Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  BLOGUE / Blogue

Amiante dans les immeubles, ce que les propriétaires et les gestionnaires doivent régler avant les travaux

 Imprimer   Envoyer 
Mercredi 23 septembre 2026

Rénover un immeuble construit avant 1990 comporte un risque que beaucoup de propriétaires sous-estiment : la présence d'amiante dans les matériaux. Ce minéral, utilisé pendant des décennies pour ses propriétés isolantes et ignifuges, ne devient dangereux que lorsque ses fibres sont libérées dans l'air, ce qui arrive précisément pendant des travaux de démolition ou de rénovation mal encadrés. Pour un propriétaire d'immeuble commercial, institutionnel ou à logements, l'enjeu dépasse la sécurité d'un seul chantier : il touche le registre qu'il doit tenir, la responsabilité envers les travailleurs et les occupants, et la valeur de l'actif.

Ce texte explique où l'amiante se cache, ce que le cadre québécois impose aux propriétaires, ce qui se passe réellement quand un matériau revient positif, et pourquoi la caractérisation des matériaux susceptibles de contenir de l'amiante devrait figurer au premier budget d'un projet plutôt qu'à la dernière ligne.

Où l'amiante se trouve, et pourquoi on ne le voit pas

L'amiante a été intégré à une gamme étendue de matériaux : calorifuges de tuyaux et de chaudières, flocages, tuiles de vinyle et adhésifs, composés à joints, enduits texturés, panneaux isolants, tuiles de plafond, bardeaux et revêtements. Il était bon marché, efficace et résistant au feu, ce qui explique qu'on le retrouve à plusieurs endroits dans un même bâtiment sans qu'aucun signe visible le trahisse.

C'est ce qui rend les travaux risqués sans caractérisation préalable. Percer un mur, arracher un couvre-plancher, démolir un plafond peut libérer des fibres si le matériau n'a pas été identifié. Contrairement à un risque électrique ou de plomberie, il n'y a aucun avertissement avant que les fibres soient dans l'air. Et deux immeubles de la même décennie, construits avec des matériaux du même fournisseur, peuvent donner des résultats très différents, parce que la teneur en amiante variait selon la gamme et le lot plutôt que selon l'année.

Ce que le cadre québécois impose

La réglementation en santé et sécurité du travail encadre l'amiante depuis 2013. Un employeur qui occupe ou gère un bâtiment construit avant le 15 février 1990 doit faire inspecter les flocages et les calorifuges pour vérifier s'ils contiennent de l'amiante, tenir un registre des matériaux qui en contiennent, le mettre à jour et le rendre accessible aux travailleurs et aux entrepreneurs. Avant tout travail susceptible d'émettre des fibres, il doit vérifier la présence d'amiante dans les matériaux visés.

Ce registre n'est pas une case à cocher. Il devient la référence pour tout entrepreneur qui interviendra dans l'immeuble par la suite, ce qui évite de recommencer une enquête à chaque projet et réduit le risque sur chaque chantier suivant. Un immeuble dont le registre est à jour se rénove plus vite et se vend mieux; un immeuble sans registre est un immeuble dont personne ne connaît le contenu des murs.

La responsabilité suit le propriétaire. En cas d'exposition de travailleurs ou d'occupants, c'est l'absence de vérification préalable et de registre qui sera examinée, pas la bonne foi. Pour un gestionnaire qui administre un immeuble pour le compte d'un tiers, tenir ce registre fait partie de la diligence qu'on attend de lui.

Quand la caractérisation s'impose

Certaines situations rendent la caractérisation incontournable avant les travaux.

  • L'immeuble a été construit ou rénové avant 1990, ou son historique de construction est incomplet.
  • Les travaux prévus comprennent de la démolition, du perçage ou du décapage, même sur une petite surface.
  • Aucun registre d'amiante n'existe, ou il n'a pas été mis à jour depuis les dernières rénovations.
  • L'immeuble a changé d'usage, ce qui change souvent les exigences applicables.
  • Des occupants signalent des matériaux abîmés, qui s'effritent ou se détachent.

La caractérisation menée par des professionnels identifie les matériaux à risque, leur état et leur emplacement, ce qui oriente les mesures à prendre avant, pendant et après les travaux. L'état compte autant que la présence : un matériau intact et non perturbé pose souvent beaucoup moins de risque qu'un matériau friable ou endommagé, et c'est ce qui décide de l'urgence.

Ce qui se passe quand un matériau est positif

Trouver de l'amiante n'implique pas nécessairement un chantier long et coûteux. Dans bien des cas, un matériau en bon état peut rester en place et être géré : identifié au registre, étiqueté, avec un plan pour le manipuler en sécurité s'il doit être dérangé un jour. Les firmes spécialisées présentent généralement ces options au propriétaire plutôt que de recommander d'emblée l'enlèvement complet, parce que l'enlèvement lui-même crée une période de risque qui n'est pas toujours nécessaire. La gestion en place coûte aussi nettement moins cher, ce qui en fait une option réaliste pour un propriétaire qui veut traiter le risque sans lancer un grand projet.

