Publié ce matin dans Rue Frontenac. Prenez l'habitude de visiter le site de ce quotidien en ligne. Sauf les miens, cela va de soi, les articles y sont de qualité.
Demain, la deuxième version du iPad, cette tablette (ardoise) griffée Apple, sera disponible un peu partout sur le territoire canadien. Chez Apple Canada on s'attend à une effervescence dans les boutiques comme ce fut le cas, récemment, aux États-Unis. Effectivement, bien des gens ont sagement attendu cette version avant de procéder à l'achat de la mirifique tablette. Et pour cause. La « 2 » est une machine plus légère, plus mince, plus vite, plus complète, affichant la même autonomie énergétique et ... le même prix de vente.
Peu après l'arrivée du premier iPad, l'été dernier, il devint pratique courante de dire qu'il s'agissait d'un produit haut de gamme conçu pour la détente, le divertissement et les commodités Internet. Le génie marketing d'Apple aidant, un engouement d'une magnitude semblable à celle du iPhone prit son envol. Depuis, que l'on aime ou déteste Apple, force est de reconnaître que le joujou de Steve Jobs, le PDG d'Apple, est devenu l'icône d'une mode « gagnante » à qui toute l'industrie (ou presque) tente de faire concurrence.
Le PC est mort, vive la tablette ?
D'où le ricanement dudit Jobs lorsqu'il y a trois semaines, il en dévoila la deuxième génération. Aux douches Android, RIM, Hewlett-Packard, Microsoft, HTC, Samsung et consorts ! Le pari ? Hisser la petite ardoise au statut de bien essentiel, pour autant qu'un ordinateur domestique soit ainsi reconnu, et l'y imposer tout en douceur, tout en petits bonheurs et à tous petits petits frais. Dans l'esprit de Steve Jobs, le iPad est un « Post-PC Device », c'est-à-dire un type de machine qui est tranquillement en train de remplacer les ordinateurs personnels, aussi bien à la maison que dans certains recoins corporatifs. C'est qu'en milieu entrepreneurial, il s'en vend de façon inattendue. Bien des représentants sur la route ont adopté ce bidule, laissant tomber leur Pocket PC, NetBook et autres gadgets soi-disant antédiluviens.

Hier, le collaborateur de Rue Frontenac bravait le mauvais temps torontois pour se faire remettre un iPad 2 en défroque toute garnie, un bidule au design pas possible (il est plus mince qu'un iPhone) qui fut dès lors mis au banc d'essai.
Verdict après quelques heures de taponnage et de tapotage ? Si vous possédez des actions d'une compagnie qui fabrique des PC ordinaires, allez vitement les vendre tandis qu'il est encore temps. L'offensive marketing dit vrai : le bidule est plus vite qu'avant, incluant dans ses fouilles sur Internet.
Si avec un iPad 2, on n'est pas encore capable de tout faire ce que l'on fait normalement avec un Mac ou un PC, ce n'est pas totalement la faute du iPad. C'est surtout qu'il n'y a pas encore d'application disponible. Pour l'instant ! Car, à ce chapitre, c'est la folie furieuse. Tout le monde, sa sœur et sa grande tante, en fabrique, des cuculs, des essentielles, des étonnantes, des ludiques, des brillantes, des inutiles, des gratos, des « en bas de 10 $ », des scientifiques, des affolantes et ainsi de suite. Si on inclut les « apps » qui ont été conçues pour le iPhone (écran plus petit), il y en a présentement plus de 400 000 de disponibles dans la boutique en ligne d'Apple, le App Store.
Polyvalence vers la qualité professionnelle
Reste que les besoins plus pointus sur le plan professionnel ne sont pas, pour l'instant, pris en charge. Par exemple, même si le iPad peut compter sur Pages, un traitement de texte complet vendu 4,99 $, personne ne va sérieusement vouloir écrire un document de la taille de cet article-ci en se servant du clavier virtuel et en tapotant sur les menus. En français, avec notre cohorte de caractères accentués. il y a de quoi « virer fou » (lire à ce sujet cet article de juin dernier).
Et même si on connecte un clavier externe par la magie du Bluetooth comme on le voit ci-haut (illustration2.jpg), il faudra continuer à tapoter l'écran, le monde de fonctionnement avec une souris n'étant pas pris en charge. Ce faisant, la productivité en prend pour son rhume. Mais, bon, tout le monde n'a pas de long document à produire, ni d'analyses différentielles à bidouiller, ni de montage vidéo à réaliser.
