Un jour, lors d'un cocktail corpo chez Microsoft, j'avais demandé à Stephen Sinofsky, l'ingénieur cinq étoiles qui dirigeait le développement de Windows 7, comment il envisageait le passage, en entreprise, de Win XP à Win 7, compte tenu des facteurs humains habituels de résistance au changement.
Puisque je commençais tout juste à me familiariser avec l'interface utilisateur de ce Windows en devenir, j'ai cru en la réponse du grand homme. En gros, il me soutint que ça se passerait facilement, les interfaces graphiques de ces systèmes d'exploitation relevant, somme toute, d'une logique semblable et qu'en prime, les irritants de Win XP étaient pour la plupart disparus avec Vista et 7.
Trois ans plus tard, en l'occurrence hier soir, ma blonde qui a lu ma chronique d'hier, s'est penchée vers le PC dont le me suis servi, a cliqué ici et là, puis a déposé la souris avec humeur. Comme si elle invoquait Saint-Jude, le patron des causes désespérées, elle s'est alors exclamée : « Pourquoi ils ne se contentent pas de réparer et optimiser Windows XP ? Pourquoi faut-il, quand quelque chose marche bien, qu'ils le remplacent par autre chose de différent qu'il va falloir apprendre à utiliser ? »
Comme ce cri du cœur venait d'une personne dont l'organisation compte actuellement des milliers de PC sous Win XP, je me suis mis à réfléchir.
J'ai pensé au bond d'apprentissage entre Win XP et Win 7, ou, pour la minorité de boîtes qui l'a fait, entre XP et Vista. Mais par-delà les coûts de déploiement, j'ai surtout songé à ceux de la formation qui ont dû être élevés, sans pour autant s'avérer, avant les ... extra, faramineux. En effet, entre XP et Vista/7, la marche n'était pas si tant élevée pour les utilisateurs.
Or, aux dernières nouvelles, XP compterait pour environ 50 % des sites Windows à travers le monde. C'est donc dire, que non seulement la plupart des proprios de licences auront sauté par-dessus Vista, mais bon nombre en feront autant avec Win 7 étant donné que Win 8 apparaîtra, environ, dans un an. Autrement dit, sauf exception, ils seront nombreux à sauter de Win XP à Win 8.
Alors, j'ai pensé à l'énergie dont j'ai dû faire preuve hier pour arriver à utiliser harmonieusement mon PC sous Win 8. Qui suis-je ? Un gars que dans les officines de relations publiques on appelle « power user », mais que dans les cercles informatiques on qualifie de « Tit-Jos Connaissant ». Les deux épithètes veulent simplement dire que je me démerde sans pour autant savoir programmer en C# (C sharp). Pourtant, j'ai ramé hier ! Comprenez-moi, je ne râle pas, j'aime l'informatique et j'ai eu beaucoup de plaisir à bidouiller dans Win 8.
Mais l'employé qui accomplit quelques tâches routinières dans Win XP depuis cinq ou six ans va possiblement trouver la côte pas mal à pic. Si le système des deux interfaces utilisateurs, la classique et la Metro, subsiste dans la version finale, si les différences dans les menus demeurent, il m'est avis qu'ils seront nombreux à s'effaroucher.
Je me place sur la chaise d'un employé démotivé à qui, chaque année, on demande, because la conjoncture économique et la frilosité conservatrice, de faire plus avec moins, un employé qui n'a pas le goût de triper avec sa nouvelle interface, et, sans me forcer, je l'imagine en train de « résister au changement ».
D'où ma question à Microsoft : « comment envisagez-vous le passage, en entreprise, de Win XP à Win 8, compte tenu des facteurs humains habituels de résistance au changement ? »