Le trio de Québec, fan de la musique manouche, nous arrive avec un troisième album Gypsy Kameleon. Après avoir vendu plus 500 000 exemplaires sur la planète des deux premiers albums, comment faire pour renouveler la formule sans la dénaturer ? En ajoutant d'autres instruments et en invitant quelques musiciens qui ont travaillé avec Elton John et les regrettés Johnny Cash et Georges Harrison.
Bien évidemment, le son manouche reste le même, mais dès la première écoute vous remarquerez que les membres de la formation maîtrise encore plus le style et surprennent avec la clarinette, le banjo et une guitare supplémentaire.
Les Lost Fingers nous offrent des classiques des années 80. Le choix des titres est plutôt agréable et passablement plus musclé que sur les albums précédents. Sunglasses at night ouvre l'album et la suite sera tout aussi entraînante. Il semblerait que Corey Hart ait grandement apprécié cette relecture. D'ailleurs, plusieurs artistes d'ici se trouvent sur Gypsy Kameleon. Rush, Bryan Adams, Men Without Hats et Glass Tiger côtoient Madonna, Rick Astley et Culture Club. Christian, guitariste du groupe : «Les années 80 sont encore à l'honneur, mais nous tenions à présenter plus de chanson canadienne et nous voulions pousser plus loin notre travail d'interprétation.»
Lost autour du monde
L'enregistrement s'est fait en octobre dernier entre deux séries de spectacles aux quatre coins du monde. «Nous étions aux États-Unis et nous sommes allés en Europe entre l'enregistrement et la sortie de l'album. Nous sommes constamment dans nos valises.»
L'Ouest canadien a aussi craqué pour le jazz manouche des Lost Fingers. «Même si nous jouons majoritairement devant un public anglophone dans l'ouest du pays, il est agréable de retrouver quelques communautés francophones, dans tous les cas, nous offrons quelques titres en français et la chanson qui a la plus forte réaction est La dame en bleu !».
Le trio s'est produit à Moscou, Madrid, Istanbul, New York. 210 prestations en 2010 partout sur la planète. «À chacun de nos concerts à l'étranger, il y a un petit noyau de gens qui connaît notre style et nos reprises, mais la majorité nous découvre et c'est agréable de constater que les salles sont pleines et qu'à la fin de la soirée tout le monde est debout et demande un rappel!»
L'année 2011 sera aussi chargée pour la formation. Plusieurs spectacles à l'agenda pour le Québec et le Canada anglais. Dans les prochaines semaines, les trois comparses rencontreront des gens de l'industrie à New York. Aussi au printemps, place au marché français. Des reprises de succès de Niagara et Indochine seront ajoutées pour nos cousins de l'hexagone. Et à travers tous ces engagements, des nouvelles chansons plus rock, puisées dans le répertoire de Kiss, Metallica et Iron Maiden.