Invités à se rassembler pour se souvenir des temps passés, près de 250 anciens et actuels résidants de Scotstown, qui ont étudié au High School de la ville, ont profité de l'occasion pour renouer connaissance autour d'un imposant méchoui, il y a peu. Une soixantaine de «clann» et «septs», tous identifiés par leur tartan, y étaient représentés. Certains venaient d'aussi loin que la Floride ou la Colombie-Britannique. Ils ont été accueillis en grande pompe sur les terrains des Irving, en bordure de la rivière au Saumon.
Cette période de réjouissance fut suivie, le dimanche midi, par de la bénédiction des tartans, cette pièce de tissu tramée aux couleurs du clan. Rod «Bing» Mac Iver dirigeait la cérémonie. Paradant aux sons de la cornemuse, chaque famille a fièrement présenté aux spectateurs son signe distinctif. Ceux-ci furent disposés côte à côte pendant tout le temps de la cérémonie protocolaire. Mary White, encadrée de tous les tartans, dans un décor bucolique, a livré deux hymnes écossais a cappella, pour le plus grand bonheur des toutes les personnes réunies.
Dans son discours, M. Mac Iver a rappelé la tragique bataille de Culloden contre les Anglais, le 16 avril 1746. Les conséquences furent tragiques pour les Highlanders et les Islanders d'Écosse, dirigés par Prince Charles Edward Stuart, aussi connu sous l'appellation de Bonnie Prince Charlie. Près du tiers des troupes écossaises périrent ce jour-là.
Le «Disarming act» qui a suivi cette bataille se voulait une façon de contraindre l'esprit écossais. Les chefs de clans ont été exécutés ou déportés vers l'Amérique, l'organisation sociale détruite, les cornemuses prohibées parce qu'elle représentait «un instrument de guerre». Toutes les armes furent saisies.
Pire aux yeux des Écossais, le kilt, le plaid, ou tout autre vêtement fait avec le tartan, ne pouvait plus être porté, sous peine que celui qui l'arborait soit fusillé à vue. Finalement, tous devaient prêter serment de ne plus porter d'armes ou de signes distinctifs les identifiant comme appartenant à un clan, sous peine d'être expatriés.
Pour passer outre à ces contraintes, les Écossais portaient une pièce de leur tartan, sous leur vêtement, près de leur cœur et le dimanche, à un moment convenu à l'avance, un ministre du culte les bénissait sans que cela paraisse. C'est ce qui fut à l'origine du «Kirking of the Tartan», la cérémonie qui s'est déroulée sur les terres des Irving à Scotstown, qui consistait à bénir, ouvertement cette fois, les tartans des «clann» et des «septs». Le révérend Ron West a sacralisé l'événement.
M. Mac Iver soulignait l'importance de la présence écossaise à Scostown même. En plus des toponymes tels Mac Leods crossing, Scotch road, Mac Arthurs corner, etc., il soulignait le fait, qu'entre autres, la rue Albert avait abrité 35 familles d'Écossais.
Lina Irving, une des organisatrices du Ceilidh (rassemblement) de Scotstown, s'avouait fatiguée, mais ô combien heureuse de voir tous ces gens réunis pour se souvenir et perpétuer une tradition chère aux Écossais, nombreux d'ailleurs dans d'autres municipalités autour de Scotstown.
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Quatre génération d'Écossais portent les tartans de leur clan respectif