Avant de se lancer tête baissée dans une nouvelle relation, il faut tout d'abord apprendre à se connaître. J'utiliserai donc ma toute première chronique pour vous présenter ma fiche technique.
Contrairement à beaucoup de chefs cuisiniers, mon choix de carrière ne fut pas orienté par une grand-mère ou une mère experte devant les fourneaux. J'ai étudié en cuisine par défaut. Las de jouer aux cartes à la cafétéria du Cégep de Sherbrooke, sciences humaines pas de maths oblige, j'ai suivi un de mes amis qui étudiait au Triolet en cuisine d'établissement. Il faut quand même dire que je n'étais pas en terrain complètement inconnu, car ma carrière dans le monde de la restauration était déjà commencée depuis l'âge de 13 ans. Mon premier vrai travail, 13 ans, en pleine puberté, les bras trop longs, de l'acné plein le visage et la voix qui change, en fait tout le corps change. Un emploi de plongeur que mes parents m'avaient trouvé. J'ai sûrement été le pire plongeur de l'histoire du Québec, complètement désorganisé, jamais au-dessus de mes affaires (c'est pour cette raison que j'ai toujours été indulgent avec mes propres plongeurs). En plus je travaillais le dimanche midi, vous pouvez imaginer que le coin de la plonge devenait rapidement un dépotoir, avec ces piles d'assiettes peinturées de jaunes d'oeufs. Donc, après 6 mois d'enfer, mon patron, M. Luc Rodrigue, a eu la brillante idée de me donner le choix entre quitter mon emploi de plongeur ou de graduer dans la cuisine. La décision ne fut pas compliquée à prendre. À 14 ans je cuisinais et j'avais des responsabilités de plus en plus grandes au sein de cette cuisine, je prenais de plus en plus de place, effectivement en 1 an j'ai pris 50 livres de confort.
Étudier en cuisine d'établissement m'a appris les bases du métier, le fonctionnement d'une brigade, mais surtout ce cours m'a permis de rencontrer ma compagne de vie et mon associée en affaires, Maryse. Vous savez, travailler en restauration est difficile pour la vie de couple et la vie de famille, donc le fait de le faire ensemble nous a beaucoup facilité la vie. De plus nous avions le même rêve, soit celui d'ouvrir un établissement ensemble. Les sacrifices sont également plus faciles à deux.
Un détour par le Manoir Hovey, L'Auberge Hatley, le Laurie-Raphël, L'Auberge des Sources de Charlevoix et finalement La Camarine à Sainte-Anne-de-Beaupré et nous voila finalement prêts à réaliser notre rêve. Le 8 mai 1998, marqua l'ouverture du Café Massawippi de North-Hatley. 13 ans plus tard, on peut dire mission accomplie. Le Café Massawippi est reconnu partout au Québec, notre service de traiteur roule à fond de train, étant depuis l'ouverture le traiteur officiel de l'hôtel Times de Sherbrooke.
Comme nous avons encore un peu de temps pour des projets, nous ouvrirons en septembre prochain un restaurant à Coaticook, ma ville natale, le DT-Bistro sur Child. Évidemment, tous ces projets ne pourraient se réaliser sans une équipe de passionnés, de mon chef Sébastien à North-Hatley en passant par Vickie, maître d'hôtel. Nous avons réussi à nous entourer de personnes compétentes et surtout de gens pour qui la restauration est un mode de vie.
Au fil de mes chroniques je m'efforcerai de vous transmettre cette passion qui m'anime, que se soit par mes voyages, par les saisons qui passent et qui nous apportent des produits magnifiques, par l'inspiration des artisans ou tout simplement par l'actualité culinaire à travers le monde.
Bon appétit!
www.cafemassawippi.com