Le film Angle mort est à l'affiche depuis un peu plus d'une semaine. Un grand nombre de critiques ont été dures avec le long métrage de Dominic James. Avec un budget de 3,9 M$, réaliser un thriller était une idée audacieuse et casse-gueule. Le réalisateur et Sébastien Huberdeau, un des acteurs principaux, le savaient bien.
Éric et Stéphanie, un jeune couple qui traverse une période difficile, décident de mettre un peu de piquant dans leur quotidien et quitte le Québec pour un roadtrip à Cuba. Sur place, rien ne se passera comme prévu et ils seront pourchassés par un tueur en série. Dès le départ le scénario nous offre un style peu exploité au Québec. Pour le réalisateur, tourner à l'extérieur de la province était aussi tout un défi. «Je voulais un film d'atmosphère. Avec le paysage offert par Cuba, j'ai maximisé l'ambiance. Il y a de la poussière, la pellicule utilisée rappelle les anciens westerns au cinéma, cela ajoute au scénario. Cuba est un personnage en soi.» En tournant à Cuba, l'équipe a travaillé avec des gens de là-bas. Autre méthode de travail, autres mœurs. «J'aime les défis. Angle mort amenait un grand lot de défis! Je voulais que l'équipe soit très liée et qu'elle ait envie de se dépasser. Tous les jours nous avions de nouveaux obstacles sur les lieux de tournage, nous devions aussi respecter la façon de travailler des gens là-bas. En s'isolant pendant deux mois à Cuba, la dynamique était superbe. Je sais que le budget était petit, en plus je voulais des explosions et des cascades. Nous avons donc tous ramé dans le même sens et je suis fier de ce qui a été fait dans de telles circonstances.»
Le comédien Sébastien Huberdeau, que l'on a vu dans Polytechnique, Nos étés et Le poil de la bête, interprète Éric. Il est l'amoureux de Stéphanie, jouée par Karine Vanasse. Si les critiques ont été sévères avec le film, elles ont souvent souligné de belle façon le travail des comédiens. Sébastien Huberdeau aime bien les thrillers. «Je ne suis pas le plus grand fan de ce type de film, mais quand c'est bien ficelé et bien joué, j'embarque. Ce sont de bons divertissements. Lorsque j'ai accepté le projet, l'idée de tenir un rôle assez loin de ce que j'avais fait avant m'allumait. Éric est très pragmatique, il ne se pose pas trop de questions. J'aime ce côté action/réaction. Angle mort était un défi rafraichissant pour moi. De jouer la peur sur grand écran, de garder l'urgence du personnage à chaque prise c'était assez agréable. J'ai été très motivé par ce travail.»
Est-ce que le long-métrage de Dominic James aurait eu droit à une tout autre réaction des critiques avec un plus grand budget et d'autres moyens? Probablement. Sébastien Huberdeau ne nous le dit pas clairement mais... «Je suis content du résultat final. Avec un si petit budget et une si grande ambition, c'est assez modeste. Spécialement pour ce type de film, avec un plus de moyens et un tournage plus long le résultat aurait été différent. Mais le pari est réussi dans le cadre que nous avions. Avec 3,9 M$ de budget nous avons fait ce qui était possible de faire.»
Angle mort est sur nos écrans à Sherbrooke. La meilleure façon de se faire une opinion? Aller le voir!