Nous sommes à la mi-novembre, ce qui, en termes marketing, signifie « Power On Machine à piastres Go Go ! » Le marché des fêtes commence à battre son plein. Des millions de consommateurs, la plupart trop endettés pour garder ce statut, sont en train de réaliser qu'il leur faudra acheter des trucs d'ici le 24 décembre s'ils entendent continuer à être perçus comme pertinents dans leur réseau familial ou social.
Or, parmi ces millions de lemmings en route vers la névrose, un fort pourcentage réglera temporairement son problème en franchissant le seuil d'une grande surface électronique. Tant et si bien que quelque part en janvier 2012, je vous publierai des chiffres provenant de Gartner, IDC ou Forrester démontrant que le marché des fêtes aura été bénéfique à Apple qui aura vendu des iPhones 4s et des iPad2 comme jamais, ainsi qu'au savorama Android, surtout en son segment bas de gamme, où il se sera écoulé des quantités phénoménales de téléphones intelligents.
Normalement, je vous dirai que Nokia aura su tirer son épingle du jeu, malgré sa caporalisation redmondaine; deux ou trois bébelles intérimaires auront été vendues avec succès, surtout en Asie. Je vous ajouterai que le Kindle Fire d'Amazon aura été sous-évalué par les analystes et je vous répéterai la même chose pour la tablette Nook de Barns & Nobles, des produits abordables se situant sous les 250 $.
Quant aux ardoises de plus de 7 pouces, ces machins plus onéreux qui se seront bêtement attaqués au iPad2, ajouterai-je, ils auront mordu la poussière. La tendance amorcée à l'été 2011 aura inéluctablement franchi le cap du non-retour. Les grosses tablettes Android ne se seront pas vendues et leurs ingénieurs concepteurs auront été alignés au mur des exécutions sommaires. Ra-ta-ta-ta-ta ! Il est même possible que j'écrive sans recevoir de tomates que les Xooms et autres mirifiques Galaxy s'en seront allés faire trempette au iCimetière dans les fosses inondées du TouchPad (HP) et du PlayBook (RIM). Misère !
En encadré (à moins que j'en fasse un sujet de chronique séparée), je vous soulignerai, pour une deuxième année consécutive, l'absence remarquée de Microsoft dans ce créneau durant la période la plus commerciale de l'année. J'aurai le malheureux devoir de vous dire, « abyssus abyssum invocat », qu'il ne se sera pas assez vendu de WinPhone 7.5 Mango pour que les chiffres figurent au palmarès.
Questionné, un porte-parole impérial m'aura ânonné la position officielle voulant que Windows 8 arrivera bientôt et que, dès lors, le marché des fêtes 2012-2013 aura une tout autre allure. Ouin, rétorquerai-je, mais de quoi sera faite la clientèle grand public de Microsoft en novembre 2012 ? Qui osera acheter un gizmo-bidule-gadget sous Windows 8 Metro alors que tout le monde, incluant les beaufs, sera, depuis belle lurette, sous iOS ou Android en train de tapoter des apps de qualité pouvant faire tout, mais alors tout tout et tout, ce dont ils ont besoin ? Avec une telle question probablement laissée sans réponse publiable, ma conclusion ne pourra alors être que pathétique.
Sur la mer iBidulesque, écrirai-je, mer étroitement surveillée par les porte-avions et les destroyers d'Apple, mer infestée de sous-marins androïdes, mer jonchée d'épaves témoignant de terribles naufrages, une éventuelle escadre battant pavillon microsoftien aura très peu de chance. On la torpillera jusqu'à ce qu'elle ait remonté le chenail menant en eau douce, mer intérieure essentiellement corpo où on a appris à l'aimer et la respecter.
Vous ai-je déjà confié ne plus croire au Père-Noël ?
