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Écouter la science? Vraiment!

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 21 avril 2021      

Nous sommes perplexes. Cette maudite pandémie n'en finit plus de finir. Nos vies sont bouleversées. Nos relations amicales sont mises sur pause. Les gouvernements font bien leur possible pour préserver les vies, le système de santé, malgré tout nous en avons ras le bol. Ce qui nous réconcilie avec tout cela c'est que nous croyons à la science. Or, la science n'est pas la vérité infuse. La science est parfois approximation et souvent tâtonnements. Rien n'est plus étranger à la science que de fournir des réponses simples et définitives à une problématique donnée. La science a le dos large en ce temps de pandémie. Réflexion libre sur la science et ses fondements.

Qu'est-ce que la science ?

Si on prend le temps de regarder dans un dictionnaire la définition du mot science, on y apprend que c'est un nom féminin qui signifie : «Ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d'objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales. » (Dictionnaire Larousse)

Cela est relativement clair, mais si l'on se réfère à une encyclopédie comme Universalis, on y trouve le même sens, mais on y apprend que la science a connu une évolution dans le temps. La science des penseurs de l'Antiquité, là où l'on y retrouve ses balbutiements avec la science grecque. Il faut pour être exact référer aux sciences grecques que l'on doit comprendre comme un ensemble de questionnements, de méthodes et de résultats à l'origine de la pensée mathématique et scientifique, qui se développera à partir du VIIIe siècle av. J.-C. jusqu'à aujourd'hui. Historiquement, on peut donc affirmer sans risque de se tromper que c'est dans la Grèce antique que les sciences en tant que pensée rationnelle naissent, sous l'élan de philosophes

Livre

 en même temps penseurs et physiciens, ou chefs religieux. Toutefois, le terme de science ne doit pas être pris au pied de la lettre : l'influence des philosophes, la spéculation, l'invention font partie du savoir grec, et c'est l'attitude scientifique, ainsi que les connaissances qui en sont issues qui nous intéressent ici.

Par la suite, les sciences se sont développées sous l'emprise du religieux pendant un long moment. Les démêlés de grands scientifiques comme Galilée avec l'Église au temps de l'inquisition en constitue un rappel utile. Sans en faire un cas, chez nous, l'Église et la science n'ont pas toujours fait bon ménage. L'historien Yves Gingras y a d'ailleurs consacré un excellent ouvrage intitulé L'impossible dialogue. Sciences et religion publié en 2016 aux Éditions du Boréal.

La science et les paradigmes

Ce qui complique singulièrement les choses pour comprendre les fondements de la science c'est le triomphe du relativisme de notre époque. Je m'explique en redéfinissant la science.

LivreLa science c'est un ensemble cohérent de connaissances relatives à des faits vérifiés par l'observation et l'expérimentation et selon une méthode scientifique standardisée. Ce qui fait en sorte que les expériences faites et mises en preuve pour valider une hypothèse ou prédire une loi de la nature doivent être vérifiables par une communauté de pairs. La science n'est donc pas immobile dans le temps, mais évolutive et elle évolue en fonction des méthodes d'expérimentation, des technologies disponibles et de l'évolution des humains qui constituent la communauté scientifique de pairs. Nous devons à Thomas Kuhn cette idée que la science évolue en fonction de paradigmes qui sont liés à des communautés historiques déterminées. Ce qui fait que la science d'hier n'est pas nécessairement la science d'aujourd'hui. Dans les mots de Kuhn, la science se construit à même des paradigmes. Un paradigme selon Thomas Kuhn, qui nous l'a révélé dans son livre sur les révolutions scientifiques en 1962 (Thomas Kuhn dans son chef-d'œuvre intitulé : La structure des révolutions scientifiques.), est constitué des « découvertes scientifiques universellement reconnues qui, pour un temps, fournissent à un groupe de chercheurs des problèmes types et des solutions ». Un paradigme peut être infléchi ou totalement remis en cause s'il remplit un certain nombre de conditions expérimentales ou d'insertion dans un nouveau paradigme. Les révolutions scientifiques entraînent des changements de paradigme qui exigent du temps pour pénétrer la communauté scientifique, car le nouveau modèle proposé doit vaincre les obstacles épistémologiques et être assez robuste pour remettre en cause le précédent. La « vérité scientifique » à un instant donné ne peut représenter qu'un consensus temporaire au sein de cette communauté, les paradigmes étant fluctuants, en particulier dans les sciences humaines et sociales, notamment économiques. 

