Avec un groupe de collègues et d'étudiants, Isabelle Gendron, docteur en chiropratique et forte d'une expérience de quelque vingt ans, s'est évertuée pendant plusieurs jours à soulager des Équatoriens et des Boliviens des maux que leur imposent leurs pénibles conditions de travail.
En 2008, avec l'organisme Chiropratique Sans Frontières, Mme Gendron a entrepris son premier voyage en Équateur. Lors d'un congrès, elle avait appris l'existence de cet organisme caritatif. Comme elle avait été sage tout au long de ses études et qu'elle n'avait pas voyagé, confiait-elle, elle s'est dit que c'était la meilleure occasion pour le faire tout en rendant service aux gens.
Avec une dizaine d'autres chiropraticiens diplômés et étudiants, principalement du Québec, elle s'est rendue la première fois en Équateur. Elle a répété l'expérience un peu plus tard, mais cette fois en Bolivie. «Les pauvres de ces pays ont peu accès aux médicaments pour se soigner ou pour soulager leurs douleurs», rappelait-elle. «Les manipulations musculo-squelettiques que nous faisons permettent de soulager bien des maux sans qu'il soit nécessaire de prendre des médicaments», ajoutait-elle. Elle donnait en exemple les douleurs sciatiques qui sont atténuées par ce genre d'actions.
Mme Gendron rapportait les pénibles conditions de travail que doivent subir les personnes pauvres qui vivent dans ces pays. Porter de lourdes charges, s'éreinter au jardinage, déambuler sur de longues distances, etc. sont le lot de ces gens. «Vient un temps où leurs vertèbres fusionnent, leur faisant subir les affres des douleurs. Notre travail de manipulations peut les aider à trouver un certain mieux-être, même s'il est souvent trop tard pour les guérir», donnait-elle en exemple.
Elle rapportait avoir vu des personnes avec un cancer avancé qui se présentaient à leur clinique extérieure. «Nous ne pouvions plus rien faire pour elles que de leur apporter un certain soulagement, bien temporaire hélas», se rappelait-elle. En Bolivie principalement, elle a constaté des maux plus profonds qu'en Équateur. Elle se remémorait que lors de ce voyage, des gens avaient effectué des trajets de 8 à 12 heures pour recevoir des traitements. Quand elle et ses pairs arrivaient le matin, ils voyaient de longues files de patients qui attendaient espérant être soulagés. Ensemble, ils ont traité plus de 3 000 personnes durant leur séjour.
Sous peu, Mme Gendron prévoit aller en Tanzanie rendre les mêmes services. Selon elle, les besoins sont très grands partout autour de la planète. Elle souhaite aider les gens en collaboration avec l'organisme Chiropratique Sans Frontières qui est supervisé par l'Agence canadienne de développement international (ACDI), même si elle doit défrayer entièrement les coûts du voyage.