Débâtir ou restaurer le barrage de Sawyerville? Telle est la question sur laquelle devront se pencher les autorités municipales et les citoyens de ce secteur de la ville de Cookshire-Eaton. Mais auparavant, ils ont été conviés à assister à une soirée d'information organisée par la firme Labo SM inc. sur l'avenir de cette structure.
Une trentaine de personnes ont écouté attentivement les informations fournies par François Saint-Pierre et Éric Olivier de la firme. M. Saint-Pierre expliquait, entre autres, la loi gouvernementale c.s-3.1.01 en vigueur depuis avril 2002 qui régit la gestion des barrages. Éric Olivier pour sa part s'est penché sur l'aspect environnemental de la présentation et Yves Tremblay, inspecteur municipal pour Cookshire-Eaton, a assuré le bon fonctionnement de la soirée.
Une étude géotechnique, d'un coût évalué à 10 000 $, sera entreprise avant d'offrir à la population deux choix: le débâtir ou conserver l'ouvrage sauf les vannes. En l'absence de documentation précise sur le barrage, la firme doit caractériser les matériaux endommagés, connaître le cœur du barrage qui est recouvert de béton et procurer une étude hydraulique ou de stabilité du barrage.
Cette construction que la municipalité a reconstruite en 1966 est qualifiée de barrage à forte contenance, de classe D, et de niveau faible de conséquences, ce qui, très grossièrement expliqué, signifie que si le barrage cédait, il y aurait des conséquences relativement mineures: quelques résidences inondées, des ponts menacés, de l'érosion plus ou moins marquée, etc. Mais les risques sont présents. Endommager des propriétés, causer des blessures ou la mort qu'entraînerait la rupture d'un barrage rendent prudent le gouvernement qui ne prend pas de chance. Il impose à la population de résoudre le problème selon les deux scénarios proposés plus haut.
Si l'ouvrage est conservé, sauf les vannes, le déversoir du barrage resterait le même. Il n'y aura pas ou peu de dommages causés à l'environnement dans les milieux humides en amont. Par contre en démolissant le déversoir, le niveau d'eau baisserait d'environ 1,5 m et l'environnement actuel serait menacé. Les rives en aval s'éroderaient parce qu'elles seraient soumises aux crues.
Les coûts des scénarios qui sont basés sur l'hypothèse que l'ouvrage est formé d'un massif en béton sur roc diffèrent. La destruction du barrage coûterait 478 000 $ tandis que sa réfection engendrerait des coûts estimés à 806 000 $.
Plusieurs citoyens ont posé la question à savoir si le gouvernement participerait entièrement ou partiellement aux dépenses reliées aux réfections ou démolitions du barrage. La réponse formulée fut de ne pas fonder d'espoir sur le sujet. La municipalité de Cookshire-Eaton aurait à assumer entièrement les dépenses encourues.
Interrogé à la fin de l'assemblée, Noël Landry, maire de la municipalité, retenait ses commentaires. Il attendra de connaître l'ensemble des informations justifiant l'un ou l'autre choix avant de se prononcer.
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La destruction du barrage coûterait 478 000 $ tandis que sa réfection engendrerait des coûts estimés à 806 000 $.