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  TECHNO / Info-techno

Une chance que je ne suis pas technophobe


13 février 2012
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Nelson Dumais Par Nelson Dumais
Lundi 13 février 2012

(Las Vegas) Veux veux pas, la techno de pointe est omniprésente sur la route menant à ma chambre d'hôtel. Être technophobe, je serais en train de me gratter l'urticaire jusqu'au sang. Car tout est désormais informatisé, du système d'émission des cartes d'embarquement, à la bigbrotherisation des clés de chambre, en passant par le pré-remboursement des dépenses.

Ainsi, hier matin, au PET de Dorval, je me suis approché d'une borne interactive identifiée à American Airlines et j'ai commencé à entrer la séquence de tap tap nécessaires à mon accréditation comme détenteur d'un passeport valide à qui Hewlett-Packard a payé un aller-retour Montréal-Chicago-Las Vegas. Hélas, le système informatique m'a reconnu. Il s'est rappelé son mandat premier consistant à me faire suer. Il m'a donc signifié son mépris et il m'a fallu aller joindre la file des mononks et matantes pas technos (1).

Plus tard, cette épreuve réussie, je me suis pointé à la sécurité. Là, coup de pot, personne n'a décelé ma hargne. Contrairement à l'habitude où on m'agace la patience en anglais, ici chez moi, où on me soupçonne de me promener avec un ordi plein de JPG pédophiles (n'ai-je pas la barbe blanche du père missionnaire classique ?), cette fois, j'ai eu droit à un préposé de bonne humeur qui n'a pas arrêté de m'asséner des farces plates. Bref, pas de beep-beep, pas de fouille corporelle, pas de scanneur inquiétant, pas de confiscation de tube de dentifrice. Rien !

Évidemment, il y avait un prix de rattaché à cette soi-disant générosité du sort : une bonne demi-heure de queue aux lignes américaines. J'ai vite compris que les douaniers disposaient de nouveaux joujoux technos, un lecteur rétinien et un scanneur d'empreintes digitales. Hier, selon la tronche des voyageurs ou selon la méfiance de l'agent, le processus pouvait être rapide ou long. Certains passagers passaient sans histoire, d'autres se faisaient inspecter la rétine, d'autres avaient droit, en plus, à la vérification de leurs empreintes et, les plus malchanceux se faisaient reconduire dans l'arrière-boutique de la douane où des experts les prenaient en charge.

Notez bien que ces malheureux ne sont pas torturés, je le sais pour y avoir eu droit à deux reprises. La souffrance est plutôt cérébrale puisque l'on craint de rater son avion dans un contexte où le billet n'est pas remboursable. Hier, un douanier au facies asiatique à qui sa maman n'a jamais appris à sourire m'a laissé filer sans risquer la santé de ses machines savantes sur ma personne. Depuis, je le soupçonne d'avoir senti en moi cette force non souhaitée qui fait que, souvent, les bidules dont je m'approche cessent de fonctionner normalement. (2)

Comme l'embarquement pour mon vol venait de commencer quand j'ai fini par émerger des douanes, je n'ai pu profiter de l'accès Internet sans fil gratuit dont se vante le PET et je me suis engouffré dans l'aéronef, un modèle brésilien non équipé du précieux WiFi. Normal, seuls les Boeing 767 d'AA le sont, comme j'ai pu le constater en changeant d'appareil à Chicago. Il en a couté à mon voisin de siège 12,95 $US pour la durée du vol Chicago-Las Vegas, soit environ 4 heures. Cher ? Pas vraiment, s'il faut travailler.

Ici, dans ma chambre d'hôtel, le WiFi m'est fourni à raison de 15 $US pour 24 heures. Un jour je produirai un comparatif sur le WiFi dans les hôtels de Las Vegas. Au Cosmopilitan, c'est acceptable, mais il peut en être tout autrement ailleurs. Je pense au Mandaley Bay où, un jour, c'était tellement mauvais que pour mettre un article en ligne, j'ai dû utiliser mon iPhone comme accès Internet en mode 3G (thetering). Imaginez le coût !

Ce qui est techno-intéressant ici à l'hôtel, c'est la clé de chambre. En fait, c'est une carte à bande magnétique (genre carte de crédit sans puce) qui non seulement me permet d'accéder à ma chambre, mais qui sert à indiquer l'étage de destination aux ascenseurs (sans elle, il est impossible de pitonner le bouton de son étage) et qui bricolent mon dossier de consommateur à travers les commerces de l'hôtel (rendu à tel montant dépensé, on a droit à une ristourne utilisable au prochain achat; pour cela, il faut présenter sa clé de chambre laquelle est glissé dans le lecteur de la caisse enregistreuse). Ainsi, les autorités savent à quelle heure on est allé où et ce qu'on y a consommé.

Greffez à cela un système de vidéosurveillance à la fine pointe (les hôtels de Las Vegas sont des casinos) et vous en arrivez à vous sentir constamment épié par Big Brother. Fait cocasse, la malédiction dont je suis frappé, celle que mon douanier a judicieusement décelé à Montréal, ne s'est manifesté ici qu'une seule fois (3): une des deux clés de chambre ne fonctionne pas.

Enfin, il faut que je vous dise que les relationnistes de HP m'ont remis un certificat-cadeau American Express de 100 $US pour mes dépenses. Shlick-shlack ! C'est nouveau. Avant, il fallait tout payer de sa poche (sauf les repas officiels) et se faire rembourser. J'aime bien; ça fait moins d'argent étasuniens à trainer et c'est moins dur sur mon compte Visa.

Qu'est-ce que je fiche à Vegas ? Je vais le savoir dans une heure ou deux. HP a convié des journalistes de partout (j'ai diné hier soir avec deux collègues, un de Bratislava (Slovaquie) et l'autre de Zurich (Suisse). Il sera question de gros serveurs pour la grande entreprise. Du moins, c'est ce qui se placote.

Je vous en parle dans ma prochaine chronique.


(1) SVP, évitez de vous habiller en ado pour voyager si vous êtes un baby boomer. Les calottes avec la palette en arrière ne se portent plus et les T-Shirt de Black Sabbat cachent très mal les panses velues et pendouillantes.
(2) Souvent quand c'est mon tour, le guichet automatique refuse de fonctionner, la caisse enregistreuse de l'épicerie fait des siennes, la pompe à essence rejette ma carte de crédit, la borne interactive tombe en panne, etc. Je vous fais grâce des ordinateurs et des logiciels. En un mot, j'ai la certitude qu'il s'agit d'un complot.
(3) Tout à l'heure, il m'a fallu traverser le Casino pour allez prendre mon petit déjeuner. Or, sur mon passage, étrangement , des machines à jeu ont émis des gémissements et l'une d'elle s'est éteinte. Serais-je affligé d'un début de paranoïa ?


www.nelsondumais.com

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