La photo est effectivement saisissante : une marée de cellulaires crevés morts ou simplement abandonnées. Elle vient contraster lourdement avec celles que je vous présente plus loin, des documents à contre-courant qui parlent de pérennité techno, de qualité de fabrication, de souci envers la rétrocompatibilité.
Dans les commentaires faisant suite à ma chronique de vendredi dernier, Jim777, un visiteur assidu de ce site Web, soutient que les « téléphones à roulette » sont disparus depuis les années 70. « Y a-t-il encore un seul téléphone à roulette au Québec, ailleurs que dans un musée? », demande-t-il. Comme il s'agit d'une remarque que j'entends souvent, j'ai décidé de démontrer qu'elle n'était pas fondée et je me propose comme preuve vivante.
J'habite sur trois étages et partout, il y a des appareils téléphoniques. Le plus récent a été fabriqué probablement l'an dernier, le plus ancien, il y a plus de cent ans. Tous fonctionnent, sinon ils ne seraient pas installés. J'ai comme principe de conserver les antiquités tant et aussi longtemps qu'elles marchent comme au premier jour de leur fabrication. Ainsi, mon pendule de 1890 me sonne l'heure depuis 40 ans que je l'ai en ma possession, l'été dernier, je me suis servi du rabot de mon arrière-grand-père (un outil en bois avec lame en métal) pour ajuster une porte, et ainsi de suite.
Depuis deux ans, je reçois la haute vitesse Internet par câble. Mais avant, c'était par ligne téléphonique (DSL). Imaginez. Sur les mêmes paires torsadées, on retrouvait, reliés, des téléphones et un modem qui représentaient plus de cent ans d'évolution techno. Or, tout se passait très bien; jamais je n'ai eu des problèmes à cause de cela. J'en ai eu avec Bell, mais cela est une autre histoire.
Chez moi, nous avons deux appareils trop vieux pour avoir des cadrans (roulette), mais ils peuvent répondre. Quant à ceux qui en ont, ils peuvent composer un numéro dans la mesure où on ne tombe pas sur un système de menu du type « faites le 1 » et qu'il n'y a pas la salvatrice option « pour toute autre question, restez en ligne ». Il faut alors utiliser un « touch-tone ». Voici quelques photos pour vous illustrer ce que je viens de vous affirmer. Toutes s'agrandissent si vous les titillez du bout de votre pointeur.

Comme vous le voyez à gauche, ci-haut, je dispose d'un Vista 390 comme réceptacle principal de ma ligne d'affaires. À mon avis, cet appareil est probablement ce que Bell vend de mieux. Sur les deux autres photos, vous voyez le sans fil (à droite) et sa base (répondeur-télécopieur) pour la ligne de maison insérée dans une table de service des années 20. Bref, nous sommes ici parfaitement numériques et modernes, cela sur les deux lignes.

J'ai payé 5 $ le téléphone numérique à gauche, un modèle de la fin des années 70. Il fonctionne parfaitement bien et n'apporte aucune distorsion aux voix (entrée/sortie). Quant à tous les autres, ils sont analogiques. Au centre, vous apercevez un appareil que j'ai trouvé, tristement abandonné, en aménagement dans un logement de Québec en 1967. Je m'en sers comme téléphone de chevet. À droite, vous avez un appareil des années 30 qui, pendant presque 50 ans, a servi au père de mon ami Jean-Paul, un laitier de Penetanguishen. Ici, il sert à ma ligne d'affaire quand je réponds du rez-de-chaussée. Fait à signaler, le son est irréprochable.
À gauche, un appareil des années 20 que nous utilisons depuis une dizaine d'années. Si le cadran de composition fonctionne correctement, son microphone est un peu déficient; il faut parler un peu plus fort. Quant aux deux autres, des modèles en bois sans cadran, ils servent à répondre s'ils sont à proximité quand ça sonne. Comme ils sont dépourvus de cadran (ils ont une manivelle à impulsion qui permettait de communiquer avec la standardiste du village - « Éééllo-ooo »). Dans le cas de mon antiquité de droite (années 20), le son est étonnamment acceptable. Le modèle au centre a plus de cent ans. Inutile de préciser que les interlocuteurs chialent quand je m'en sers pour leur parler.
Autre détail amusant, quand je quitte la maison, je fais transférer les appels sur mon iPhone. Autrement dit, je me trouve à réseauter un téléphone à bavette centenaire avec le dernier joujou de l'oncle Steve. Vraiment pétée, cette techno !
Tout cela pour dire que chez moi, l'âge d'un bidule n'est pas un obstacle à son utilisation. Euh ... je ne suis pas en train de passer de message ici ...
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Nelson Dumais - www.nelsondumais.com