Ceux qui se rappellent le Canada de Lester Pearson, ce pays d'avant la mondialisation, d'avant Internet et d'avant le cynisme politique, cette contrée sans prétention où il était normal de participer aux missions de paix onusiennes, de gagner la coupe Stanley, de cultiver la terre en famille, de grimper l'escalier de l'Oratoire à genoux, de voir la Police Montée « attraper son homme », ce regroupement de provinces frileuses, aussi timides qu'accueillantes, dont les experts en santé et en éducation n'avaient pas commencé à sévir, ce pays à ne plus finir dont la Métropole aux mille clochers avait brillé universellement en 1967, dont le cardinal s'était fait missionnaire chez les lépreux d'Afrique, dont les ingénieurs exportaient lucrativement leur savoir et dont les « steamés all-dress » du Montréal Pool Room rivalisaient en popularité avec ceux de l'Orange Julep Gibeau, frite baveuse en sus, bref ceux-là vont prendre un coup de vieux en lisant ce qui suit (1).
De par son laxisme et ses retards technos, le Canada serait devenu une sorte de petit paradis pour les cybermalfrats. Plus ça va, plus le bleu pays harperien justifierait sa réputation de plaque tournante en matière de cybercriminalité.
C'est la firme américaine Websense qui le déclare. Qui c'est ? Une grosse boîte informatique de San Diego qui fabrique des logiciels de sécurité particuliers aux passerelles Internet. Cela permet, notamment, de bloquer l'accès à certains sites Web. D'où le fait qu'un des principaux clients de l'entreprise soit le gouvernement chinois. Incidemment, ces logiciels servent également à protéger le système informatique de la base navale étasunienne de Guantanamo à Cuba. Autrement dit, la circulation de données, la connaissance de leurs points de départ et de destination, ne font aucun mystère pour Websense.
Voici une vidéo en anglais qui présente la problématique dont les grands point apparaissent ci-après.
En résumé :
1- Le Canada est passé de la 13e à la 6e place au monde quand on tient compte du point de départ de la cybercriminalité 2- Le nombre de serveurs canadiens servant au hameçonnage a augmenté de 319 % dans les douze derniers mois. Seule l'Égypte prérévolutionnaire a pu s'approcher d'un tel score en 2010; 3- Le nombre de botnets (réseaux de PC zombis essentiels à l'acheminement du pourriel) dont le centre de contrôle est situé au Canada a grimpé de 53 % depuis septembre 2010; cela fait du Canada le numéro 2 mondial; 4- Le déclin des sites malveillants, un phénomène qui se vérifierait présentement à l'échelle mondiale, se fait beaucoup plus lentement au Canada que n'importe où ailleurs. Cela vous étonne ?
Quelques petites vites:
Dans l'édition d'avril 2011 de Mobilemix, un rapport industriel publié par Millennial Media, on apprend que la plateforme Android (Google) règne sur l'univers des bidules intelligents avec une part de marché (croissante) de 53 %. Par contre, côté vente d'applications, c'est l'iOS d'Apple (iPhone/iPad/iPod touch) qui mène le bal avec 50 % de toutes les transactions réalisées, comparativement à 39 % pour Android. Ce qui signifie que les autres systèmes d'exploitation, incluant ceux de RIM, de HP, de Microsoft ou de Nokia, se partagent les 11 % résiduels. Quant au nombre total des apps disponibles, il a cru de 34 % (premier trimestre 2011) dont celles d'Android qui ont grimpé de 52 %.
Tuango, connaissez ? C'est le premier site québécois d'achat de groupe (« group buying »), c'est-à-dire un site Web de regroupement d'achats ce qui, parfois, peut représenter des « aubaines spectaculaires de 50 % à 90% ». Tant et si bien que depuis sa mise en ligne en juin 2010, ce service aurait fait économiser plus de 10 M$ aux consommateurs québécois, cela par le truchement de 170 000 offres. Par exemple, on y a récemment vendu à rabais « 7 165 offres du Spa Siberia à Québec, 1 747 coupons du restaurant Rouge ou Blanc à Québec, 1 175 du Petit Navire à Montréal et 1 363 du restaurant La Fonderie ». Jusqu'ici, seules Montréal, Québec et Gatineau-Ottawa étaient desservies. Mais sous peu, Sherbrooke et Trois-Rivières viendront s'ajouter.
Selon les résultats d'un sondage North Bridge Venture Partners publié lundi à l'occasion du Open Source Business Conference 2011, 56 % des personnes interviewées estiment que plus de la moitié de tous les logiciels qui seront achetés d'ici cinq ans seront de type Open Source. Il faut dire que le nombre de répondants n'a été que de 455, dont 40 % étaient impliqués dans la fabrication de logiciels Open Source. Reste que la tendance est intéressante à éplucher et on peut le faire en survolant un diaporama accessible si on clique sur la vignette.
Croyez-vous encore que le Blu-ray va détrôner le DVD ? Si oui, vous êtes du genre à vous préoccuper de la hiérarchie qui règne en fond de cale où sont confinés les perdants. Car s'il est vrai que les ventes relatives de produits Blu-ray ont crû de 10 % au détriment du DVD, l'ensemble Blu-ray/DVD perd de la vitesse par rapport au phénomène croissant de la diffusion en flux (streaming) de type Netflix. Le disque optique a régressé de 20 % depuis un an. Pour tout dire, Netflix est devenue la plus importante source de trafic Internet toutes catégories confondues aux États-Unis. Étrange, non, quand on sait que la qualité visuelle du Blu-ray, et même du DVD, est de loin supérieure à celle de la diffusion en flux. L'explication vient probablement du fait que, majoritairement, les consommateurs ne sont pas des télé-ciné-philes exigeants et, qu'en ce sens, ils n'en ont rien à cirer. Dommage.
Voilà pour aujourd'hui. Bonne fin de semaine !
(1) Vous venez de lire mon record de tous les temps quand au nombre de mots dans une même phrase.