Quand l'enlèvement s'impose, parce que le matériau est endommagé ou que les travaux prévus le dérangeront directement, le processus suit des protocoles de confinement stricts : zone scellée, équipement spécialisé, travailleurs formés, et surveillance de la qualité de l'air avant la réouverture de l'espace. C'est un travail qui ne se confie jamais à un entrepreneur général sans qualification, quelle que soit l'apparence anodine du matériau.

Une ligne budgétaire dès le premier jour

Un malentendu fréquent explique pourquoi la caractérisation est sautée sur les petits projets : l'entrepreneur qui soumissionne suppose que le propriétaire l'a fait faire, et le propriétaire suppose qu'elle fait partie du mandat de l'entrepreneur. Personne ne possède la tâche jusqu'à ce qu'un problème force la question, généralement à mi-chantier.

Inscrire la caractérisation au premier budget du projet, avant même d'embaucher un entrepreneur, règle l'ambiguïté. Pour un propriétaire qui gère plusieurs immeubles, tenir un registre simple de ce qui a été caractérisé, quand et avec quels résultats, évite de repartir de zéro à chaque projet et réduit les coûts sur l'ensemble du parc. Les firmes d'hygiène industrielle et d'environnement du bâtiment, comme LCL Environnement, qui offre la caractérisation et la surveillance de chantier en condition d'amiante pour les bâtiments commerciaux, institutionnels et résidentiels, travaillent souvent sur cette base de portefeuille avec les gestionnaires immobiliers.

Une précaution qui protège tout le monde

La caractérisation avant les travaux ne représente qu'une petite fraction de l'échéancier d'un projet, et elle prévient des conséquences graves pour les travailleurs comme pour les occupants. Un propriétaire qui l'intègre à sa planification évite aussi l'arrêt de chantier imprévu, l'équipe de décontamination appelée en urgence et les tests d'air dans le reste de l'immeuble, tout ce qui coûte plus cher et dure plus longtemps que le test qui aurait identifié le risque avant qu'on ouvre le premier mur.


  A LIRE AUSSI ...

Pourquoi de plus en plus d'acheteurs choisissent Saint-Jérôme pour s'installer

Mercredi 7 octobre 2026
Pourquoi de plus en plus d'acheteurs choisissent Saint-Jérôme pour s'installer
Jeu responsable en ligne : quels outils existent pour les joueurs québécois

Vendredi 9 octobre 2026
Jeu responsable en ligne : quels outils existent pour les joueurs québécois
7 rénovations qui peuvent augmenter la valeur de votre maison avant de la vendre

Mercredi 7 octobre 2026
7 rénovations qui peuvent augmenter la valeur de votre maison avant de la vendre
NOS RECOMMANDATIONS
Humour, musique et cirque : les spectacles cette semaine en Estrie

Mardi 6 octobre 2026
Humour, musique et cirque : les spectacles cette semaine en Estrie
Journée internationale des ombudsmans : quel est le rôle de l’Ombudsman à Sherbrooke ?

Jeudi 8 octobre 2026
Journée internationale des ombudsmans : quel est le rôle de l’Ombudsman à Sherbrooke ?
Gurit à Magog : les employés rejettent l’offre patronale et votent pour la grève

Jeudi 8 octobre 2026
Gurit à Magog : les employés rejettent l’offre patronale et votent pour la grève
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
Daniel Nadeau - L'Agora
Mercredi, 7 octobre 2026
Se réconcilier avec le passé…

François Fouquet - Deux mots à vous dire
Lundi, 5 octobre 2026
Le vrai sondage

Les travaux de démolition sont en cours au parc du Domaine-Howard Par Martin Bossé Mercredi, 7 octobre 2026
Les travaux de démolition sont en cours au parc du Domaine-Howard
La Coupe de la 55 de retour en 2026 avec une nouvelle formule Par Martin Bossé Mardi, 6 octobre 2026
La Coupe de la 55 de retour en 2026 avec une nouvelle formule
Quoi faire ce weekend en Estrie ? Par Catherine Blanchette Jeudi, 8 octobre 2026
Quoi faire ce weekend en Estrie ?
Le Grand défi Pierre Lavoie débarquera à Sherbrooke en juin 2027 Par Martin Bossé Jeudi, 8 octobre 2026
Le Grand défi Pierre Lavoie débarquera à Sherbrooke en juin 2027
MISE À JOUR - Menace à l'école la Ruche à Magog, appel non fondé Par Martin Bossé Lundi, 5 octobre 2026
MISE À JOUR - Menace à l'école la Ruche à Magog, appel non fondé
Élections 2026 : plusieurs changements politiques en Estrie Par Martin Bossé Mardi, 6 octobre 2026
Élections 2026 : plusieurs changements politiques en Estrie
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous