La CRÉE tâte le pouls du milieu
Quelque quarante personnes se sont rassemblées à la salle communautaire de Cookshire pour prendre connaissance de la stratégie et des règlements d'aménagement durable du territoire forestier. L'initiative s'inscrit dans le cadre de la nouvelle loi déposée par Nathalie Normandeau, vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), en vigueur depuis le 1er avril 2010. La majorité des personnes présentes semblaient souscrire au contenu du document de consultation sur l'aménagement durable des forêts du Québec.
Maurice Bernier, président de la Conférence régionale des élus de l'Estrie (CRÉE), a insisté sur la nécessité de la consultation qui est en cours. Les gens intéressés au développement durable de cette ressource et de son territoire pourront émettre leurs opinions avant la rédaction définitive des règlements qui contraindront la nouvelle loi. Elle porte principalement sur la gestion de la forêt publique, bien qu'elle tienne compte de la forêt privée.
Dany Senay, ingénieur forestier et chargé de projet du Plan régional de développement intégré des ressources du territoire (PRDIRT), a présenté le cheminement historique qui a mené à la nouvelle loi sur l'aménagement durable. De la Commission Coulombe, en 2004, en passant par le livre vert déposé en 2008, toutes les informations et les résultats d'expériences colligées ont mené à la rédaction de cette dernière.
Normand Villeneuve, ingénieur forestier attaché au MRNF, a distingué les deux principales étapes du processus de consultation: présentation des Stratégies d'aménagement durable des forêts (SADF) qui encadreront les Règlements d'aménagement durable des forêts (RADF). Lorsqu'elle sera terminée, et que les règlements seront adoptés, le ministère procèdera à l'application des plans d'aménagement forestier intégrés requis pour 2013 à 2018.
M. Villeneuve a présenté la vision, les orientations et les objectifs des SADF qui visent la création de richesse et gestion intégrée des ressources. Elles s'adressent à différents groupes de gestionnaires et d'industriels, aux aménagistes qui oeuvrent sur des territoires publics ou privés. Tant les Autochtones que la population en général sont concernées et tous sont appelés à se prononcer sur ces stratégies afin que la forêt s'intègre dans le développement durable, la lutte aux changements climatiques, la protection des écosystèmes et de la faune sensibles aux modifications de leur environnement.
Seize principes encadrent les efforts mis dans le développement durable. Entre autres, santé et qualité de vie sont placées en parallèle avec les préoccupations sur l'équité et la solidarité sociale. L'internationalisation des coûts du bois, la promotion de ce matériau pour remplacer le béton et le ciment tant dans la construction résidentielle que commerciale, et ce, localement ou mondialement, favoriseraient la création d'emplois tant dans la gestion que l'exploitation de cette richesse.
Pour arriver à une meilleure gestion, M. Villeneuve a expliqué les critères d'aménagement durable à prendre en considération: conservation de la diversité biologique, maintien, amélioration de l'état et de la productivité des écosystèmes forestiers, la protection des sols et de l'eau en sont quelques-uns.
La tournée de consultation, a rappelé le préfet Bernier, veut colliger les attentes de la population. La cohabitation des diverses vocations de la forêt doit être inscrite dans la stratégie. Exploitation, habitation, loisirs, recherche et conservation seront mieux définis si les populations concernées les désignent lors de cet exercice.
Lors de la période de questions, Céline Gagné, mairesse de Lingwick, craignait que la monoculture sur de grandes surfaces (peuplement de peupliers hybrides, épinettes, pour l'exemple) affecte la santé des forêts privées. À cette préoccupation, M. Villeneuve rappelait le pouvoir des municipalités à le superviser. «De toute façon, ajoutait-il, le reboisement des terres privées est subventionné et doit répondre à un cadre bien défini». L'utilisation du bois comme énergie a été aussi mentionnée. M. Bernier a affirmé que des efforts seront faits pour améliorer ce marché. Les granules, provenant de la biomasse inutilisée, pourraient remplacer les carburants actuels (gaz naturel, mazout, charbon). Des projets sont étudiés pour convertir certaines institutions à cette source d'énergie renouvelable.
Toute personne qui veut se prononcer sur les stratégies à privilégier et les règlements à définir peut consulter le document au www.creestrie.qc.ca et faire part de leur avis sur le www.consultation-adf.mrnf.gouv.qc.ca