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  JOURNAL LE HAUT-SAINT-FRANÇOIS / La une

Sapins de Noël : des pépiniéristes à l'ouvrage à la Plantation L. J. Spooner


25 novembre 2010
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Jean-Claude Vézina Par Jean-Claude Vézina
info@journalhsf.com
Jeudi 25 novembre 2010

Les producteurs d'arbres de Noël en sont tous au dernier tournant et à la Plantation L.J. Spooner, de La Patrie, on ne fait pas exception. Les livraisons sont commencées et il reste encore des sapins à récolter beau temps, mauvais temps. Il faut se dépêcher. Le temps est compté pour cette industrie canadienne qui en produit quelque 18 millions (statistiques 2008) pour une valeur, au prix de gros, de plus de 35 M$ (stat. 2006) d'arbres de Noël. À lui seul, le Québec en produit près de la moitié pour un chiffre d'affaires de plus de 18 M$.

À la Plantation de Luce Choquette et Jacques Spooner, les hommes donnent un dernier coup de collier pour terminer l'emballage des arbres tronçonnés afin de compléter le carnet de commandes. Quelques retardataires se pointent le bout du nez. Trouveront-ils des arbres pour leur échoppe québécoise? Parce qu'il faut le dire, une grande partie de la production québécoise est destinée au marché américain.

Pluies glaciales, bordées de neige, coups de chaleur! Il faut couper malgré ses contraintes. Seuls le verglas et une neige trop abondante peuvent retarder la récolte. Quand arrive le temps, tout doit se faire rapidement et le plus tard possible. Pas question de couper l'arbre décoratif en septembre, il sécherait. Penchés sur leur scie à chaîne, les bûcherons abattent les sapins qui sont branchus jusqu'à la base. Ce n'est pas comme abattre un arbre mature dont la base est dégagée, il faut atteindre le tronc à force de contorsions. Puis suit le «boeuf», cet homme qui tire le fardeau jusqu'au bord du chemin où une équipe procède à son emballage et à son chargement. Ce travail exige beaucoup des employés qui sont mouillés et transis de froid jusqu'au soir, bien souvent quand le climat les contrarie.

Dans la cour, où ils seront entreposés, d'autres hommes procèdent au déchargement et au classement en fonction de la hauteur. Un à un, ses sapins aux branches denses et qui pèsent leur bon poids sont appuyés contre une clôture qui les maintient debout en attendant le semi-remorque qu'on chargera avec un convoyeur. D'autres hommes s'empareront d'eux pour les corder jusqu'à hauteur des «catins» ces tiges de métal qui retient la charge sur le camion.

Le travail qui mène au sapin mature ne se limite pas à ces travaux automnaux. Ils n'en sont que la conclusion. Il aura fallu de huit et dix ans de soins divers pour en arriver à en faire la décoration principale du temps des fêtes. Luce Choquette, copropriétaire de la Plantation L. J. Spooner, décrit les étapes qui mènent au produit fini: préparation du champ, plantation des arbrisseaux, épandage modéré d'herbicides et insecticides pour éviter que pucerons et mauvaises herbes nuisent à la croissance du plant. En fonction des résultats de l'analyse des différentes sections des champs, on étend de l'engrais chimique pour remplacer les minéraux captés par les précédentes productions.

Puis il y a la taille, cette étape cruciale, qui permet à l'arbre d'aborder la prestance qu'on lui connaît. «Il s'agit là d'un travail minutieux. Chaque employé doit observer les consignes des propriétaires pour mener à bien cette étape», nous explique Mme Choquette. Pour que l'arbre soit fourni, il faut couper une partie de la jeune pousse, et pas question de toucher la cime, ce qui aurait pour conséquence d'avoir un sapin avec plusieurs têtes.

Malgré tous ces bons soins répétés chaque année jusqu'à la récolte, le sapin de Noël subit les aléas de dame Nature. Un gel tardif au printemps brûle les bouts des jeunes branches qui rougissent. Cette année, ce fut le cas. Ces arbres ne pourront pas être vendus l'année même. Ce hasard thermique, tout comme le verglas d'ailleurs, cause une diminution de revenu importante, surtout si la plantation entière subit les conséquences de cette froidure importune. Ces pertes, contrairement à celles subies par les cultivateurs, ne sont pas assurables.

«On ne s'improvise pas producteurs d'arbres de Noël», nous confie Mme Choquette. «Il s'agit d'un travail sérieux qui ne laisse pas de place au relâchement. Quand on pense que l'arbre planté en 2010 sera en mis sur le marché en 2018, il faut penser au sérieux de l'investissement, qu'on peut qualifier de dangereux», laisse-t-elle entendre.

Mme Choquette insiste pour témoigner de l'importance d'une solide équipe qui appuie l'entreprise. «Toutes ces étapes de production ne peuvent se réaliser sans le concours de bons et fidèles employés. Par leur dynamisme et leur goût du travail bien fait, ils contribuent au succès de l'entreprise». Il faut ajouter que l'estime que Jacques Spooner et Luce Choquette ont à l'égard de leur équipe se manifeste par toute l'attention qu'ils portent pour assurer aux employés un milieu de travail sain et sécuritaire. Il fallait entendre ce commentaire spontané d'un employé qui retournait au producteur le compliment. «C'est l'fun travailler ici, on est bien traité».

Malgré une baisse marquée dans la production d'arbres de Noël canadiens, qui est passée d'un peu moins de 15 millions en 2001 à presque 9 millions en 2008, le travail n'arrête pas et le sprint final exige beaucoup des hommes et des producteurs.

Photo :
À gauche, Jacques Spooner, copropriétaire de l'entreprise, met la main à la pâte en aidant Marc Brochu à l'emballage.


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