Les courses d'accélération sont reconnues pour la dose d'adrénaline qu'elles procurent aux conducteurs. Pour René Gagner, c'est : c'est l'histoire d'une vie.
La surprise
Il y a 20 ans, il était de ceux qui participaient aux courses illégales dans les rangs de campagne. Les rencontres débutaient dans un stationnement d'une crémière et une heure avant minuit, les quelque 200 automobilistes démarraient leur voiture pour se diriger vers un emplacement inconnu de la majorité de ceux-ci. René avoue avoir été la personne qui donnait le coup de départ. Et lorsque les sirènes de police se faisaient entendre, c'était un tout autre départ.
La piste
À la suite de la durée des soirées qui diminuaient de plus en plus chaque fois, René a décidé d'aller voir Gérard Furse, le propriétaire de l'aéroport de St-Élie à cette époque. Il voulait permettre aux personnes de s'adonner à leur passe-temps préféré en toute sécurité sur son terrain. Gérard, qui ne connaissait absolument rien à ce genre d'activités, a quand même décidé de faire confiance à René. Ils ont organisé conjointement une journée de « drags » qui a été une réussite.
L'animation
C'est ainsi que pendant quelques années, Gérard et René ont structuré et peaufiné ces fameuses journées d'accélération. Au tout début, les deux organisateurs engageaient un «disc jockey» pour animer les journées lorsque, sans raison apparente, celui-ci ne s'est pas présenté. Comme René connaissait bien les voitures et les coureurs, il s'est proposé pour animer la journée en commentant chacune des courses. Il a ainsi découvert un de ses talents, car ses interventions sur les bolides et les coureurs ont été grandement appréciées de l'assistance.
Alors que la journée s'était soldée d'un succès, les organisateurs ont décidé que le «disc jockey» n'était plus nécessaire. Il a plutôt laissé sa place à la nouvelle voix des « drags ».
Désormais, René serait présent sur la ligne de départ pour discuter avec les coureurs et les spectateurs via le micro. C'est un peu comme une rencontre familiale où tout le monde se connaît. René s'adresse aux gens directement et les gens aiment cela. Chacun a l'impression de faire partie du spectacle même s'il est assis dans les gradins. C'est une ambiance tout à fait chaleureuse. René peut jaser des pépins mécaniques réparés dans la semaine pour être fin prêt le soir venu. Il sait aussi mousser un face-à-face intéressant entre deux coureurs. Il peut autant parler des automobiles, des moteurs que des records. Un vrai moulin à paroles qui est drôlement intéressant.
Le style
Pour ce qui est de son « look », René a décidé de porter un chapeau de cowboy pour ces événements. C'est un bon moyen d'être vu rapidement sur le terrain. Et lorsqu'il l'arbore, il avoue s'amuser. Comme c'est son costume de scène, il espère pouvoir le porter le plus souvent possible. Cela voudra donc dire qu'il est aimé et en demande.
Cet été, il a eu l'occasion de le porter plus souvent, car il a accepté le contrat de commenter les courses à Sanair. Par contre, René a dû s'adapter à la piste. Comme il ne pouvait pas être présent à la ligne de départ et que l'assistance provenait d'un peu partout au Québec, son discours était tout autre. Il a su satisfaire autant le public bilingue que les propriétaires de la piste.
Maintenant que cet animateur a su faire sa marque, aura-t-il la chance de voir son rêve se réaliser? Il espère que le sport automobile va continuer à connaître de la popularité autant du côté des jeunes que des moins jeunes. Serait-ce un rêve ou une réalité?