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Vincent Lambert Par Vincent Lambert
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Lundi, 9 juillet 2018

Objectif: partager sa passion auprès des jeunes filles



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Enseignante en éducation physique, la Sherbrookoise Marie-Ève Beauchemin est tout sourire lorsqu’elle partage sa passion pour l’ultimate frisbee.

Enseignante en éducation physique, la Sherbrookoise Marie-Ève Beauchemin est tout sourire lorsqu'elle partage sa passion pour l'ultimate frisbee. Celle qui s'envolera pour les championnats du monde par clubs à Cincinnati dans une semaine espère devenir un modèle pour les jeunes filles.

Lorsqu'elle enseigne à ses élèves, Marie-Ève Beauchemin, diplômée de l'Université de Sherbrooke en 2014, essaie toujours de combiner son mode de vie sain et actif à sa profession pour donner l'exemple. Si auparavant elle présentait beaucoup de vidéos liées à des disciplines sportives masculines, elle a décidé de donner une importance particulière aux athlètes féminines, lesquelles ont parfois une moins grande visibilité.

« On est un peu moins habitué de voir des filles en action, explique Marie-Ève Beauchemin. Les filles de mes classes peuvent donc s'identifier à des athlètes de haut niveau, ça devient donc intéressant. Comme athlète féminine, on a parfois moins de visibilité que les hommes dans le sport. Mes élèves ne connaissent pas tous l'ultimate frisbee. Peu importe si je montre des gars ou des filles en action, ils trouvent que le sport a l'air cool. »

En tant qu'enseignante et athlète d'ultimate frisbee, Marie-Ève Beauchemin désire que ses élèves l'identifient comme un modèle. « J'espère avoir une influence positive sur les filles, admet-elle. Je souhaite les accrocher à ce sport et promouvoir le côté féminin de l'ultimate frisbee. J'espère que ça leur donnera le goût d'essayer et de ne pas avoir peur. Ça peut être intimidant de voir beaucoup de gars dans un milieu sportif et ce n'est pas toujours bien vu les filles sportives. J'aimerais casser ce préjugé-là pour les motiver à jouer. »

L'ultimate frisbee est un sport en pleine émergence. La présence féminine se fait de moins en moins discrète, mais il s'agit pour le moment encore d'une discipline majoritairement masculine.

Un tournoi tant attendu

Marie-Ève Beauchemin ne s'en cache pas, elle est nerveuse en vue des prestigieux championnats du monde d'ultimate frisbee par clubs qui auront lieu du 14 au 21 juillet prochains à Cincinnati aux États-Unis.

Depuis quatre ans, elle s'aligne avec l'équipe féminine provinciale d'ultimate frisbee, Iris, qui regroupe d'autres sherbrookoises également. Participer aux championnats du monde par pays et par équipe - qui s'alternent aux quatre ans - a toujours été un objectif pour elle.

«C'est certain que je suis nerveuse, confie la capitaine de l'équipe Iris. C'est de la belle nervosité par contre. J'ai vraiment hâte à cet événement-là. Ça fait longtemps qu'on se prépare. Je m'entraine vraiment fort depuis deux ans pour ça. L'année passée, c'était les qualifications et là, le tournoi. Je suis fière de notre équipe, on a accompli de grandes choses.»

L'histoire d'amour entre l'ultimate frisbee et Marie-Ève Beauchemin a débuté il y a environ dix ans. C'est la petite sœur de l'athlète sherbrookoise qui lui a fait découvrir ce sport. « Elle voulait que j'aille la voir jouer au frisbee. J'ai eu le même préjugé que tout le monde : un sport de chien sur la plage, se souvient-elle en riant. En allant la voir jouer, j'ai trouvé ça intéressant. J'ai donc décidé d'essayer l'ultimate frisbee. J'ai commencé à jouer et rapidement, je me suis rendu compte qu'on pouvait atteindre un niveau compétitif. »

Comme dans tous les sports, l'ultimate frisbee requiert de la rigueur, de la passion, un désir de s'améliorer et de compétitionner. « Pour jouer au frisbee, je pense que ça doit simplement t'intéresser de bouger, estime Marie-Ève Beauchemin. Le reste va suivre après ça. »

Pas encore un sport olympique

L'ultimate frisbee, qui est autoarbitré par les athlètes, n'est pas encore une discipline olympique. Par contre, le Comité international olympique (CIO) l'a reconnu officiellement comme un sport. Pour le moment, le meilleur niveau qui peut être atteint dans la compétition est les World Games. Une compétition qui regroupe tous les sports émergents.

« On est dans les bonnes étapes pour atteindre les Olympiques, remarque Marie-Ève Beauchemin. J'ai espoir que ça puisse passer aux Olympiques un moment donné parce que c'est un sport comme les autres. Voyons voir sous quelle forme et d'ici combien de temps ça pourra arriver. »

L'année dernière, lorsqu'elle participait à un tournoi en Californie, Marie-Ève Beauchemin a entendu un joueur américain dire que si l'ultimate frisbee devait intégrer les Olympiques, ce serait sous forme mixte de cinq contre cinq sur la plage. « Je pense que ça peut être intéressant d'avoir un sport mixte aux Olympiques, admet la Sherbrookoise. Même si je ne tripe pas là-dessus, c'est une question de logistique puisqu'il y a moins d'athlètes. »

« La question de l'arbitrage devient souvent une préoccupation pour le Comité international olympique, ajoute-t-elle. Des puristes disent que de mettre des arbitres dans notre sport, ça le dénature. Je pense qu'il y a un juste milieu. Aux États-Unis, des observateurs ont commencé à intégrer le sport. Ils ne font pas des appels actifs. C'est aux joueurs à appeler la faute. Si on ne s'entend pas, là on peut se référer à l'observateur qui va trancher si c'est une faute ou non. Il y a donc une personne qui empêche les joueurs de tricher. »

L'ultimate frisbee encourage beaucoup l'esprit sportif, le dialogue entre les joueurs et le respect de l'adversaire. Pour Marie-Ève Beauchemin, « c'est un beau sport qui mérite d'être connu ».

Crédits photos dans le texte: Sébastien Crête (Mortagne) (centre) et Gaétan Dusseault (haut et bas)


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