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Cynthia Dubé Par Cynthia Dubé
cdube@estrieplus.com

Vendredi, 7 septembre 2018

Parler du suicide, encore et encore



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La Sherbrookoise Mari-Lou Dussault, 23 ans, a perdu son père par suicide le 21 septembre 2016.

Lundi, c'est la Journée mondiale de prévention du suicide. La Ville de Sherbrooke a décidé de mettre en berne ses drapeaux pour soutenir la cause. Du côté d'EstriePlus, nous nous sommes entretenus avec des personnes qui ont perdu un proche par ce fléau.

Chaque jour, trois Québécois s'enlèvent la vie. Les hommes représentent plus du trois quarts des suicides. Sentiment d'isolement, mal de vivre, anxiété, dépression majeure, deuil, peine d'amour, problèmes d'argent, problèmes de santé; les raisons qui poussent certaines personnes à s'enlever la vie sont nombreuses. Depuis plusieurs années au Québec, on multiplie les efforts de prévention.

En Estrie, selon les statistiques, quatre personnes par mois s'enlèvent la vie, dont deux Sherbrookois. Dans le cadre de la Journée mondiale de prévention du suicide, la Ville de Sherbrooke a décidé de poser un geste pour soutenir JEVI Estrie et la prévention du suicide.

« Le suicide est la troisième cause la plus importante de décès au Québec après le cancer et les maladies du cœur, rappelle le maire de Sherbrooke Steve Lussier. Il ne faut plus passer sous silence cette problématique et nourrir le tabou qui l'entoure. Ces décès sont évitables et prendre position est le premier geste qui permet de réduire de façon significative le nombre de décès par suicide à Sherbrooke. »

La Sherbrookoise Mari-Lou Dussault, 23 ans, a perdu son père le 21 septembre 2016. Deux ans plus tard, la jeune femme ne comprend toujours pas le geste irrévocable de son père.

«Un peu avant ses 45 ans, il a décidé de tout lâcher ici. Son travail, sa maison, son mariage; il a tout laissé tomber et il est parti vivre à Mont-Tremblant. Il s'est suicidé dans sa maison, là-bas, quelques mois après son déménagement. Personnellement, je ne l'ai pas vu venir du tout! Mais par après, en parlant avec des proches, j'ai su qu'il avait déjà tenté de se suicider par le passé. Ma grand-mère m'a dit que toute sa vie elle s'était inquiété pour lui. Il avait un mal de vivre depuis qu'il était enfant. »

Depuis le décès de son père, Mari-Lou vit beaucoup de culpabilité. « Il y a beaucoup de réponses que je n'aurai jamais. Je me sens coupable aussi. Quelques jours avant qu'il se suicide, je lui ai écrit une lettre pour lui dire que je n'étais pas d'accord avec sa décision de tout quitter à Sherbrooke! Je ne lui ai pas reparlé après, même s'il m'avait laissé deux messages. Deux ans plus tard, je me sens encore coupable. Il y a une phrase qui me revient souvent en tête maintenant; le suicide n'enlève pas le mal, il le transfère à quelqu'un d'autre. »

Valérie Sirois, pour sa part, a perdu son meilleur ami en 2011. Yvon, un homme drôle et bien entouré, a choisi de poser ce geste irrévocable. C'est Valérie et son conjoint qui ont fait la macabre découverte. Malgré la peine qui persiste après toutes ces années, contrairement à Mari-Lou, Valérie ne se sent pas coupable. Elle a vu venir le coup.

« Yvon avait fait deux tentatives la semaine précédente. Honnêtement, je crois qu'on a fait ce qu'on avait à faire. Je suis convaincu que si je l'avais sauvé cette fois-là il aurait essayé à une autre reprise pour arriver à ses fins. C'était une décision qu'il avait pris depuis un moment. Je n'ai donc jamais eu de remords ou de regrets. »

La présentatrice météo avoue que le plus difficile dans ce deuil, c'est de s'imaginer la douleur que devait ressentir son meilleur ami pour finalement en finir avec la vie.

« J'ai connu Yvon lorsque je suis arrivé à Sherbrooke, en 2004. On a développé une super complicité en peu de temps. Quelques semaines avant son suicide, on a fait un voyage tous les deux dans le Sud. Je sentais qu'il était triste à ce moment-là, mais je ne savais pas que c'était si intense. Encore aujourd'hui, je ne peux pas croire que quelqu'un que j'aime se fasse mal à ce point. Ni qu'il avait mal à ce point. Il souffrait énormément, mais il n'a jamais parlé de ses problèmes. »

Parler. C'est aussi ce qu'Arturo n'a pas fait. Il y a plus de trois ans, ce barman des plus appréciés au Loubards s'est enlevé la vie. Rafael Rioux a tenté de comprendre le geste de son ami et collègue pendant un bon moment, comme bien d'autres proches d'Arturo qui était connu comme un jeune homme charmant, drôle et toujours souriant.

« Au début, on lui en veut et après, on essaie de faire la paix avec son silence. On essaie de respecter le fait qu'il ne s'est pas ouvert à personne de son entourage. Après on se remet en question. On se demande qu'est-ce qui nous a échappé. Rien. Sa façade était parfaite. Je trouve dommage qu'il ne se soit pas confié, mais aujourd'hui, je respecte son silence. Je pense que sa façade de clown cachait un grand désespoir. Je pense que vouloir sauver les apparences s'est ajouté au poids qu'il portait. Je pense qu'un fardeau est moins lourd, lorsqu'on n'est pas seul à le porter. »

Rafael, connu à Sherbrooke comme auteur-compositeur (Lili K.O) et gérant du Tapageur, a travaillé en collaboration avec JEVI pendant plusieurs années. « J'avoue que je prends une pause depuis trois ans. Je prends le temps de me remettre de mes émotions. Quand j'aurai la force, je continuerai de m'y impliquer à ma façon. »

Et de quelle façon, selon lui, pourrait-on ralentir le fléau du suicide? « Il faut se parler. Il faut s'écouter aussi. On est tous humains et nous sommes tous capables de comprendre l'autre. Les gens qui partent ne savent pas à quel point le vide qu'ils laissent est immense. »

Valérie Sirois abonde dans le même sens et trouve que la Journée de prévention du suicide est d'une grande importance.

« On en parlera jamais assez! On ne donnera jamais assez les numéros de téléphone, que ce soit celui de Tél-jeunes (1800 263-2266) pour les ados ou JEVI (819 564-1354). La personne qui souffre doit parler même si elle pense qu'il n'y a pas de solution. Tout peut s'arranger dans la vie. »

Parler aussi avec les ados

Chez les adolescents, le suicide est la deuxième cause de mortalité au Québec. Cette problématique touche donc toutes les tranches d'âge. Dans la majorité des écoles, le sujet du suicide est abordé. C'est le cas entre autres à l'école secondaire Le Salésien, qui propose durant l'année des journées thématiques pour la promotion de la vie et des ateliers de prévention du suicide.

« On fait la promotion d'une bonne santé mentale, explique Véronique Lacasse, psychoéducatrice. On parle des façons de détecter les signes de dépression. On tient aussi à outiller les jeunes pour qu'ils soient capables de détecter les changements de comportements chez leurs amis ou pour eux-mêmes. Nous avons aussi un guide pour évaluer la dangerosité lorsqu'un jeune avec des idées suicidaires vient nous rencontrer. Avec les problèmes d'anxiété chez les jeunes qu'on entend de plus en plus parler, nous avons le souci de la prévention au niveau de la santé mentale. La prévention se fait aussi de plus en plus tôt chez les jeunes. »

 


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