Pour certains enfants, l'éducation ça se passe à la maison et à l'école. Pour d'autres, il y a le Camp nature Lac Magill : un endroit en pleine nature situé sur le territoire mar-rin à Ste-Marguerite-de-Lingwick.
Laurent Cloutier, agent de la faune à la retraite, a repris le flambeau d'un projet délaissé par le gouvernement. Depuis 20 ans, il organise, avec l'aide de bénévoles, trois camps dans le bois pour éduquer les jeunes de 10-11 ans. Laurent considère que la protection de l'environnement doit se faire par l'éducation et non par la répression. C'est ainsi qu'il met à profit tout son savoir. En plus de son métier principal, cet homme à tout faire est taxidermiste. Il a toujours été autodidacte et a un plaisir fou à transmettre ses connaissances, d'année en année, sur le trappage, la nature elle-même et les animaux. Si les jeunes connaissent ce genre d'information, ils pourront faire attention à notre planète dont plusieurs ne se préoccupent pas du tout. Ce sont les jeunes qui formeront l'avenir alors ce sont eux qui doivent être sensibilisés.
La mission
Pendant les trois camps annuels, Laurent veut transmettre le goût de la nature. Il veut que des jeunes aient la possibilité de vivre des expériences différentes. Ils leur donnent la chance de faire du canot, de fabriquer leur arc et même de lancer des flèches, d'observer la faune le jour et la nuit, de faire de la pêche et d'apprendre comment survivre en forêt. Chaque camp, de trois ou quatre jours, est planifié à la minute près.
Les bénévoles
Pour la réussite des camps, Laurent ne peut pas faire cela tout seul. Il se greffe à lui des bénévoles tout à fait géniaux. Des adultes qui prennent parfois des vacances pour aller vivre quelques journées en forêt avec les jeunes. Le ratio d'un adulte pour un jeune est essentiel. C'est ainsi que tous et chacun peuvent profiter du camp au maximum.
Les bâtiments
À ses débuts, Laurent se rappelle des tentes aménagées et la manière précaire d'apporter l'eau au camp pour subvenir aux besoins essentiels. Au fil des ans, le camp a évolué si bien que maintenant on pourrait quasiment dire que c'est le luxe en forêt. Avec les fonds amassés, Laurent a pu construire des bâtiments pour la cuisine et le dortoir entre autres.
Le financement
Mais comment Laurent et son comité amassent-ils leurs fonds? Par le biais des commanditaires, la vente de poissons au Festival des traditions du monde et surtout par le souper de venaison. Le prochain se tiendra d'ailleurs le samedi 27 mars 2010 et 500 personnes se réuniront pour goûter à du caribou, du cerf rouge, du saumon et une viande surprise. Voilà un bon moyen d'aider la cause tout en savourant des mets tout à fait différents.
Les jeunes
Pour ce qui est des jeunes participants, la sélection est souvent difficile. La majorité des jeunes proviennent de milieux défavorisés et c'est par le biais d'organisme que Laurent reçoit les demandes. Les membres du comité et lui-même doivent déterminer avec le plus grand soin les 24 jeunes qui pourront participer à chaque camp. Une tâche souvent très ardue, mais nécessaire.
Même si l'âge de la retraite a sonné pour Laurent, il n'a pas l'intention d'arrêter. Au contraire, il espère transmettre ses connaissances le plus longtemps possible. Ce temps de repos, souvent très apprécié pour plusieurs, permet encore aujourd'hui à Laurent Cloutier de continuer à faire ce qu'il a toujours aimé : enseigner.