Étienne a 13 ans. Lors du décès soudain de son père, il décide d'honorer sa mémoire à sa façon. Les gestes qu'il posera auront des conséquences dramatiques. Le film Une vie qui commence nous fait vivre ce deuil à travers les yeux du jeune garçon. Le réalisateur Michel Monty nous dresse un portait touchant d'une famille québécoise, dans les années 1960. D'ailleurs, ce retour dans le temps est superbement reconstitué. «Pour mon premier film, je voulais une histoire qui m'était essentielle à raconter. C'est un peu mon histoire. Je voulais que ce soit touchant avec un parcours lumineux. L'enfant veut comprendre la perte de son père, le sujet est grave. Mais le jeu des comédiens et les images sont remplis de lumière.»
Une vie qui commence nous fait sourire et nous touche. Julie Le Breton est remarquable dans le rôle de Louise, la veuve de Jacques, interprété par François Papineau. Elle doit prendre sa vie en main, sans emploi et avec trois enfants à faire vivre. De plus, cette femme se sent trahie par le départ de son mari. «Dès ma première lecture du scénario, j'étais en larme. Le film parle du deuil mais c'est aussi plein d‘espoir, comme quoi la vie est plus forte que tout. Louise est profondément blessée, elle n'a pas le choix de rebondir et d'aller de l'avant. Je trouve cela beau à voir, surtout dans les années 1960.»
Charles-Antoine Perreault est touchant, son jeu est juste et attendrissant. Julie Le Breton a développé une belle complicité avec le jeune acteur. «Il y avait plusieurs enfants sur le plateau. Dans ces moments-là, il y a toujours plus de bruit et d'action. Il faut alors une certaine discipline, un membre de l'équipe doit s'occuper d'eux. Tout naturellement, je me suis retrouvée avec les jeunes acteurs. Charles-Antoine et moi, on s'est rapprochés et cette complicité s'est vite trouvée sur le plateau, devant la caméra. Il est talentueux et attachant.»
Depuis ses débuts dans Québec-Montréal, Julie Le Breton surprend et séduit. L'automne dernier, avec Mauvais Karma, qui aura une suite et Toute la vérité elle a encore élargi son public. «Pour tous mes rôles je suis mon instinct. Il faut que j'aie un coup de cœur. J'ai eu beaucoup de chance et de belles offres depuis mes débuts. J'aime jouer dans différentes zones et me laisser surprendre par des auteurs et des réalisateurs. Le personnage de Kim Wright c'est une belle surprise. Nous tournerons ce printemps et l'été prochain. J'aime cette femme et j'adore la chimie sur le plateau avec les autres actrices. C'est un projet de cœur!»
Nos cousins français ont eu la chance de voir l'œuvre de Michel Monty avant nous. Une vie qui commence a été récompensée au Festival international du film francophone de Namur où il a reçu le Bayard d'or. «C'est un décision de producteur et de distributeur. Comme il y avait beaucoup de sorties qu Québec l'automne dernier, nous avons opté pour une autre approche. En plus, même si nous ne travaillons pas en fonction des prix, de le voir récompenser c'est un grand plaisir. Maintenant, j'ai hâte que les Québécois découvrent Une vie qui commence!» Le film aussi présenté dans les prochaines semaines Festival du film de Santa Barbara, en Californie.