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Siri, une amusante Beta pas encore au point

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Nelson Dumais Par Nelson Dumais
Mercredi 26 octobre 2011

Une des raisons que l'on invoque pour passer au iPhone 4S (Apple) est Siri, un système prometteur de reconnaissance vocale en langage naturel. On pose une question ou on donne un ordre au bidule et il répond, recommande ou exécute, comme HAL 9000, l'ordinateur du film culte de Stanley Kubrick (image ci-haut). Ce gros logiciel qui nécessite un processeur A5 à double cœur est sensé s'adapter aux us et coutumes de l'utilisateur avec le temps. Sauf que dans mon cas, bof !

Selon les porte-parole d'Apple, plus il y aura d'utilisateurs de Siri, plus les proprios de iPhone 4S s'en serviront, plus les possibilités de reconnaissances et d'efficacité seront grandes. Notre voix, notre accent, nos questions types, etc. sont stockés chez Apple avec des millions d'autres où elles sont épluchées pour perfectionner les habiletés du système.

Par exemple, cela rend possible de dire au iPhone : « Rappelle-moi d'appeler au bureau» et de se faire répondre « À quelle heure voulez-vous appeler ? ». Autrement dit, il y a de l'intelligence et la possibilité d'un certain « dialogue ». Il est même possible de poser sa question à sa façon, sans avoir à parler comme une grammaire ouverte. Siri comprend ! Par exemple, au lieu de lui demander : « qu'elle est la situation météo ? » on peut dire « c'est quoi la météo ? ».

 

Pour répondre, Siri se sert de l'info qu'il trouve dans notre liste de contacts, dans notre calendrier, dans nos apps (p. ex. la météo), dans notre libraire musicale, etc. Si on lui dit « Joue L'acouphène », il le fera sans que l'on doive lui préciser qu'il s'agit d'une pièce de Karkwa. En fait, Apple l'a rendu à l'aise avec la plupart des apps iOS 5.0 fournies au départ.

Ainsi, si je lui commande de me trouver «nelsondumais.com» sur le Web, il ouvre Safari et trouve le site sans, cependant, aller plus loin que la fiche Google. Ce qui n'est déjà pas si mal. En fait, certaines questions sont pour lui bien évidentes. Par exemple, si je demande «quelle heure est-il ?», j'obtiens une réponse satisfaisante. Idem pour «quel jour sommes-nous» ou «c'est quoi la météo». Il faut voir la belle pub sur le site d'Apple, celle du jogger qui peut demander des trucs à Siri et obtenir, malgré son léger essoufflement, des réponses satisfaisantes.

Sauf que pour l'instant, dans le pratico-pratique du bon vieux plancher des vaches, ce n'est pas aussi jojo. On se rend compte très vite que Siri est en état beta. Au croirait avoir affaire au Newton (Apple) du siècle dernier. Autrement dit, ce produit au potentiel intéressant n'est pas vraiment au point.

Par exemple, il offre trois variétés d'Anglais, Australie, États-Unis et Grande-Bretagne (vignette plus haut), mais une seule française, celle de l'Europe. Sachant que le Français québécois est au Français parisien, ce que l'Anglais new-yorkais est à celui de Londres, ou le Portugais du Brésil à celui de Lisbonne, le Québécois ne peut vraiment utiliser le produit sans vivre une certaine frustration. Par exemple, si je lui demande de me lire mon dernier courriel, il ne comprend rien; il me faut répéter en remplaçant « courriel » par « Email » prononcé à la parisienne « i-mèl ». Amusant !

Si je lui demande de téléphoner à Apple Canada (les trois vignettes ci-haut) et que je prononce le nom de l'entreprise à l'anglaise, il comprend «Taux auquel» et me répond ne rien trouver dans mon carnet d'adresses. Si je le prononce à la québécoise, un peu patate chaude dans la bouche, un peu à la manière d'un jogger qui en est à son second souffle, il réagit de la même façon ou, dans un cas, confond «Apple Canada» et «La pomme cannelle». Par contre si je le prononce à la parisienne (A-peuuull), bingo, il comprend. De quoi s'enrager comme Elvis Gratton dans cette séquence désopilante où, dans une cabine téléphonique, il essaie de se faire comprendre par un système de reconnaissance vocale.

Je suis allé vérifier ce que ça donnait en Anglais et, pour ce faire, j'ai configuré Siri en langue étasunienne. Croyez-moi, croyez-moi pas, ce fut parfait à tout coup, sans même que je n'aie à tricher en utilisant un accent ampoulé.

Siri fait même état d'une certaine attitude ou d'un certain sens de l'humour, tout comme HAL 9000, du reste. Par exemple, je me suis amusé à lui demander quelle était la situation météo et, dans le lot des réponses, réponses toujours accompagnées du tableau météo Yahoo, j'ai obtenu «si seulement je savais skier» ou «ça peut-être un peu glissant, là-bas».

Quand je lui ai demandé quelle était ma localisation, il m'a répondu que je l'avais collé avec ma question. À «qu'est-ce qu'un iPhone», il m'a rétorqué qu'il n'en savait vraiment rien. Avec «à quelle distance sommes-nous de Montréal?», il a répondu « Franchement, je n'en ai aucune idée ». À quand «va te faire foutre connard» ou, à la suite d'un développement lexicologique prochain, «étouffe, gros cave !» ? J'ai pu constater que ce genre de réponses survenait surtout quand je posais ma question avant le déverrouillage du départ. Après, Siri filait généralement bien droit sans pour autant se priver d'une certaine légèreté.

En réalité, certains services ne sont actuellement disponibles qu'aux États-Unis, alors que d'autres ne sont pas encore implantés. Ce qui n'enlève rien à ceux qui fonctionnent déjà assez bien. Par exemple, vous demandez à Siri de vous écrire une note et il le fait aussi bien que ne le font les autres logiciels de ce genre. Il ne vous reste plus qu'à corriger. Évidemment, si vous hésitez trop entre deux paragraphes, le drôle croit que vous avez terminé et il prend des initiatives (zieutez la vignette du milieu, ci-après). Mais, dans l'ensemble, ça marche !

Si vous en avez la chance, essayez ce gadget, Auquel cas, vous serez probablement de mon avis : le produit est prometteur, voir amusant, mais, pour l'instant, il peut constituer une raison inutilement supplémentaire pour vous faire commettre de bien grasses impolitesses.


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