employé, Maxime Provost, aussi opérateur du système, s'occupent de la maintenance et des réparations, «parce que, entre autres, par grands froids comme nous avons connus, le métal casse comme du verre». Le transport des copeaux, il le laisse aux camionneurs et aux sous-traitants. Ce partage des tâches, il le promeut. «En ce sens, tout le monde est le meilleur dans son domaine».
M. Grenier sait qu'il est à l'avant-garde dans l'industrie de la biomasse. «Le marché va devenir meilleur en fonction de la cherté de l'énergie produite à partir des ressources fossiles. Elle est en train de s'ajuster.
M. Grenier fait lui-même la sollicitation. Ses principaux clients se recrutent dans les centres de tri, les écocentres, les cours à bois et les chantiers de bûcheron. Les municipalités qui, entre autres, ouvrent de nouveaux quartiers constituent une clientèle intéressante. Des particuliers l'embauchent pour nettoyer leur propriété.
Ses sous-produits sont acheminés vers des papetières, des entreprises de compostage, des acheteurs de copeaux décoratifs et des propriétaires terriens qui veulent améliorer la qualité de leur sol en vue d'augmenter le rendement. Les acériculteurs se serviront des fibres pour neutraliser le ph de leur terrain, des producteurs forestiers vont les acheter pour fertiliser leurs plantations. Pour l'instant, sa production est peu ou pas utilisée pour en faire une biomasse énergétique. Peu chauffent avec des résidus de bois parce que les sources d'énergie conventionnelle sont encore relativement peu dispendieuses. La fabrication d'éthanol reste très marginale de même que la méthanisation.
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Le propriétaire, Alain Grenier, a modifié l'ensemble de sa machinerie, en respectant les exigences du ministère des Transports, pour augmenter le rendement et mieux répondre aux besoins des différents sites.