Montage vidéo ? Apple a adapté son logiciel iMovie (4,99 $) pour la version 4.3 du iOS (le système d'exploitation des iMachins) et pour le iPad 2. Du bout des doigts, on peut maintenant monter ses prises de vue, prises faites avec la caméra intégrée au dos de l'appareil (pas celle du devant qui est de moins bonne qualité) et produire un clip HD (720p) avec titres, effets et musique (il y a trois thèmes de disponibles) que l'on téléverse sur YouTube ou ailleurs.
Si on est loin de la qualité et du potentiel de FinalCut Pro ou de Adobe Premiere, on est sur un petit iPad et on n'utilise que le bout de ses doigts. Ce n'est quand même pas si mal. Mais ici, un certain apprentissage apparaît nécessaire, à moins d'être de la génération Z où ce genre de considération est habituellement inutile.
Cela pour dire que le iPad 2 n'arrive peut-être pas à fabriquer un document vidéo de qualité professionnelle, mais il peut néanmoins en bricoler un de fort belle facture, cela sur la route quand il est impensable d'attendre d'être à la maison ou au bureau pour le rendre graphiquement acceptable.
Machine sociale
Et comme Apple y a ajouté son gyroscope, trouvaille surprenante dont le iPhone était l'unique bénéficiaire, les fabricants de jeux ont vraiment commencé à adapter des titres au iPad. Si on ajoute à ce fait la possibilité de brancher la dive tablette à un grand écran HD par le truchement d'un câble HDMI (vendu séparément), elle devient non pas une machine « très personnelle » comme l'ont affirmé jusqu'ici les analystes, mais un gadget de société, comme une PlayStation.


Prenez GarageBand, un autre logiciel Apple adapté (4,99 $) pour le iOS 4.3 et qui accepte aussi bien le iPad 1 que le 2. Dans un registre moins débile que Guitar Hero, on peut, dans une convivialité exceptionnelle, se composer sa pièce musical, seul ou en groupe, se faire aller la virtuosité ou laisser la machine pallier notre grave insuffisance en connaissances musicales, pour créer une pièce en format AAC, celui du iTunes Music Store, ou pour simplement jouer d'un instrument. Croyez-moi, des heures de plaisir.
Les caractéristiques nouvelles de cette machine sont nombreuses. C'est le cas, par exemple, des « Smarts Covers » (couverts intelligents) dont le magnétisme et l'interaction avec l'appareil étonnent, de la techno Nitro qui a finalement été ajouté au fureteur Safari (malgré certains risques de sécurité) pour l'accélérer de façon importante, de PhotoBooth une vielle application Mac OS X adaptée au iPad, de FaceTime, une techno de vidéoconférence à la Skype de plus en plus populaire, etc. En fait, vous les retrouverez toutes bien documentées sur le site Web d'Apple. Ceci est une chronique et non un publireportage.
Des irritants
En vérité, il faut dire que tout n'est pas parfait. Il y a des irritants. Avec son appareil, Apple ne donne pas grand-chose et il faut prévoir acheter passablement de compléments à coups de petits 5 $, 10 % ou plus. Mais le pire, c'est ce que déplorent plusieurs observateurs plus critiques. On se retrouver enfermé dans l'écosystème d'Apple.
Il faut savoir que le iPad (comme le iPhone ou le iPod touch) dépend exclusivement de la plateforme iTunes pour fonctionner. À défaut d'avoir accès à un ordi où le logiciel iTunes est installé, on ne peut l'activer, on ne peut le mettre à jour, on ne peut rien archiver et on ne peut le synchroniser. Il faut brancher le iPad à l'ordi et entreprendre une session iTunes pas toujours limpide ou conviviale. Autrement dit, si vous n'avez pas d'ordi où télécharger le gratuiciel iTunes, oubliez le iPad.
Il reste néanmoins que ce produit est particulièrement attachant. Au bout de cinq minutes d'utilisation, on comprend pourquoi Steve Jobs a utilisé le mot « magic » pour en décrire le fonctionnement.
C'est bien sûr une version 2 et au rythme où cette industrie carbure, une 3 devrait apparaître entre l'automne et l'hiver prochain, une version encore plus flyée, encore plus difficile à concurrencer, une version possiblement mieux conçue pour usage professionnel.
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Nelson Dumais -