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Chaque
voyage commence de la même façon : une poignée de mini-bouteilles, la plupart
achetées pour la valise et destinées à la poubelle une ou deux semaines après
le retour. Les formats voyage sont l'une des sources de déchets de plastique
les plus négligées d'un voyageur, précisément parce que chaque bouteille est
assez petite pour sembler sans conséquence. Repenser cette habitude, avec des
produits solides, des contenants rechargeables et des formules sans parfum, est
un petit changement qui compte sur une année de déplacements réguliers.
Ce texte
explique pourquoi les minis pèsent plus qu'on le pense, ce que le sans parfum
change en avion et en chambre partagée, et à quoi ressemble une trousse bâtie
autour des essentiels de voyage sans parfum et sans plastique plutôt qu'autour du rayon voyage de la pharmacie.
Pourquoi les formats voyage sont un
problème plus gros qu'ils en ont l'air
Une
bouteille de shampoing pleine grandeur se remplace tous les deux ou trois mois.
Une mini achetée pour un seul voyage est utilisée une fois, à moitié vidée,
puis oubliée dans un tiroir ou jetée quand elle n'est plus pratique à
transporter. Multiplié par le shampoing, le revitalisant, le gel douche, la
lotion et l'écran solaire, un voyageur fréquent accumule une quantité
surprenante d'emballages jetables à partir de sa seule trousse, en plus de tout
ce qu'il achète à la maison.
Les
restrictions sur les liquides expliquent une bonne partie du comportement.
Comme les contenants de plus de 100 millilitres ne passent pas en bagage de
cabine, les voyageurs achètent des minis jetables par défaut plutôt que de
remplir un contenant durable à partir de ce qu'ils possèdent déjà, alors que
des options rechargeables existent pour presque toutes les catégories.
Et la
plupart de ces minis sont trop petites pour être triées par les systèmes
municipaux de recyclage, ce qui veut dire que leur destination réaliste est
l'enfouissement, pas une deuxième vie.
Le sans parfum en voyage, un argument
pratique avant d'être éthique
L'air de
cabine est plus sec et plus recyclé que l'air qu'on respire à la maison, et il
rend la peau et les sinus plus réactifs. Un parfum à peine perceptible chez soi
paraît beaucoup plus fort dans un espace clos, un avion, une chambre d'hôtel
partagée, une salle de bain d'auberge bondée, autant pour la personne qui le
porte que pour le voisin de siège.
Les
produits sans parfum contournent le problème. Ils ne se mélangent pas non plus
à l'écran solaire, au chasse-moustiques ou au parfum comme le fait un produit
fortement parfumé, ce qui compte plus qu'on le croit quand plusieurs produits
partagent le même sac. Pour les gens sensibles aux odeurs, et pour ceux qui
voyagent avec eux, c'est la différence entre un vol tolérable et un vol
pénible.
Le solide règle une bonne partie du
problème à lui seul
Les
produits en format solide sont la solution la plus simple aux minis. Un pain de
savon, un shampoing en barre, une lotion en barre ou un déodorant en tube de
papier prennent moins de place qu'une bouteille, ne comptent pas dans la limite
de liquides, ne coulent pas dans la valise et durent souvent plus longtemps par
voyage que leur équivalent liquide. Un sac de transport étanche et respirant
pour le savon, qui laisse sécher la barre entre deux utilisations, règle le
seul inconvénient du format.
Une
trousse bâtie sur le solide contient généralement :
-
Un pain de savon pour le corps et, au besoin, pour les mains.
-
Un shampoing en
barre, qui remplace la mini de shampoing et souvent
celle de revitalisant.
-
Une lotion ou un
baume en barre, qui ne compte pas comme
liquide.
-
Un déodorant en
tube de carton recyclable, sans plastique.
-
Un sac de séchage pour les barres, et une pochette séparée pour tout ce qui pourrait
couler.
Ce qui
reste liquide, la crème solaire par exemple, va dans un ou deux petits
contenants durables remplis à la maison avant le départ, à partir du format
pleine grandeur.
Le rechargeable pour le reste
La version
durable d'une trousse ne repose pas sur des minis, mais sur quelques contenants
réutilisables qu'on remplit avant chaque départ à partir des produits de tous
les jours. Quand ces produits sont eux-mêmes offerts en recharges plutôt qu'en bouteilles neuves, la boucle est complète : le contenant
de la maison se remplit à la recharge, le contenant de voyage se remplit à la
maison, et rien n'est jeté après le voyage.
C'est la
même logique que pour la lessive ou le savon à vaisselle : le contenant est
l'objet durable, le produit est le consommable. Une fois qu'on l'a intégrée
pour la maison, l'étendre à la valise ne demande qu'un contenant de plus.
Ce que ça coûte par rapport aux minis
Un
ensemble de contenants de voyage durables est un achat unique, et il se
rembourse en quelques voyages par rapport à un jeu de minis neuves à chaque
départ. Le calcul n'est pas spectaculaire sur un seul voyage, quelques dollars
ici et là, mais il s'accumule comme n'importe quel petit achat récurrent sur
une année de déplacements. Les barres, elles, coûtent souvent moins par lavage
que leur version liquide, et elles n'ont pas de format « voyage » à surpayer.
La plus
grande différence se voit dans la trousse elle-même : moins de bouteilles à
moitié vides qui s'entrechoquent, rien qui coule, et rien à jeter au retour.
Le reste d'une valise à faible impact
La trousse
est une pièce d'une habitude plus large, et la même logique s'étend d'elle-même
une fois installée. Un sac en tissu pliable pour le linge sale au lieu du sac
de plastique de l'hôtel, une bouteille d'eau réutilisable au lieu de l'eau
embouteillée à l'aéroport, des cubes de rangement en tissu au lieu des sacs à
fermeture jetables pour organiser la valise. Rien de compliqué, et la plupart
de ces choix améliorent l'organisation de la valise indépendamment de l'aspect
environnemental.
En faire une habitude, pas un achat unique
Le plus
difficile n'est pas l'achat; c'est la routine d'avant-départ. Des contenants
rechargeables ne servent que s'ils sont remplis avant chaque voyage, ce qui
suppose un endroit où ils sont visibles la veille plutôt qu'enfouis dans un
tiroir. Une bonne partie de la valeur se perd si l'ensemble finit vide dans un
placard après le premier voyage.
Une
habitude qui tient : garder la trousse et les contenants dans le même tiroir
que la valise, pour que le remplissage fasse partie de l'emballage plutôt que
d'être une tâche à part, facile à oublier la veille d'un vol matinal. Une fois
les barres et les contenants achetés, l'habitude ne coûte rien de plus et
retire, voyage après voyage, une petite source constante de plastique. Préparer
une fois, remplir souvent, voyager plus léger en emballages.