Lors d'une assemblée générale, qui s'est tenue hier soir, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d'hébergement privés de l'Estrie - CSN section Manoir de Sherbrooke ont rejeté à 93 % les offres de leur employeur qu'ils jugent nettement insuffisantes, voir même offensantes.
Les principales clauses qui achoppent sont principalement d'ordre pécuniaire. Alors que certains employés, sur une base obligatoire, doivent parfois effectuer 16 heures consécutives de travail, l'employeur refuse toute forme de rémunérations supplémentaires pour ces travailleuses et travailleurs.
Les primes de fin de semaine, soir et nuit sont aussi au cœur du litige. À ce sujet, Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie déclare : « Tous les centres d'hébergement privés de la région, syndiqués à la CSN, accordent à ses salariés de telles primes. Il semble qu'il n'y ait qu'aux Résidences Manoir de Sherbrooke où la conciliation famille-travail n'a aucune importance aux yeux de l'employeur. Ces travailleuses et travailleurs ne refusent pas d'effectuer leur travail dans un cadre d'horaires atypiques, ils veulent seulement, comme bon nombre d'employés de ce secteur, être indemnisés pour cette très grande disponibilité. »
« Et pour ajouter l'insulte à l'injure, ajoute-t-il, l'employeur a distribué un communiqué à ses employés de même qu'aux bénéficiaires en y inscrivant qu'il offre un boni de signature équivalent à 76 000 $ à être partagé entre les employés. Somme, qui à première vue, pourrait paraître considérable, mais dans les faits, ce qui n'est pas dit dans ce communiqué, c'est que la convention collective est échue depuis le 3 juillet 2010. Or, l'employeur refuse de rétroagir à cette date, ainsi l'augmentation salariale de 3 % s'appliquerait seulement qu'à compter du 1er novembre 2011. Il est donc évident que les employés estiment que plus d'an de travail ne doit pas être balayé ainsi et être simplement racheté par une maigre compensation forfaitaire. J'invite donc l'employeur à se rasseoir à la table de négociation et démontrer plus d'ouverture relativement à des demandes, que nous estimons plus que légitimes. »
On se rappelle qu'au mois de mai dernier les parties ont réclamé l'intervention d'un conciliateur afin de dénouer l'impasse de cette négociation.
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d'hébergement privés de l'Estrie - CSN compte 210 membres dans 6 centres d'hébergement privés en Estrie. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, à la Fédération de la santé et des services publics - CSN et au Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie.
Source : Denis Beaudin