Si vous essayez de comprendre pourquoi les médias traditionnels en arrachent et pourquoi les scribes comme moi se retrouvent dans le vide, sans port d'attache corpo aussi confortable que rassurant, jetez un coup d'œil à cette pub d'Incognito, une fabricante de produits hygiéniques pour dames. Elle utilise les réseaux sociaux et le Web pour inciter les gens à envoyer des photos de leur tatouage dans l'espoir de gagner un traitement laser de 4000 $ qui les en débarrassera. Ce sont les internautes qui grâce à leur vote, détermineront le ou la gagnant(e).
Évidemment, cette habile campagne se trouve à attirer l'attention sur la gamme de produits Incognito. À preuve, j'en parle ce matin. Et, à ce qu'il semble, je ne suis pas le seul. On semble trouver ça cool !
Cela étant dit, cette méthode démontre tout simplement qu'il n'est plus nécessaire d'acheter de la publicité dans les journaux ou à la télé/radio. Ce sont les internautes qui, désormais, s'occupent de véhiculer le message. Il en découle un effet viral, ce qui est le but recherché, but à mon avis impensable dans le cadre d'une campagne publicitaire traditionnelle. Tout le monde est sur Internet, tout le monde dispose d'un appareil photo numérique et il n'y a aucun coût, ni en temps, ni en matériel, pour se photographier le tatou et l'envoyer sur le site d'Incognito.
Je ne vous apprends rien en vous disant que le Web est devenu une machine à piastres et les internautes, des consommateurs-multiplicateurs savamment canalisés par des tactiques marketing de plus en plus sophistiquées. Ces sous qu'empochent désormais les webdeuxologues, ces nouveaux dieux socioéconomiques, ne vont plus aux médias traditionnels. Il s'ensuit un manque à gagner de plus en plus criant qui vient expliquer les congédiements, les délestages et les fermetures.
Évidemment, certains tatouages sont plus embarrassants que d'autres ...
Quelques petites vites:
J'aurais aimé vous parler de OpenSUSE 11.4, une version récente de cette saveur de Linux dont la locomotive se nomme Novell. Hélas, le mauvais sort qui me caractérise a frappé encore une fois. Le premier téléchargement a foiré, le second a généré une image ISO corrompue, donc inutilisable, et le troisième m'a permis de graver un DVD qui a semblé vouloir fonctionner jusqu'à 31 % de l'installation. Rendu là, il m'a invariablement affiché un message comme quoi l'installation du paquet kernel-desktop avait échoué (cliquez sur la vignette pour apprécier le message). Comme j'en étais à mon troisième DVD de gaspillés, sans compter le temps englouti, j'ai laissé tomber. Suis-je vraiment maudit ou est-ce pure coïncidence ?
Si je me fie aux chiffres de la firme AT Internet, le fureteur de Microsoft, Internet Explorer, serait utilisé au Québec à la hauteur de 67,3 %, comparativement 17 % pour Firefox , 8,0 % pour Safari et 7,1 % pour Chrome. Hum ! Il m'est avis que vous devez être très exceptionnels, marginaux, étranges, à contre-courant, vous devez être des freaks, quoi ! Cliquez sur la vignette ci-contre pour en avoir la preuve. Elle représente vos visites récentes. Comme vous pouvez le constater, le fureteur de Mozilla semble avoir une sérieuse avance de sur Internet Explorer 6, 7 et 8. Bof, encore une autre histoire de chiffres !
La nouvelle la plus désopilante de la semaine concerne Microsoft. L'Empire de Redmond vient en effet d'intenter des poursuites en Europe contre Google en raison de ses agissements monopolistiques présumés (antitrust complaints) en ce qui a trait au moteur de recherche Web dans les téléphones intelligents et les tablettes. Le marché évolue. La redoutable omniprésence des PC Windows qui avait valu des misères à Microsoft sous la varlope des dispositions anti-monopole de la loi n'a plus l'importance critique qu'elle avait. C'est celui des bidules mobiles qui l'a. Or, en Europe, Google contrôle 95 % du marché de la recherche Web pour ce genre de dispositif, comparativement à 65 % aux É.U. D'où le courroux de Steve Ballmer, d'où le nouveau procès épique qui va commencer. Ma maman m'a toujours dit que j'aurais dû me faire avocat...
Voici un chiffre très intéressant. Foxconn, la géante chinoise qui fabrique des bidules pour Apple (iPhone et iPad), ainsi que pour bien du monde, incluant Asus, HP, Acer, Microsoft, Dell et Nintendo, vient de déclarer une perte annuelle de 218 M $US pour 2010, c'est-à-dire des revenus nets de 8,2 % inférieurs à ceux de 2009. Une des explications serait le coût de la main-d'œuvre qui serait passé de 485 M$US à 565 M$US. Or, l'optique de hausser ses prix semble écartée en raison de la vive concurrence qui lui arrive de partout. Si ce n'est pas une bonne nouvelle pour le travailleur chinois qui verra sa condition être, au mieux, maintenue en l'état actuel, ce l'est pour nous, les gras dur qui achetons les gadgets. Serait-ce le début d'un épiphénomène qui aura comme exutoire une redéfinition du rapport manufacturier Occident-Asie ?
Merci de m'avoir lu et à lundi ! Je m'en vais de ce pas rencontrer Jean-Baptiste Martinoli, le concepteur de l'ExoPC, dans ses quartiers de Rimouski.
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Nelson Dumais - www.nelsondumais.com