Depuis 1929, le Théâtre Granada a permis à la population sherbrookoise de voir une multitude de spectacles de grands artistes. Cette bâtisse qui est reconnue patrimonialement par le gouvernement canadien a vécu ses dernières années sous les rênes d'Alain de Lafontaine comme directeur général et artistique. Mais qui est donc cet homme?
À l'école primaire, ce Sherbrookois d'origine n'était pas l'élève modèle. Avec son esprit vif et sa capacité à assimiler la matière rapidement, il était plutôt de ceux qui... dérangeaient. Ce n'est que quelques années plus tard qu'Alain s'est découvert un goût pour les arts.
Pendant ses études à l'école Montcalm, il faisait partie de la radio étudiante en plus d'organiser les partys ou les activités culturelles. Son leadership et son attirance pour les arts lui ont valu de belles réussites. Par la suite, il a continué ses études au Cégep et enfin à l'Université de Sherbrooke en administration.
Le travail
Une fois son diplôme obtenu, Alain a écouté son cœur et est devenu un artisan dans le domaine du vêtement et des sandales. Pendant ce temps, il en profitait pour organiser des tournées de théâtre.
Une dizaine d'années plus tard, Alain et quelques copains ont décidé de fonder le Loubards sur la rue Alexandre. Ce lieu dédié aux gens dans la trentaine possédait plusieurs sections. Il y avait le bar, la discothèque et le restaurant à l'étage. De plus, c'était l'endroit rêvé pour y organiser des «5 à 7» jazzés.
Une dizaine d'années plus tard, Alain a eu le goût de prendre une année sabbatique pour réfléchir à son avenir. Ce fut donc le moment idéal pour lui de se consacrer à l'écriture d'un roman «Bars et âmes».
À la suite de ce moment de répit, l'artiste a décidé qu'il était temps de faire autre chose. Il a vendu ses parts du petit bar qu'il avait tant adoré pour ouvrir un petit café à North Hatley.
Une aventure solitaire
C'est en 1996 que le Café de Lafontaine a ouvert ses portes. Alain a continué à se consacrer à sa passion : les arts. Il avait un énorme plaisir à coordonner des soupers spectacles. Pendant sept années, il s'est plu à faire fredonner des milliers de personnes.
Cependant, la dernière année a été celle la plus occupée. Ayant accepté le défi de directeur général et artistique du Granada, Alain s'est vu dans l'obligation de fermer le café pour se consacrer pleinement au Théâtre Granada.
Un autre défi
La décision de chausser deux bottes différentes n'était pas une crainte, mais plutôt une motivation. Le monde artistique était un terrain connu autant que l'organisation de soupers. Dès le début, Alain se sentait comme un poisson dans l'eau malgré la mission qu'il avait de revitaliser le centre-ville. Il avait le devoir de faire du Théâtre Granada le pôle culturel de Sherbrooke et la région.
Les objectifs
Comme la salle est maintenant exploitée à son quasi maximum, il faut poursuivre les rénovations. L'amélioration des éclairages, du son et surtout on doit refaire la façade qui a besoin de rafraîchissement.
Après sept ans à la direction, Alain confirme qu'il a une bonne partie du boulot de réaliser. Il a réussi à tripler le chiffre d'affaires. Présentement, le théâtre a un événement quasiment tous les jours. Que ce soit un spectacle ou la location de la grande salle pour différents types d'événements, les gens adorent cet endroit pour l'atmosphère qu'on y retrouve. Les clients sont entre autres les écoles avec leurs spectacles-bénéfice, les chambres de commerce ou les caisses populaires.
Alain adore toujours autant son travail, car il peut allier gestion, spectacle et passion. Une vie de rêve quoi! La seule chose qu'on peut lui souhaiter est l'écriture d'un second roman...