Quelques petites vites:
Dans une étude intitulée « Internet des objets », recherche bénédictine faite auprès de 716 entreprises canadiennes (312 au Québec) par ScienceTech pour le compte de l'Alliance canadienne pour les technologies avancées (CATA), on apprend qu'au Québec, quelque 19 000 personnes travaillent dans le domaine des systèmes embarqués (6 750 dans les entreprises de conception-développement, 12 500 dans le secteur utilisateur). On parle ici de ces systèmes autonomes que les fabricantes installent dans leurs produits. Je vous cite Jean-Guy Rens, co-auteur de l'étude :
« Contrairement aux ordinateurs, il s'agit d'une informatique cachée, basée sur des microprocesseurs à faible consommation d'énergie qui s'installent dans les voitures pour déclencher les coussins gonflables ou les freins ABS, dans les drones qui survolent les zones dangereuses ou même dans le béton des routes ou des ponts pour indiquer l'état du matériau. Bref, on trouve ces systèmes informatiques un peu partout. Demain, on ne pourra plus rien fabriquer qui ne contienne un de ces systèmes que l'on dit « embarqué ». Pourquoi « embarqué » ? Tout simplement parce que le système est enfoui au sein du produit final. On ne vend pas un système embarqué, on vend une voiture qui contient des systèmes embarqués. Si elle n'en contient pas, on ne l'achète pas. Il en est de même avec de plus en plus d'objets : téléphone cellulaire, appareils électroménagers, consoles de jeu, etc. Demain, toutes les entreprises qui produisent des objets devront y injecter de l'intelligence - ou disparaître.»
Mais tout n'est pas rose, il y a des écueils et ScienceTech y va de recommandations. Pour avoir un aperçu de l'étude, cliquez sur la vignette.
Adobe annonçait cette semaine, son intention d'abandonner le développement de l'utilitaire Flash Player en giron mobile. Ce qui signifie que la version 11.1 attendue sous peu pour plates-formes Android et PlayBook (RIM) sera la dernière. La raison coule de source: le HTML5 s'est imposé. Le courant général va dans cette direction et, rappelons-le, Apple a été la première grande fabricante à le proclamer. Tant et ai bien qu'Adobe a choisi de s'y investir et, avec certaines trouvailles de son cru, elle entend contribuer à améliorer le nouveau langage du Web. Je vous donne en mille la réaction de RIM, la malheureuse fabricante du PlayBook. « Nous allons continuer avec Flash, nous allons lancer notre propre adaptation et nous avons hâte d'inclure Flash 11 dans nos PlayBook ». Tant qu'à se peinturer dans un coin, aussi bien le faire sans possibilité de secours, non ?
S'il vous arrive d'aller vous promener sur le Mont-Royal, cet espace vert essentiel à Montréal, lisez cette capsule. L'organisme « Les amis de la montagne » a fait fabriquer par Iekho.com une app gratuite pour iOS, un « géoguide » (uniquement en français pour l'instant) qui interprète les différents centres d'intérêt au fur et à mesure que les marcheurs s'y présentent. «Lorsque le visiteur passe à proximité d'un point d'intérêt, le iPhone s'active et une capsule audio-vidéo est automatiquement déclenchée. Chaque point d'intérêt contient également un diaporama qui permet au visiteur de voir le lieu où il se trouve sous d'autres angles, sous d'autres conditions ou à d'autres époques. Le contenu sur les points d'intérêts est tiré de la carte interactive des Amis de la montagne». Pas pire, non ? Pour voir la carte interactive, cliquez sur la vignette.
Notre ami jmv1 attire notre attention sur une technologie en voie de déploiement généralisé, la communication en champ rapproché. «Les codes QR, qui les connaît, demande-t-il ? Les utilisateurs de téléphones intelligents et quelques geeks. Mon voisin, heureux possesseur d'un iPhone depuis deux ans, n'était même pas au courant de leur existence, ou plutôt de leur utilité, jusqu'à ce que je lui dise à quoi ils servent. Google en a usé et abusé jusqu'au mois dernier. Mais à peine ces codes QR commencent-ils à être connus que la géante se tourne maintenant, semble-t-il, vers la communication en champ rapproché. Cette technologie permet l'échange de données à courte distance entre divers appareils, dont les téléphones intelligents munis de la puce nécessaire, comme le dernier Nexus One, apparemment. C'est supposément l'avenir et c'est rempli de potentiel, tant positif que négatif : possibilité de payer en passant simplement son téléphone près d'un appareil ou d'une borne de paiement, possibilité de se faire voler le téléphone, ou tout simplement l'identité et les renseignements personnels de son propriétaire par un voleur techno assis bien tranquillement au centre commercial avec son petit portable équipé d'une puissante puce de lecture, possibilité d'obtenir plus de renseignements sur le commerce dont l'exploitant aura glissé une puce dans l'affiche de sa vitrine, etc.» Prometteur ! Quelqu'un veut commenter ?
Merci de m'avoir lu et bonne fin de semaine !