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Vincent Lambert Par Vincent Lambert
vlambert@estrieplus.com

Mercredi, 14 février 2018

Jean-Marc Rozon raconte les Olympiques d’hier et d’aujourd’hui



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Le Sherbrookois Jean-Marc Rozon a été l’un des pionniers en ski acrobatique dans les années 1980 et 1990.

L'ancien skieur acrobatique Jean-Marc Rozon garde de bons souvenirs de son passage aux Jeux olympiques de Calgary en 1988 où il avait savouré l'or. Bien que le sport ait depuis évolué, « sa difficulté n'a pas augmenté, mais sa qualité est nettement supérieure », indique-t-il.

Le Sherbrookois Jean-Marc Rozon a été l'un des pionniers en ski acrobatique dans les années 1980 et 1990. Il avait d'ailleurs construit une rampe d'entraînement dans l'eau pour l'été. Au cours de sa brillante carrière, il a savouré bon nombre de médailles et remporté plusieurs compétitions. Son passage aux Jeux olympiques de Calgary en 1988 lui aura permis de monter sur la plus haute marche du podium alors que son sport était encore à ce moment en démonstration. Rappelons que tout a commencé pour lui au mont Bellevue.

Même s'il ne pratique plus le ski acrobatique professionnellement, Jean-Marc Rozon a toujours la flamme pour ce sport, qu'il suit encore aux Olympiques. Au fil du temps, la discipline a évolué, mais pas nécessairement sa difficulté, explique l'ancien athlète. « La qualité du sport est supérieure aujourd'hui, mais pas nécessairement le niveau de difficulté. Les sites d'entraînement l'été sont beaucoup plus avancés que ce qu'on avait à l'époque. La qualité des sauts a donc augmenté de beaucoup, tout comme sa qualité au niveau technique. Dans notre temps, on inventait les sauts, on ne savait pas qu'ils se faisaient. Aujourd'hui, l'athlète sait que tel saut existe, car on l'a déjà fait. »

Avec le recul, Jean-Marc Rozon croit que les athlètes actuels, qui performent aux Olympiques ou dans les hauts niveaux, dépendent parfois trop d'un suivi rigoureux. « Ce qui me surprend maintenant, c'est que les athlètes doivent aller dormir à une telle heure pour avoir un minimum d'heures de sommeil, explique-t-il. Ils doivent manger des choses spécifiques, avoir un psychologue pour le stress, un physiothérapeute pour la douleur, et un entraîneur qui est présent 24 h sur 24. À l'époque, on n'avait pas ça. »

« La seule chose que je trouve dommage, c'est que l'athlète dépend dorénavant trop de tout ça, il n'est plus lui-même, ajoute-t-il. Quand je faisais une erreur dans mon temps, c'est moi qui décidais si j'allais plus vite ou plus haut pour le prochain saut. Aujourd'hui, l'entraîneur a beaucoup son mot à dire. Si je devais terminer dans une mauvaise position ou que je devais perdre une médaille, j'aimais mieux que ce soit mon erreur que celle d'un entraîneur. Bien que je n'enlève en rien le talent des professionnels, je me demande en fin de compte si c'est vraiment l'athlète qui prend les décisions ou si c'est la machine. »

Pour Jean-Marc Rozon, qui a dû lui-même se discipliner durant sa carrière, le meilleur entraîneur demeurera toujours celui qui est capable de rendre ses athlètes autonomes.

Aborder les JO comme toute autre compétition

Les Jeux olympiques sont souvent perçus comme le summum des compétitions. Même s'il est vrai que cet événement est impressionnant, Jean-Marc Rozon abordait cette compétition comme toutes les autres.

« Que ce soit les Olympiques, la Coupe du monde, le Championnat canadien ou provincial, j'ai toujours été une personne qui donnait son 100 % partout, rappelle celui qui a été intronisé au Temple de la renommée du ski canadien en 1997 et au Temple de la renommée olympique du Canada en 1998. Beaucoup de gens pensent que les Olympiques sont le summum, mais pour ma part, j'ai toujours donné mon maximum dans mes compétitions, et ce, peu importe le niveau. Aux Olympiques, ce sont les mêmes compétiteurs que partout. Par contre, il y a davantage de stress et de visibilité. »

Pour l'ancien skieur acrobatique et entraîneur de l'équipe canadienne de 1998 à 2000, la seule chose qui changeait en compétition, que ce soit les Olympiques, la Coupe du monde, le Championnat canadien et provincial, c'était la lettre et le nom.

Depuis plusieurs années, les Jeux olympiques offrent un spectacle d'ouverture grandiose. Plusieurs millions de dollars sont investis à ce niveau. Pour les athlètes, c'est évidemment très spécial, mais Jean-Marc Rozon croit qu'il pourrait être intéressant qu'une partie de ces investissements aille aux athlètes. « Lorsque je compétitionnais, le spectacle d'ouverture se faisait en plein jour, note-t-il. C'était plus sobre, mais je trouve que c'était mieux. Il y avait trois ou quatre spectacles et les Jeux commençaient. Plusieurs millions sont mis dans l'ouverture maintenant, mais peut-être que ce serait intéressant qu'une somme aille aussi aux athlètes. »

« Ce qui est bien par contre avec tous ces investissements dans le cadre des Jeux, c'est que les infrastructures restent accessibles pour les athlètes, c'est incroyable. Selon moi, moins d'argent pourrait être mis en ouverture et ce ne serait pas grave. »

Sauter avec ses vieux chums

Jean-Marc Rozon a peut-être rangé ses skis de compétition, mais cela ne l'empêche pas de pratiquer encore son sport acrobatique dans l'eau. Une fois ou deux par année, il lui arrive de se retrouver avec ses vieux amis.

« En fin de saison au mois de septembre, je vais à Québec sur le site d'entraînement du saut acrobatique et je saute avec tous mes chums du temps, explique-t-il. Le soir, on soupe et on se rappelle des souvenirs. »

Au cours de sa carrière, Jean-Marc Rozon a réalisé plusieurs sauts, dont son plus difficile qui se fait encore aujourd'hui : un trois tours et quatre vrilles. Outre cette prestation, il a aussi inventé cette signature : un tour et une vrille, un tour aucune vrille et un tour une vrille. La dernière figure qu'il a pratiquée en premier a été une vrille dans le premier tour, deux vrilles dans le deuxième tour et aucune vrille dans le troisième tour.

Lors des derniers JO à Sotchi, Jean-Marc Rozon a vu l'un de ses sauts être réalisé. Une prestation qu'il lui a donné le sourire et qui l'a replongée dans ses nombreux souvenirs.

 

Crédit photo et vidéo dans le texte: Jean-Marc Rozon


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