Animé d'un dynamisme incroyable, Maurille Robidas se retrouve dans une kyrielle d'activités. Son «terrain de jeu», parce que, partout où il œuvre, il y trouve du plaisir, c'est la région de St-Gérard. Et quand se présente un peu de temps libre, il est à la cuisine à préparer des croûtes de tarte ou des gâteaux aux carottes que s'arrachent littéralement les gens du coin. Ainsi, lors du dernier brunch, 50 de ses pâtisseries ont trouvé preneur. Pourtant, avant de s'établir à St-Gérard, il n'avait jamais fait la popote.
Né à Scotstown, il déménage à Sherbrooke pour entreprendre sa vie professionnelle chez Idéal Combustion où il commence comme technicien avant de devenir président de l'entreprise. Il y passe 25 ans. Mais ça ne lui suffit pas! En même temps, il cumule les fonctions de directeur des loisirs de Fleurimont pendant plus d'un quart de siècle. Son implication aux loisirs l'amène à relever de grands défis. Ainsi, à la suite d'une demande d'un immigré, il s'investit dans l'organisation du Festival des Traditions du Monde.
Pendant cinq mois, il s'entoure de quelque 400 bénévoles qui lancent l'activité. Il débute avec un budget de 100 000 $ provenant exclusivement du milieu. Il a recueilli ces fonds en sollicitant des commandites et en organisant un repas pour hommes d'affaires à 90 $ le couvert. Près de 1 000 convives s'y sont présentés. L'organisme a loué deux grands chapiteaux, comme maintenant d'ailleurs, pour la tenue de l'événement.
Il se rappelait les démarches qu'il avait entreprises pour trouver des orchestres «du monde». «Beaucoup de musiciens se produisaient dans les bouges de quartiers où se regroupaient certaines ethnies. Bien des fois, je marchais le dos au mur de crainte de recevoir des coups», contait-il en riant. Aujourd'hui, les groupes de musiciens se pressent aux portes du Festival, et même que, certains groupes ont débuté leur carrière en y participant.
À titre de résident de Fleurimont et directeur des loisirs de la ville, il est monté au front pour gagner à sa cause des centaines de personnes désireuses de voir se construire le Centre Julien-Ducharme et le gymnase double attenant. Ses relations avec le conseil municipal de l'époque facilitaient grandement ses démarches.
Encore aujourd'hui, M. Robidas est de toutes les corvées. La fabrique de la paroisse de St-Gérard, où il est marguillier, a entrepris de réparer le chœur de l'église. On l'y retrouve avec d'autres retraités. «Si ça peut aider...», laisse-t-il échapper avec de gros points de suspension dans le regard. «Dans les brunchs paroissiaux et ceux des Chevaliers de Colomb, il est sollicité comme s'il était un traiteur», avance Ginette Dubé, son épouse depuis 46 ans. Il donne de son temps au Centre d'Action bénévole, à la Campagne du pain partagé, à la Bougie de l'Espoir, à la Contribution volontaire annuelle, à la vente de billets pour financer les fabriques des quatre paroisses de Weedon. Avec sa verve flamboyante, il n'hésite pas à demander de l'aide ou de l'argent pour les œuvres qui lui tiennent à cœur. Il sait occuper son temps et bien plus encore. «Tout est possible», affirme-t-il. Et pour justifier son aisance à impliquer les autres dans ses activités de financement ou de bénévolat, il affirme haut et fort «que les autres aussi sont intelligents...», signifiant par là que ses voisins, ses connaissances, ses amis reconnaissent que les causes qu'il promeut sont valables pour apporter du mieux-être collectif.