L'humoriste Rachid Badouri est un chouchou des Québécois. En 2004, il décide de créer un DVD promotionnel le mettant en vedette. Heureusement pour nous, les gens de Juste pour Rire ont eu la bonne idée de le visionner, ils ont rapidement constaté que le jeune Badouri avait de la gueule et du talent. À partir de ses premières apparitions au Festival Juste pour Rire, tout a déboulé très rapidement. Le gala des Olivier le couronne révélation de l'année en 2006. Son premier one man show (rodé au Vieux clocher de Magog), Arrête ton cinéma, c'est promené partout au Québec pendant un long moment.
Depuis quelques mois, il est à l'affiche en France et cela va se poursuivre jusqu'en mars. Nos cousins français craquent pour Rachid! «Grâce à Facebook, je constate que le public français est de plus en plus grand... Au départ, j'en avais 700 environ, maintenant j'en ai plus de 7000! Tout va vraiment bien! Le public là-bas consomme beaucoup d'humour. Le format des spectacles est différent de ce que nous avons ici. Ce sont des soirées de 1h15, sans entracte. La salle où je suis, nous sommes trois humoristes par soir. Ça attire beaucoup de gens. En plus, nous devons faire des rappels et comme j'ai plus de deux heures de show, je peux en offrir plus! Ils pensent que j'improvise soir après soir, c'est rigolo!»
Pour les gens d'ici, il faudra attendre en 2013 pour du nouveau matériel. D'ici là, Rachid Badouri voudrait plancher sur des projets au cinéma et à la télévision. Avoir autant de succès si rapidement peut mettre un peu de pression pour l'écriture de nouveau matériel. «C'est vrai que j'ai un beau bassin de fans, c'est un atout, les gens m'aiment un peu déjà! Mais, cela apporte son lot de pression... Je me dois d'offrir des textes de qualité, qui ne vont pas décevoir. Je me dois d'utiliser cette pression pour me dépasser. J'ai remarqué, en regardant aller d'autres humoristes comme Louis-José Houde, que le standard ici, c'est d'être malade du détail. Je suis perfectionniste et je tiens à donner le meilleur de moi-même et surtout, je veux amuser les gens!» Rachid Badouri teste son nouveau matériel avec ses proches et il n'hésite pas à retravailler les punchs plusieurs fois.
Période mouvementée
L'été dernier, Rachid Badouri a convolé en justes noces avec sa bien-aimée. Quelques semaines plus tard, sa mère décédait d'un cancer. Deux moments forts pour l'artiste. «Je suis quelqu'un de très spirituel. Je crois que pour atteindre un certain bonheur, il y a aussi un prix à payer. Ce que j'appelle un brisement. Ces dernières années, tout ce que j'ai touché s'est transformé en quelque chose d'extraordinaire. J'ai une superbe relation avec le public, j'ai des projets emballants, j'ai trouvé l'amour. Je suis gâté. Malheureusement, au moment où je croyais vivre un conte de fées, ma mère nous a quittés. Le mariage est une grosse étape dans une vie, c'est une tornade d'émotions. Et perdre l'autre femme de ma vie, c'était aussi une tornade. Mon père disait ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Je trouvais cette phrase clichée et un peu ridicule, mais après cet été j'ai compris tout son sens. Le fameux brisement qui amène ailleurs, c'est le décès de ma mère. Aujourd'hui, je suis plus philosophe, plus près du bonheur de tous les jours. Je suis beaucoup plus fort et j'ai gagné en maturité. Cela va paraître dans mes prochains projets.»
Vous pouvez suivre Rachid Badouri sur Facebook et au www.rachid-badouri.com.