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  JOURNAL LE HAUT-SAINT-FRANÇOIS / La une

Daniel Langlois d'East Angus : tout une vie pour faire un homme à chevaux


14 janvier 2011
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Jean-Claude Vézina Par Jean-Claude Vézina
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Vendredi 14 janvier 2011

«Ça prend une vie pour faire un homme à chevaux», claironne Daniel Langlois, d'East Angus, dresseur de chevaux et pareur de sabots d'animaux. «Je me suis fait dire, dès mon enfance, que j'avais deux yeux pour regarder, deux oreilles pour écouter et une seule bouche pour parler», se rappelait-il. Mon oncle Claude m'a bien fait comprendre que je devais arrêter de placoter si je voulais réussir avec les chevaux, complétait-il en souriant.

M. Langlois a toujours mené deux passions de front: les chevaux et les chevaux-vapeur des moto-cross avec lesquels il a fait de la compétition au niveau québécois, et des semi-remorques qu'il conduit pour compléter ses revenus. Mais rapidement, il revient à sa passion première, celle d'être un «homme à cheval», c'est-à-dire un dresseur et un soigneur, et non un cavalier.

Pour parodier Obélix, «il est tombé dedans quand il était jeune». Il a baigné dans cet environnement équestre à la maison où son père gardait des petits chevaux. À douze ans, sa passion était telle qu'il s'était engagé à prendre soin des chevaux des autres qu'il attelait ou sellait en cachette.

C'est à cette époque qu'il a commencé à yarder (convoyer) les billots dans les chantiers. Il s'assoyait sur le cheval pour le guider de la cour à bois au bûcher où son oncle enchaînait le billot parce qu'il était trop petit pour remonter facilement dessus. Il s'appuyait sur les fesses de la bête pour observer les manœuvres. Plus tard, il a travaillé pour le groupement forestier où il a perfectionné ses apprentissages au contact d'autres bûcherons qui maîtrisaient l'art de travailler avec le cheval soit à la parole ou aux guides.

«Reste que mon meilleur professeur fut ma conjointe Sandra», confiait-il. Elle m'a fait promettre que jamais un cheval ne blesserait une des trois filles du couple. Fort de ce mandat, M. Langlois en est revenu aux premiers conseils qu'il avait reçus: écoute, regarde, mais ne parle pas quand tu dresses un cheval. C'est comme ça que j'en suis venu à être reconnu comme un bon dresseur.

M. Langlois a commencé sa carrière sur la ferme Tremcel où il s'est spécialisé dans les chevaux canadiens de race. Importés au Québec dès le début de la colonisation, ils se sont adaptés aux rudes conditions climatiques du pays en modifiant leur morphologie, qui, au fil des siècles, s'est stabilisée pour en faire ce «petit cheval de fer» qu'on connaît aujourd'hui. Aux environs de 1970, il était considéré comme en voie d'extinction. Grâce à des passionnés de la race, on en dénombre quelque 3000 aujourd'hui.

De fil en aiguille, et après avoir fait remporter de nombreux prix aux éleveurs pour qui il préparait les bêtes aux différentes expositions équestres ou agricoles québécoises, il s'est arrêté à Bromptonville pour dresser Nordick, un jeune étalon canadien trop rétif pour être sécuritaire à utiliser. D'ailleurs, le frère de Manon Laporte, propriétaire de la bête, a appelé M. Langlois pour dresser le fougueux animal tant il craignait pour sa sœur.

M. Langlois raconte les quelque cinq années de dressage sur mesure de l'impétueux poulain. «Il a fallu qu'il s'habitue à ma présence d'abord et que je gagne sa confiance», rappelait-il. Ce fut un long travail. Il avait pour but d'établir une bonne connivence entre la bête et l'homme. Par la suite, il est passé au dressage au sol comme dans le cas du dressage d'un chien pour MIRA pour l'exemple. «Au licou, le cheval devait apprendre à marcher derrière moi, la tête toujours près de mon épaule, sans jamais s'en éloigner. Au signal, il devait s'arrêter pile. Je lui ai appris à donner la patte et à conserver un port de queue dressé tout en ayant la tête haute et les oreilles bien droites».
Au bout de cinq ans d'entraînement, M. Langlois a refusé de présenter l'étalon à une compétition, comme le demandait sa propriétaire. Il lui a fait comprendre que deux autres années seraient nécessaires pour en faire un champion.

Après le dressage au sol, il lui a appris à fonctionner sellé ou attelé. Toutes ces étapes de dressage ont fait en sorte que, lorsqu'à l'âge de 7 ans, il a présenté l'animal à l'Exposition de Québec, il a remporté le premier prix dans les trois catégories jugées. Un exploit en soi!

Le prestige de ce prix rejaillit à la fois sur la propriétaire qui voit son animal prendre une grande valeur et sur le dresseur qui se sait récompensé et reconnu pour la qualité de son travail. M. Langlois se propose bien de continuer à dresser des chevaux. Sa connaissance de la famille des équidés, il la développe encore et encore.

Photo :
Daniel Langlois pose fièrement au côté de l'étalon primé, Nordick.


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