Pour Kuhn, le concept de paradigme est lié au monde de la science, mais plusieurs l'ont élargi à l'ensemble de nos connaissances. Un paradigme c'est l'ensemble des croyances basées sur des certitudes scientifiques qui balisent notre vision du monde. Penser selon un paradigme donné c'est penser à l'intérieur de la boîte, à l'intérieur d'une logique d'une époque. En ce sens, il faut savoir reconnaître que même la science qui se veut objective souffre des limites du paradigme dans lequel elle est enfermée.

Cela vient aussi mettre en jeu l'organisation de la recherche. Par exemple, en ce moment, les chercheurs n'en ont que pour la COVID-19. Ce qui est légitime étant donné les circonstances, mais combien de recherches importantes et fondamentales pour notre avenir sont laissées sur le bord de la route dans ce contexte particulier ? Le financement de la recherche vient amplifier le phénomène. Ce qui conduit à affirmer que malgré la prétention et ses habits la science n'est pas neutre et surtout rarement définitive.

Le savant et la politique

LivreLa science étant ce qu'elle est, on comprend aisément que ce n'est pas facile de marier la science et la politique. Dans deux conférences prononcées en 1917 et 1919 à l'Université de Munich, le sociologue allemand Max Weber s'est longuement interrogé sur la relation entre la science et le politique.

Dans un livre paru en 2019, le sociologue Joseph-Yvon Thériault résume bien la pensée de Weber. Lisons-le ensemble : « Max Weber énonce dans ces deux conférences un cul-de-sac pratique, quelque chose d'impossible à réaliser. Il établit une coupure radicale entre la vocation de savant, qui serait la recherche de la vérité, et la vocation du politique, qui se Livrerapporterait à la passion. Ce seraient des vocations irréconciliables. Le savant veut comprendre le monde, le politique le transformer. La science repose sur l'intellectualisation et la rationalisation, le politique sur la morale, la passion voire le prophétisme. Si pour "l'homme politique", il ajoute comme qualités déterminantes à la passion le sentiment de responsabilité et le coup d'œil (avoir du pif, plus savamment, de la vertu), pour le savant, il lui interdit d'avoir des valeurs, des passions bref de donner des leçons. » (Joseph Yvon Thériault, Sept leçons sur le cosmopolitisme. Agir politique et imaginaire démocratique [Débats], Montréal, Québec Amérique, 2019, p. 25-26.)

Arruda, Legault et la volatilité des consignes sanitaires...

Un long détour pour réfléchir ensemble à la signification de ces embrouillaminis entre la santé publique et le gouvernement de François Legault. La nature même des activités de l'un (santé publique) et de l'autre (gouvernement), explique à elle seule la cohabitation difficile de ces deux univers. C'est le choix politique du gouvernement Legault de tenir des conférences de presse commune avec les responsables de la santé publique qui crée le contexte dans lequel nous sommes. Un choix discutable puisque de l'aveu même du premier ministre Legault c'est lui qui prend les décisions. Rien de plus légitime, car c'est lui qui devra nous rendre des comptes. Néanmoins, il aurait pu nous dire clairement que la santé publique n'avait pas recommandé le port du masque à l'extérieur pour deux personnes ni le port d'un masque pour jouer au golf ou au tennis. Dans ce dossier, le premier ministre Legault a poussé le bouchon trop fort et la population a réagi fortement. Il a dû reculer, mais en perdant un peu de légitimité. Désormais, il faut se méfier de celles et ceux qui n'ont que comme argument qu'il faut écouter la science... Vraiment monsieur Legault !


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