Léo est parti. La malédiction semble ne plus vouloir quitter Hewlett-Packard. En effet, la géante californienne aura vu défiler sept « Chief Executive Officers » (P.D.G.) différents entre 1999 et maintenant, si on inclut l'ingénieur Lewis Platt, le dernier grand patron se situant dans le sillage des deux fondateurs Bill Hewlett et David Packard. En comparaison, IBM, Microsoft, SAP et Apple n'en ont eu que deux pendant cette même période.
Platt fut remplacé en juillet 1999 par la gestionnaire Carly Fiorina à qui l'on doit l'achat de Compaq et, au dire de certains observateurs, « le saccage de HP ». Quand elle se fit montrer la porte en février 2005, Robert Wayman tint le fort pendant deux mois avant l'arrivée du contesté Mark Hurd, ci-devant P.D.G. de NCR. Comme on le sait, c'est dans un climat glauque aux remugles de larcins et de harcèlement sexuel qu'il dut quitter précipitamment, c'était en août 2010, pour s'en aller jouer au numéro 2 chez Oracle, une société concurrente.
Deux mois plus tard, à la suite d'un intérim exercé, cette fois, par Cathie Lesjak, c'est un as du grand logiciel, Leo Apotheker, qui se fait offrir le sceptre royal. Le défi est de taille, mais l'ex-P.D.G. de la multinationale teutonne SAP ne saura le relever. Tant et si bien qu'au bout d'un an, période essentiellement erratique, on le dégomme et on confie sa chaise curule à Meg Whitman, ex-P.D.G. de eBay.
Du temps de Platt, HP était une force indiscutable, une grande firme aux assises inébranlables, une institution que toute l'industrie respectait. C'est sous le règne de Carly Fiorina, que s'amorça son déclin; la valeur de l'action diminua de moitié et les congédiements devinrent chose courante. Si Mark Hurd sut redonner un second souffle à l'entreprise exsangue, ses derniers kilomètres furent terriblement dévastateurs. À plus forte raison qu'avec en tête tous les secrets et tous les projets de l'entreprise, il passa à l'ennemi pour devenir coprésident d'Oracle, la boîte de Larry Ellison.
Et que dire du court passage de Leo Apotheker, sinon que le déclin du fleuron de la Silicon Valley fut précipité et que l'entreprise devint quasiment une poule sans tête. Ce matin, les huiles internes lui reprochent sa faiblesse gestionnaire et son incapacité à bien communiquer. On brandit ses récentes décisions quant à l'achat surévalué d'Autonomy, quant à l'éjection annoncée de la division PC et quant à l'abandon sauvage des dispositifs intelligents, dont le Touchpad. Bref, haro sur le baudet !

Meg Whitman prend ainsi les commandes d'une géante très malade. La marque HP a perdu énormément de lustre; pour le moins elle ne brille plus du même aura d'excellence que naguère. La nouvelle P.D.G. maintiendra-t-elle les décisions de Leo ? Wall Street ne sait pas vraiment à quoi s'en tenir et le titre en prend pour son rhume. Il suffit de regarder le tableau ci-haut.
Il est amusant de noter que Meg Whitman a toujours été mieux cotée par le magazine Forbes que sa prédécesseure Carly Fiorina. Si on dit de la première qu'elle est parvenue à faire de eBay « le plus important site de commerce en ligne du monde, la plus valorisée des marques Internet et l'entreprise ayant connu la plus forte croissance de l'histoire », on ajoute le nom de l'autre sur la liste honteuse des « 20 pires P.D.G. d'entreprises américaines de tous les temps », prétextant surtout l'achat de Compaq.

Or, ces deux richissimes quinquagénaires se retrouvent sur le front politique étasunien où elles sont de redoutables militantes républicaines et, probablement, des rivales. Mme Whitman (photo de gauche) a fait partie de l'organisation de Mitt Romney ainsi que celle de John McCain et, l'an dernier, a mordu la poussière lors des élections au poste de gouverneur de la Californie, une aventure qui lui a coûté 140 M$ de sa poche. Quant à Mme Fiorina (photo de droite), elle aussi impliquée chez Romney et McCain (où elle a fortement appuyé Sarah Palin), puis s'est fait battre aux élections sénatoriales de 2010 en Californie.
Quelques petites vites:
Un lecteur, J.M. Thériault, entend porter à notre attention une nouveauté du côté iPad des choses, l'application ZITE. Si vous comprenez l'anglais et que vous aimez lire des trucs à partir de votre iPad ou de votre iPhone, vous pouvez vous télécharger Zite et la configurer. Dès lors, vous obtenez un magazine complet ne comportant que ce qui vous intéresse. Ces textes proviennent des plates-formes Twitter, Google Reader, Delicions et Read It Later où il faut avoir un compte. Facile, agréable, utile, mais, avouons-le, pas nouveau.
Les résultats d'une enquête de l'AQT menée auprès de quelque 650 entreprises québécoises impliquées en TI démontrent que 67 % d'entre elles connaissent une croissance de leurs revenus supérieure à celle de l'exercice financier précédent. De plus, 86 % prévoient que cette prospérité continuera sa croissance tout au long de l'exercice en cours. Fait à signaler, les entreprises interrogées effectuent en moyenne 62 % de leurs ventes au Québec. Autre chiffre digne de mention, 88 % d'entre elles prévoient développer de nouveaux produits et services. Pour obtenir cette étude appelée « Baromètre AQT », cliquez sur la vignette ci-contre.
Guy L. veut notre opinion sur un projet qu'il caresse. «Durant la saison estivale, écrit-il, mon père de 86 ans habite chez lui dans le Bas-du-Fleuve, mais à la saison froide, il demeure chez moi à Trois-Rivières. Comme les longs mois d'hiver mettent à rude épreuve sa nostalgie, je songe à installer des caméras IP intérieures (p. ex. des Izon) connectées à un modem Internet. Comme ça, il pourrait jeter régulièrement un coup d'œil sur son coin de terre. Chez moi, je suis « équipé » Apple : MacBook Pro, iPod, iPhone, iPad. Quelles sont à votre connaissance les solutions simples et pas trop dispendieuses qui s'offrent à moi? Quels sont les paramètres technologiques à respecter pour faire de ce projet un succès (équipement, bande passante nécessaire, etc.) ? » Quelqu'un a déjà bidouillé un truc semblable ?
Un article publié hier sur MSDN donne raison à ceux parmi vous qui avez manifesté des craintes quant à l'impossibilité d'installer un deuxième système d'exploitation avec gestionnaire d'amorce sous Win 8. Il semblerait que la fonction « Secure Boot » dans le UEFI ( « interface micrologicielle extensible unifiée », programme qui remplace le BIOS dans les PC) sera activée par défaut. C'est ce qui rendra impossible l'installation d'un autre SE. Mais Microsoft ne veut pas de problèmes. Ainsi, elle laisse aux fabricants de PC (OEM) le soin d'activer elle-même (sans possibilité de désactivation) ou de laisser ce choix à l'utilisateur du PC. Donc, certains OEM rendront possible l'installation d'un autre SE, d'autres non.
Merci de m'avoir lu et à la semaine prochaine.